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Ceta

« Il n’y a pas assez de garanties pour l’élevage »

Le Ceta, traité de libre-échange entre la France et le Canada a été examiné ce mardi à l’Assemblée nationale. Un texte que n’a pas voté le député de la deuxième circonscription de la Nièvre Patrice Perrot qui s’est abstenu.
Par Propos recueillis par Théophile Mercier
« Il n’y a pas assez de garanties pour l’élevage »
Patrice Perrot s’est abstenu lors du vote du Ceta mardi.
- Mardi dernier vous vous êtes donc abstenu lors du vote du Ceta à l’Assemblée nationale. Quelles sont les raisons de votre abstention ?
Patrice Perrot : « Le traité de libre-échange signé entre l’Union européenne et le Canada interdit l’importation de viande issue d’animaux traités aux hormones de croissance, mais ne se prononce pas sur l’utilisation des farines animales et des antibiotiques dans les élevages. Je me pose beaucoup de questions sur ce sujet, même si la situation n’est pas comparable aux années quatre-vingt-dix, néanmoins cela m’alerte. Ce qui est rassurant c’est qu’on s’aperçoit que sur la première phase d’évaluation du CETA les volumes de viande importés du Canada ont chuté. Ce traité a donc un aspect protecteur important. De mon point de vue ce traité de libre-échange pourrait permettre à la France et à l’Union Européenne de dépasser ses frontières et d’inscrire les politiques agricoles dans la transition écologique que nous appelons de nos vœux. Ma décision de m’abstenir repose plus sur l’enjeu écologique de transformation et donc de mise à niveau de la concurrence entre nos deux pays. De plus, je souhaite à travers cette décision défendre notre modèle de production avec des animaux nourris à l’herbe. C’est quelque part nos racines nivernaises qui sont en jeu ».

- Vous parlez d’absence de garanties pour l’élevage Français. Que faudrait-il justement selon vous ?
Patrice Perrot : « A mon sens, il faut partir sur le modèle Chinois. Ces derniers n’hésitent pas à venir en France pour labelliser l’ensemble des acteurs de la filière avant de donner leur accord pour faire rentrer un produit sur leur espace. Si nous n’avons pas peur de notre qualité, je pense qu’il faut s’engager vers ce type de procédure. Nous sommes dans l’ère de la mondialisation, et je suis favorable à une mondialisation régulée. Après ce vote, il faut que l’on soit aussi vigilant sur la mise en œuvre du veto climatique pour respecter les accords de Paris. Je souhaite que l’on aille plus loin sur les sanctions en établissant un règlement clair de la sanction. C’est pour moi un garde-fou qui empêcherait les entreprises d’attaquer les États européens si une discrimination s’appuyait sur la lutte contre le réchauffement climatique. Les Canadiens ne sont pas fermés à cela et à mon sens, chaque petit pas et important. Reste que le CETA prévoit cette possibilité de tribunal arbitral si une entreprise se sent lésée en matière de libre-échange… Et reste aussi que la multiplication des échanges n’est pas vraiment faite pour lutter contre le réchauffement climatique. Le Canada fait partie de ces pays avec lesquels on peut arriver là où on veut ».

À l’heure où nous bouclons nos pages, le vote du Ceta à l’Assemblée Nationale n’était pas encore effectué. Nous ne pouvons donc pas publier le résultat du scrutin.