Assemblée générale du Gabni
Forte hausse attendue des conversions et des surfaces
Deux jours après la manifestation régionale des producteurs bio à Dijon, le Groupement des agrobiologistes de la Nièvre (Gabni) tenait son assemblée générale annuelle, jeudi 19 février, à Couloutre. Les chiffres de l’année écoulée indiquent une forte croissance pour ce secteur dans le département.
Selon Xavier Niaux, leur président, les agrobiologistes nivernais sont de plus en plus nombreux et sur des surfaces de plus en plus grandes. La semaine dernière, à Couloutre, un état des lieux a été réalisé sur la bio dans la Nièvre. «Nous avons enregistré une hausse à la fois du nombre de conversions et des surfaces» explique celui qui est aussi président du Sedarb au niveau régional. Il s’agit pour l’instant surtout de «demandes en maraîchage sur de petites surfaces mais il y a aussi un intérêt accru des producteurs de grandes cultures sur des surfaces beaucoup plus grandes». Et le mouvement est en passe de s’amplifier, «avec une augmentation d’au moins 1 600 ha attendue en 2015 et de plus d’une trentaine de conversions. Je ne suis pas pessimiste : on sait qu’on va vers une vague de conversions. Sur l’ensemble de la Bourgogne, cela représente une hausse de 8 000 ha prévue en 2015 et c’est là toute notre déception puisque cela fait deux ans que nous alertons les élus régionaux sur cette tendance et qu’ils ne nous ont pas écoutés». En cause, le budget régional pour la conversion et le maintien en bio, prévu pour une augmentation de 4 000 ha, c’est-à-dire moitié moins que les prévisions des responsables du bio régional, et qui n’atteint que 40 millions d’euros.
«Pas la moitié de ce qu’on nous demande »
«Il y avait un effort à faire. C’est dommage car il aurait fallu une enveloppe de plus du double» regrette Xavier Niaux, d’autant que «c’est dommage aussi par rapport au message envoyé au consommateur et à tous les citoyens. Les discours, on en veut bien, mais des actes, dans la réalité, aussi !» Et le président du Gabni de dénoncer «un jeu politique et lobbyiste où l’on sait que nous ne sommes pas les plus puissants. On nous parle de prévention en matière sanitaire et environnementale et on préfère mettre de l’argent sur des systèmes qui polluent avec des coûts induits qui ne sont pas pris en compte» insiste-t-il, dans un élan d’amertume et de rébellion...
D’autant plus que les bio nivernais en sont convaincus : tous les feux sont au vert ! «Nous avons un prix du blé autour de 400 euros la tonne qui ne fluctue pas même si nos rendements sont un peu plus faibles. En conventionnel, les matières premières sont soumises à la spéculation des marchés et nous voulons nous en protéger. C’est d’autant plus regrettable qu’il y a une demande croissante pour les produits bio. Nous ne produisons pas en France la moitié de ce que les filières nous demandent !» Pour Xavier Niaux, «ce n’est pas une critique mais c’est le système capitaliste qui est comme çà. Il faut consommer! Et les syndicats et l’industrie finissent par nous oublier!» De là à taxer les élus du Conseil régional de faire la part belle à l’agriculture conventionnelle, il n’y a qu’un pas que le président du Gabni franchit allègrement : «Sur les 40 millions du budget pour la bio, la région a mis 0 centime. C’est de l’argent qui provient de la dotation de l’Etat et des aides européennes. C’est surprenant !» De la manifestation de l’avant-veille à Dijon, Xavier Niaux a gardé le souvenir d’un argumentaire des responsables de l’exécutif régional : «On nous dit qu’il faut éviter de se confronter à des choix pour la bio par opportunisme. Je réponds que si il y a des exploitations de 300 ou 400 ha en grandes cultures qui veulent se convertir dans la Nièvre, il faut les encourager d’ici 5 ans et que c’est au groupement de leur démontrer qu’en 2020 elles auront d’autres intérêts qu’économiques!» L’effet d’aubaine ? «Je dis chiche si c’est ce qui déclenche» lance le responsable bio, comme un pavé dans la mare... Selon lui, la demande est au rendez-vous et les structures biologiques sont viables économiquement : «tous ceux qui sont là aujourd’hui vivent de leur métier» s’exclame-t-il. Et de s’élever contre l’incitation des élus à «aller chercher l’argent sur les MAE des conventionnels. Mais c’est un effet pervers et catastrophique. Cela risque de déshabiller les uns pour rhabiller les autres et de nous opposer. C’est un manque de vision d’avenir sur la filière en Bourgogne!»
«Pas la moitié de ce qu’on nous demande »
«Il y avait un effort à faire. C’est dommage car il aurait fallu une enveloppe de plus du double» regrette Xavier Niaux, d’autant que «c’est dommage aussi par rapport au message envoyé au consommateur et à tous les citoyens. Les discours, on en veut bien, mais des actes, dans la réalité, aussi !» Et le président du Gabni de dénoncer «un jeu politique et lobbyiste où l’on sait que nous ne sommes pas les plus puissants. On nous parle de prévention en matière sanitaire et environnementale et on préfère mettre de l’argent sur des systèmes qui polluent avec des coûts induits qui ne sont pas pris en compte» insiste-t-il, dans un élan d’amertume et de rébellion...
D’autant plus que les bio nivernais en sont convaincus : tous les feux sont au vert ! «Nous avons un prix du blé autour de 400 euros la tonne qui ne fluctue pas même si nos rendements sont un peu plus faibles. En conventionnel, les matières premières sont soumises à la spéculation des marchés et nous voulons nous en protéger. C’est d’autant plus regrettable qu’il y a une demande croissante pour les produits bio. Nous ne produisons pas en France la moitié de ce que les filières nous demandent !» Pour Xavier Niaux, «ce n’est pas une critique mais c’est le système capitaliste qui est comme çà. Il faut consommer! Et les syndicats et l’industrie finissent par nous oublier!» De là à taxer les élus du Conseil régional de faire la part belle à l’agriculture conventionnelle, il n’y a qu’un pas que le président du Gabni franchit allègrement : «Sur les 40 millions du budget pour la bio, la région a mis 0 centime. C’est de l’argent qui provient de la dotation de l’Etat et des aides européennes. C’est surprenant !» De la manifestation de l’avant-veille à Dijon, Xavier Niaux a gardé le souvenir d’un argumentaire des responsables de l’exécutif régional : «On nous dit qu’il faut éviter de se confronter à des choix pour la bio par opportunisme. Je réponds que si il y a des exploitations de 300 ou 400 ha en grandes cultures qui veulent se convertir dans la Nièvre, il faut les encourager d’ici 5 ans et que c’est au groupement de leur démontrer qu’en 2020 elles auront d’autres intérêts qu’économiques!» L’effet d’aubaine ? «Je dis chiche si c’est ce qui déclenche» lance le responsable bio, comme un pavé dans la mare... Selon lui, la demande est au rendez-vous et les structures biologiques sont viables économiquement : «tous ceux qui sont là aujourd’hui vivent de leur métier» s’exclame-t-il. Et de s’élever contre l’incitation des élus à «aller chercher l’argent sur les MAE des conventionnels. Mais c’est un effet pervers et catastrophique. Cela risque de déshabiller les uns pour rhabiller les autres et de nous opposer. C’est un manque de vision d’avenir sur la filière en Bourgogne!»