Assemblée générale du Crédit Agricole Centre Loire
François Thibault: «Une bonne année 2014» en dépit de certaines difficultés
Pour l’assemblée générale de ses 20 ans, jeudi 26 mars à Bourges, le Crédit agricole Centre Loire (CACL) a fait venir l’Académicien français d’origine berruyère Jean-Christophe Ruffin pour évoquer un autre Berrichon, l’explorateur Jacques Coeur, qui, par ses voyages en Orient, a été le précurseur d’un capitalisme moderne, plus basé sur la notion d’échanges que sur celle des conquêtes... Un point de vue qui trouve écho dans la nouvelle méthode de la caisse pour évaluer la richesse de l’entreprise autour de ses actifs immatériels... Rencontre avec François Thibault, son président.
- Terres de Bourgogne : «Vous venez de clore la partie statutaire de l’AG de la caisse régionale, qui fête ses vingt ans, avant de laisser la parole à Jean-Christophe Ruffin. Comment s’est comportée la banque verte en 2014 ?»
François Thibault : «çà a été plutôt une bonne année, même si nous somme très dépendants du développement économique local et qu’il n’y a pas eu une foultitude de projets. Les banques n’ont pas augmenté leurs encours crédits car les particuliers et les entreprises n’investissent pas. Il y a une forme d’attentisme... Et puis entre une épargne de précaution et un pouvoir d’achat qui se contracte, il y a l’apparition de nouveaux modes de consommation, tels que le e-commerce sur internet, qui pénalise les commerçants et les artisans. En agriculture, pour la deuxième fois, l’année a été difficile, entre la baisse des cours et, dans les cultures, la baisse de la qualité. Nos clients souffrent et nous sommes plus exposés que d’autres établissements bancaires car nous avons une clientèle de proximité. Deux de nos trois départements font aussi partie des dix départements français qui perdent le plus d’habitants (ndlr : Nièvre et Cher)».
- TdB : Comment se déroule ce début d’année dans le secteur agricole ?
F.T. : «On sent les tensions monter mais nous pensions, en fin d’année dernière, que la situation serait encore plus dégradée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Nous sommes attentifs et nous savons parfaitement que le banquier est incontournable et que les clients creusent sans doute d’autres trous ailleurs, chez les marchands de matériels, les fournisseurs d’aliments ou les vétérinaires, par exemple. Nous sommes inquiets pour la fin de l’année. Nous venons de recevoir 700 agriculteurs, dont environ un tiers de Nivernais, afin d’évoquer des solutions personnelles, pour certains en ré-échelonnant les dettes quand l’échéancier est favorable, pour d’autres par des court-termes. Il y a des situations très difficiles parmi des clients qui n’étaient déjà pas bien quand la conjoncture était plus favorable : pour eux, il faut trouver des scénarios de sortie. çà ne sert à rien de creuser son trou trop profondément, d’autant que contrairement à il y a quelques décennies, les choses sont ressenties de façon plus sereine. Un échec ne marque plus l’échec d’une vie !»
- TdB : Que pensez-vous de la proposition du syndicalisme en faveur de prêts bonifiés à taux zéro ?
F.T. : «L’intérêt des prêts à taux zéro, c’est quand les taux sont élevés ! Là, ils sont bas (ndlr : Agilor à 1 ou 2%). Et puis, dans le passé, il y a eu un effet d’aubaine et on crée le risque d’accroître les dettes, surtout si une nouvelle crise doit arriver. En fait, ce n’est pas le sujet. Je vais être provocateur mais pourquoi pas des prix de l’aliment à moins 10% aussi ? Mais je comprends que le syndicalisme a besoin de victoires collectives, plutôt que de solutions sur-mesures adaptées à chacun. L’action collective est plus vendeuse !»
- TdB : En AG statutaire, vous avez évoqué le sujet des actifs immatériels dans la richesse globale de la caisse régionale. De quoi s’agit-il ?
F.T. : «C’est quelque chose sur lequel nous travaillons en vase clos depuis 2 ou 3 ans avec le cabinet d’études Goodwill Management. Dans le secteur financier, nous sommes la 2 ou 3è banque à nous pencher sur la valeur de notre entreprise. Qu’est-ce que c’est ? Par exemple, dans un commerce, la clientèle n’apparaît pas au bilan. A Centre-Loire, le nombre de nos clients, l’engagement de nos collaborateurs, notre réseau d’élus n’apparaissent pas au bilan. Les actifs immatériels, ce sont tous ces critères qui font la valeur globale de l’entreprise, au-delà des ses comptes financiers. C’est comme pour une famille : on n’évalue pas sa richesse qu’avec son compte en banque, sa voiture ou son logement, notre méthode tient aussi compte du niveau d’éducation des enfants. C’est une notion transversale. Avec le nombre et la richesse de nos clients, leur âge, leur satisfaction, les éléments de contexte démographique, et quelques points à dire d’experts, nous arrivons à une note globale, objectivée, que nous traduirons prochainement en euros. Notre valeur se mesurera au-delà de la valeur de notre bilan, à l’instar de ces sociétés qui veulent se valoriser sur les marchés à l’approche d’une fusion, d’une cotation ou d’une cession... Dans une entreprise coopérative comme la nôtre, on a besoin d’évaluer notre finalité, au-delà de nos moyens, afin de pouvoir réagir en temps réel en cas de nécessité».
François Thibault : «çà a été plutôt une bonne année, même si nous somme très dépendants du développement économique local et qu’il n’y a pas eu une foultitude de projets. Les banques n’ont pas augmenté leurs encours crédits car les particuliers et les entreprises n’investissent pas. Il y a une forme d’attentisme... Et puis entre une épargne de précaution et un pouvoir d’achat qui se contracte, il y a l’apparition de nouveaux modes de consommation, tels que le e-commerce sur internet, qui pénalise les commerçants et les artisans. En agriculture, pour la deuxième fois, l’année a été difficile, entre la baisse des cours et, dans les cultures, la baisse de la qualité. Nos clients souffrent et nous sommes plus exposés que d’autres établissements bancaires car nous avons une clientèle de proximité. Deux de nos trois départements font aussi partie des dix départements français qui perdent le plus d’habitants (ndlr : Nièvre et Cher)».
- TdB : Comment se déroule ce début d’année dans le secteur agricole ?
F.T. : «On sent les tensions monter mais nous pensions, en fin d’année dernière, que la situation serait encore plus dégradée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Nous sommes attentifs et nous savons parfaitement que le banquier est incontournable et que les clients creusent sans doute d’autres trous ailleurs, chez les marchands de matériels, les fournisseurs d’aliments ou les vétérinaires, par exemple. Nous sommes inquiets pour la fin de l’année. Nous venons de recevoir 700 agriculteurs, dont environ un tiers de Nivernais, afin d’évoquer des solutions personnelles, pour certains en ré-échelonnant les dettes quand l’échéancier est favorable, pour d’autres par des court-termes. Il y a des situations très difficiles parmi des clients qui n’étaient déjà pas bien quand la conjoncture était plus favorable : pour eux, il faut trouver des scénarios de sortie. çà ne sert à rien de creuser son trou trop profondément, d’autant que contrairement à il y a quelques décennies, les choses sont ressenties de façon plus sereine. Un échec ne marque plus l’échec d’une vie !»
- TdB : Que pensez-vous de la proposition du syndicalisme en faveur de prêts bonifiés à taux zéro ?
F.T. : «L’intérêt des prêts à taux zéro, c’est quand les taux sont élevés ! Là, ils sont bas (ndlr : Agilor à 1 ou 2%). Et puis, dans le passé, il y a eu un effet d’aubaine et on crée le risque d’accroître les dettes, surtout si une nouvelle crise doit arriver. En fait, ce n’est pas le sujet. Je vais être provocateur mais pourquoi pas des prix de l’aliment à moins 10% aussi ? Mais je comprends que le syndicalisme a besoin de victoires collectives, plutôt que de solutions sur-mesures adaptées à chacun. L’action collective est plus vendeuse !»
- TdB : En AG statutaire, vous avez évoqué le sujet des actifs immatériels dans la richesse globale de la caisse régionale. De quoi s’agit-il ?
F.T. : «C’est quelque chose sur lequel nous travaillons en vase clos depuis 2 ou 3 ans avec le cabinet d’études Goodwill Management. Dans le secteur financier, nous sommes la 2 ou 3è banque à nous pencher sur la valeur de notre entreprise. Qu’est-ce que c’est ? Par exemple, dans un commerce, la clientèle n’apparaît pas au bilan. A Centre-Loire, le nombre de nos clients, l’engagement de nos collaborateurs, notre réseau d’élus n’apparaissent pas au bilan. Les actifs immatériels, ce sont tous ces critères qui font la valeur globale de l’entreprise, au-delà des ses comptes financiers. C’est comme pour une famille : on n’évalue pas sa richesse qu’avec son compte en banque, sa voiture ou son logement, notre méthode tient aussi compte du niveau d’éducation des enfants. C’est une notion transversale. Avec le nombre et la richesse de nos clients, leur âge, leur satisfaction, les éléments de contexte démographique, et quelques points à dire d’experts, nous arrivons à une note globale, objectivée, que nous traduirons prochainement en euros. Notre valeur se mesurera au-delà de la valeur de notre bilan, à l’instar de ces sociétés qui veulent se valoriser sur les marchés à l’approche d’une fusion, d’une cotation ou d’une cession... Dans une entreprise coopérative comme la nôtre, on a besoin d’évaluer notre finalité, au-delà de nos moyens, afin de pouvoir réagir en temps réel en cas de nécessité».