Visite du ministre de l’Agriculture
Il se veut rassurant mais annonce des changements
Stéphane Le Foll, en Côte d’Or vendredi dernier, s’est rendu dans une exploitation du plateau, au congrès sur la biodiversité puis au Conseil régional de Bourgogne.
Ils attendaient ça depuis longtemps. Les Côte d’oriens ont accueilli le ministre de l’Agriculture sur leurs terres superficielles en zone intermédiaire, à Hauteville-lès-Dijon chez Bertrand Franet. Les représentants de la FDSEA, des JA et de la Chambre d’agriculture ont illustré la fragilité des systèmes locaux, la dégradation de la situation économique des exploitations et leurs inquiétudes liées à la Pac. Sur l’application de la MAE zone intermédiaire, le ministre a rappelé le travail de prospection mené depuis un an. Un nouvel IFT de référence plus proche de la réalité des exploitation devrait être recherché, afin de construire une mesure agro-environnementale tentant de répondre au mieux aux caractéristiques de cette zone à handicaps. Cet IFT se substituera à un précédent indice, issu d’une enquête Draaf de 2011, qui ne «reflétait pas la situation» et était «inapplicable» d’après la FDSEA, les JA et la Chambre d’agriculture. Un montant de 74€/ha pourra être accordé aux agriculteurs se situant 30% (IFT herbicide -20% et hors herbicide -35%) en dessous de l’IFT moyen. «Des agriculteurs de ce secteur répondent déjà favorablement à ces critères demandés, les autres exploitants pourront s’en inspirer» indique l’un des conseillers du ministre. Les agriculteurs auront jusqu’au 15 mai 2015 pour s’engager ou non dans cette MAE.
Action syndicale «viande»
Les difficultés conjoncturelles ont elles aussi été abordées lors de cet entretien. Stéphane Le Foll a annoncé des possibilités d’allègements dans les échéanciers MSA. Sur les origines étrangères des viandes recensées la veille lors d’une action syndicale à Dijon, le ministre s’est voulu rassurant en évoquant de «prometteuses» avancées dans la démarche Viandes de France. Sur les progrès à réaliser dans la restauration collective, Stéphane Le Foll a évoqué une dynamique mise en place avec les maires de France lors de leur dernier congrès national. Une bonne connaissance des marchés locaux et une organisation adéquate devraient permettre aux collectivités d’avoir plus facilement accès à la viande française.
Une «vraie révolution»
Le ministre de l’Agriculture s’est rendu dans la foulée au Palais des congrès où se déroulait une conférence de l’Inra sur la biodiversité des sols. Stéphane Le Foll a axé son discours sur la notion d’agroécologie : «la place des sols est essentielle en agriculture, elle occupe d’ailleurs une place de choix dans la mise en place de la prochaine Pac. Les modèles que nous connaissons depuis trente ou quarante ans ne sont pas capables de durer dans le temps : les rendements n’évoluent plus et nous connaissons un certain nombre de résistances face aux produits phytosanitaires. Devant ces limites, des évolutions pratiques sont absolument nécessaires. L’agroécologie implique un changement de logique et encourage l’utilisation des mécanismes naturels pour la production agricole. Un sol n’est pas simplement un support : ce complexe possède des vertus productives que nous devons utiliser pour limiter le recours aux intrants, molécules chimiques et autres apports extérieurs. Le sol doit être vu comme un outil de production. Les micro-organismes et les vers de terres travaillent gratuitement, nous avons tout intérêt de penser avec eux !». Le ministre parle alors de «vraie révolution» : «ce processus prend du temps et nous voulons anticiper le plus possible pour donner un maximum de souplesse aux agriculteurs. Ces pratiques nous seront un jour imposées par la société si la dégradation des sols continue. L’Europe a vu 25% de ses sols se dégrader depuis 30 ans. Cet enjeu n’est pas uniquement agricole, il est aussi environnemental. Nous sommes à la recherche d’une double performance qui est le principe même de l’agroécologie».
Zoom sur le second pilier
Ce 5 décembre, le ministre de l’Agriculture a fait une troisième et dernière halte au Conseil régional de Bourgogne. Stéphane Le Foll a retracé les avancées des dossiers Pac et s’est réjoui des budgets alloués aux régions : «notre première mission a été de définir des budgets à hauteur des enjeux agricoles et de développement rural». Toujours dans l’attente de validation des programmes au niveau européen, Stéphane Le Foll s’est encore voulu rassurant en rappelant que les négociations Pac «prenaient toujours du temps», faisant référence aux différentes réformes : «en 2007, il a fallu attendre le mois de juin pour avoir le quitus européen. Que tout le monde soit rassuré, l’État sera garant et prendra en charge le versement des aides aux régions dès le début d’année».
Action syndicale «viande»
Les difficultés conjoncturelles ont elles aussi été abordées lors de cet entretien. Stéphane Le Foll a annoncé des possibilités d’allègements dans les échéanciers MSA. Sur les origines étrangères des viandes recensées la veille lors d’une action syndicale à Dijon, le ministre s’est voulu rassurant en évoquant de «prometteuses» avancées dans la démarche Viandes de France. Sur les progrès à réaliser dans la restauration collective, Stéphane Le Foll a évoqué une dynamique mise en place avec les maires de France lors de leur dernier congrès national. Une bonne connaissance des marchés locaux et une organisation adéquate devraient permettre aux collectivités d’avoir plus facilement accès à la viande française.
Une «vraie révolution»
Le ministre de l’Agriculture s’est rendu dans la foulée au Palais des congrès où se déroulait une conférence de l’Inra sur la biodiversité des sols. Stéphane Le Foll a axé son discours sur la notion d’agroécologie : «la place des sols est essentielle en agriculture, elle occupe d’ailleurs une place de choix dans la mise en place de la prochaine Pac. Les modèles que nous connaissons depuis trente ou quarante ans ne sont pas capables de durer dans le temps : les rendements n’évoluent plus et nous connaissons un certain nombre de résistances face aux produits phytosanitaires. Devant ces limites, des évolutions pratiques sont absolument nécessaires. L’agroécologie implique un changement de logique et encourage l’utilisation des mécanismes naturels pour la production agricole. Un sol n’est pas simplement un support : ce complexe possède des vertus productives que nous devons utiliser pour limiter le recours aux intrants, molécules chimiques et autres apports extérieurs. Le sol doit être vu comme un outil de production. Les micro-organismes et les vers de terres travaillent gratuitement, nous avons tout intérêt de penser avec eux !». Le ministre parle alors de «vraie révolution» : «ce processus prend du temps et nous voulons anticiper le plus possible pour donner un maximum de souplesse aux agriculteurs. Ces pratiques nous seront un jour imposées par la société si la dégradation des sols continue. L’Europe a vu 25% de ses sols se dégrader depuis 30 ans. Cet enjeu n’est pas uniquement agricole, il est aussi environnemental. Nous sommes à la recherche d’une double performance qui est le principe même de l’agroécologie».
Zoom sur le second pilier
Ce 5 décembre, le ministre de l’Agriculture a fait une troisième et dernière halte au Conseil régional de Bourgogne. Stéphane Le Foll a retracé les avancées des dossiers Pac et s’est réjoui des budgets alloués aux régions : «notre première mission a été de définir des budgets à hauteur des enjeux agricoles et de développement rural». Toujours dans l’attente de validation des programmes au niveau européen, Stéphane Le Foll s’est encore voulu rassurant en rappelant que les négociations Pac «prenaient toujours du temps», faisant référence aux différentes réformes : «en 2007, il a fallu attendre le mois de juin pour avoir le quitus européen. Que tout le monde soit rassuré, l’État sera garant et prendra en charge le versement des aides aux régions dès le début d’année».