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Economie céréalière

Innover pour progresser ?

Passion Céréales vient d'organiser une rencontre-débat à la maison de l'Université. Les échanges ont porté sur les différents enjeux de l'économie céréalière.
Par AURɉLIEN GENEST
Innover pour progresser ?
Plusieurs personnalités et experts régionaux ont donné leurs avis sur les céréales.
Croissance, emploi, alimentation, territoires.... Les enjeux des céréales ne manquent pas. Jeudi 22 novembre, ils étaient au centre d'une rencontre-débat sur le campus universitaire dijonnais. Marc Patriat, agriculteur, a mis en avant le poids de l'économie céréalière, en rappelant les 12 500 emplois générés en Bourgogne. Délégué de [I]«Passion Céréales»[i], Marc Patriat a lancé le débat : [I]«Comment répondre encore mieux aux enjeux de l'emploi, de la compétitivité et du développement durable?»[i] Dominique Reynié, directeur général de la fondation pour l'innovation politique, a évoqué le besoin d'acquérir un cadre juridique [I]«garantissant une recherche intelligente, responsable, correspondante au principe de précaution»[i].
[INTER]Préserver la capacité à innover[inter]
Dominique Reynié faisait allusion aux OGM : [I]«en France, on ne fait plus de recherches OGM à cause des fortes pressions de groupes n'ayant pas forcément de légitimité démocratique. Quelque chose s'est brisé, innover est pourtant une tradition française. Nous avons besoin d'innovations pour monter en gamme, améliorer la qualité de nos produits, tout en les diversifiant»[i]. L'innovation est également nécessaire pour [I]«faire face aux problèmes de sécheresse ou autres conséquences du réchauffement climatique»[i].
Dominique Reynié s'inquiète de voir des brevets être déposés un peu partout dans le monde : [I]«Si rien ne change, les prochaines générations d'agriculteurs seront condamnées à acheter des brevets à des pays qui auront su les déposer. Pouvons-nous l'accepter? Notre coût du travail est déjà important, si dans le même temps notre partie innovante ne fonctionne pas, que nous reste-t-il comme force?»[i]
[INTER]Un dynamisme source d'emplois[inter]
Pierre Guez, président du pôle de compétitivité Vitagora, a également participé à cette conférence-débat. Sans parler d'OGM, le PDG du groupe Dijon Céréales a considéré l'innovation et la recherche et développement comme «essentiels» en l'agriculture.
Deux exemples en lien avec Vitagora ont illustré ses propos : [I]«quand le groupe Seb a créé Actifry, la friteuse qui n'utilise pas ou peu d'huile, ce sont 300 emplois qui ont été sauvés. Dans la filière blé-farine-pain, le programme Farine + issu d'un partenariat entre Dijon Céréales et Eurogerm, vient de déboucher sur le pain senior. Ce pain au lait va lutter contre la dénutrition des personnes âgées. Nous allons créer des emplois, vulgariser ce pain au niveaux national et international»[i].
François Patriat, le président du Conseil régional, a salué les [I]«richesses et atouts extraordinaires»[i] de la Bourgogne avec notamment les compétences de l'Inra, de Vitagora et de la plateforme Artemis. François Patriat a rappelé que les consommateurs avaient besoin, encore plus qu'avant, d'identification, de traçabilité, de qualité, de goût et que la Bourgogne était capable de répondre à cette demande.
Concernant les OGM, le président du Conseil régional a parlé de [I]«domaine de l'irrationnel»[i] : [I]«Je ne souhaite pas que l'on arrose notre territoire d'OGM, mais je suis pour le droit à l'expérimentation et à la recherche»[i].