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Prospective

Interbev Bourgogne à l’écoute du futur

La prospective et le devenir de la filière étaient à l’ordre du jour de la dernière assemblée générale d’Interbev Bourgogne, où l’on en a appris un peu plus sur la future fusion Bourgogne Franche-Comté et sur l’avenir de la production bovine à l’horizon 2020.
Par Anne-Marie Klein et source «Dossier économie de l’élevage» Idèle, octobre 2014
Interbev Bourgogne à l’écoute du futur
La prospective sur la production de viande bovine en 2020 a donné à réfléchir à Vincent Favrichon, Draaf de Bourgogne et Jean-Pierre Fleury, président d’Interbev Bourgogne, comme à tous les professionnels qui participaient à cette assemblée générale.
Deux faits marquants ont ponctué l’assemblée générale d’Interbev Bourgogne, qui s’est déroulée le 5 mars dernier à Pouilly-en-Auxois. D’abord, la participation du nouveau Draaf, Vincent Favrichon, ensuite la présentation par Philippe Choteau, de l’Institut de l’élevage des «Perspectives 2020 en viande bovine».
L’actualité, pour Vincent Favrichon c’est déjà «les derniers calages entre les services de l’Etat et la nouvelle autorité de gestion qu’est devenue la Région». Beaucoup de dossiers sont calés (ou presque), selon le Draaf, dans la ligne «des engagements pris par le ministère à Cournon». Une information intéresse tout particulièrement le secteur de l’élevage : pour les MAE, la priorité sera donnée en 2015 aux systèmes herbagers. «La mobilisation des éleveurs représente un enjeu important» insiste Vincent Favrichon, compte-tenu du montant de l’enveloppe à consommer et du fait que tout ce qui ne sera pas utilisé «repartira ailleurs». 2015 devrait donc être le moment le plus propice aux projets de développement en élevage, sachant qu’en 2016 le focus sera plutôt mis sur les productions végétales.
Autre sujet régional : la fusion Bourgogne Franche-Comté. Tout va maintenant aller très vite, au 1er janvier 2016, annonce le Draaf, il y aura une préfecture, un Conseil régional... et dans la foulée, c’est l’ensemble du paysage institutionnel qui va devoir se réorganiser. En avril 2016, côté services de l’Etat le préfet et les directeurs régionaux de la grande région BFC seront nommés. Mais sans attendre ces échéances formelles, il s’agit d’engager une vraie réflexion sur la convergence des politiques régionales actuelles.

En 2020 qui suivra le bœuf?
En marge de l’assemblée générale, Philippe Choteau de l’Institut de l’élevage a présenté les conclusions d’une étude prospective sur la production de viande bovine française à l’horizon 2020. Avec toutes les précautions oratoires indispensables, tant il est vrai que «quand on fait des prévisions, on se trompe généralement, mais cela donne à réfléchir». Exercice difficile donc, mais «indispensable dans un contexte en proie à une forte volatilité».
La fin des quotas laitiers et la mise en oeuvre de la Pac, devraient donner un coup de pouce à la production laitière, favorisant à terme la hausse de l’effectif du cheptel laitier national à 3,82 millions de têtes en 2020 et amenant 3,3% de gros bovins supplémentaires dans les abattoirs. En parallèle, la production de veaux de boucherie poursuivra sa lente érosion, situation à mettre en perspective avec une consommation réduite elle-aussi.
Le cheptel allaitant devrait sensiblement reculer, y compris dans les exploitations laitières mixtes. Trois facteurs pourraient contribuer à cette érosion : les nouvelles règles d’attribution de la PMTVA, défavorables aux très petits troupeaux et aux très gros détenteurs, l’extensification des plus grandes exploitations et l’érosion continue des débouchés des broutards à l’exportation.
Le potentiel laitier du Grand Ouest pourrait pousser les élevages à la spécialisation, tandis que la mixité lait-viande résistera mieux dans le Grand Est et le Massif Central, où la part des surfaces herbagées favorise le maintien des vaches allaitantes. Avec 3,912 millions de têtes dans le cheptel allaitant en 2020, la production nationale bovine devrait se situer au bas niveau de celle de 2013. Même constat sur la production française de viande bovine finie qui devrait en 2020 être relativement proche en tonnages du bas niveau de 2013. Avec des nuances, puisque la production de veaux de boucherie baisserait de 12% en 7 ans (168 000 Tec) alors que celle des gros bovins augmenterait de 3% (1,298 millions Tec).
Dans toute l’Europe, le cheptel allaitant, fragilisé, devrait continuer sa lente érosion et diminuer de 3% en Espagne, 6% au Royaume-Uni, 5% en Allemagne, 14% en Belgique et 3% en France. Côté marchés, les engraisseurs italiens pourraient voir leur situation empirer, tandis que sur certains marchés des Pays Tiers des niches se confirmeraient, exposées cependant à une forte concurrence mondiale.
Sur le marché français, les constantes actuelles restent sur une demande orientée vers les femelles qui confirme un déséquilibre entre l’offre et la demande, compensé par des importations à hauteur de 24%. En 2020 toutefois, la proportion de femelles pourrait être plus importante qu’en 2010 et 2013. D’une part parce que les réformes en élevage allaitant resteront dynamiques, d’autre part, parce que la stabilisation prévue dans un second temps du cheptel laitier, donnera lieu à une hausse conséquente des sorties de vaches laitières.