Incendies : 2026, l’été de tous les dangers
Spécialiste des incendies de végétation à l’Inrae Avignon, dans le Vaucluse, Julien Ruffault étudie l’évolution des régimes d’incendie sous l’effet du changement climatique. Alors que les incendies se multiplient depuis le printemps, le chercheur analyse les enseignements de cette année 2026, marquée par une saison particulièrement précoce et des feux d’une intensité inédite dans certains territoires jusqu’ici relativement épargnés.
Avec près de 11 000 départs de feu et 115 000 hectares parcourus par les flammes depuis le début de l'année, 2026 constitue-t-elle un tournant ? Julien Ruffault : « Nous avions déjà eu un premier aperçu de ce tournant en 2022 ; l’année 2026 en est finalement un second rappel. Mais ce qui change cette année, c’est la précocité des incendies. Les trois vagues de chaleur successives depuis la fin du mois de mai ont préparé le terrain en desséchant très rapidement la végétation. Combinées à des températures élevées, à des vents soutenus et à un faible taux d’humidité, ces conditions augmentent fortement le risque d’incendie. À l’Inrae, notre zone d’étude concerne principalement le pourtour méditerranéen, mais nos modèles de prévision et nos travaux sur les effets du changement climatique montrent une augmentation importante du risque d’incendie d...
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