FDSEA et JA du Morvan reçus en sous-préfecture
Face à la dégradation de la conjoncture en élevage allaitant, les présidents des syndicats cantonaux FDSEA et JA du Morvan ont été reçus par François Rosa, sous-préfet de Château-Chinon.
Etat de la conjoncture, perspectives à moyen terme et PMTVA était à l’ordre du jour de la rencontre tenue le 5 septembre dernier à la sous-préfecture de Château-Chinon entre les syndicats cantonaux FDSEA et JA du Morvan et François Rosa, sous-préfet de l’arrondissement de Château-Chinon. Conduite par Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA et Emmanuel Bernard, président de la section bovine, la délégation syndicale a pu deux heures durant exposer au sous-préfet de Château-Chinon, les motifs des inquiétudes des éleveurs et formuler des propositions pour enrayer une baisse des cours encore peu marquée à ce jour sur le maigre mais qui sous l’effet d’une sortie plus conséquente des animaux sur le marché ne tardera pas à se faire ressentir.
Les cours de la viande bovine anormalement bas
C’est au travers d’une analyse de la dégradation anormale du marché de la viande que les syndicalistes ont étayé leurs propos, constatant que l’équilibre du marché national et que la consommation en progression sur les huit premiers mois de l’année ne pouvaient expliquer une baisse aussi marquée des cours, le prix moyen pondéré (PMP) des gros bovins ayant chuté de plus de 40 centimes d’€/kg sur les 10 derniers mois. Pointant ci et là la responsabilité avérée de la grande distribution qui s’accapare des marges de plus en plus extravagantes (voir schéma) en parallèle de la chute des cours à la production, les représentants syndicaux ont tenu à rappeler la part de responsabilité qui incombe aux entreprises d’aval «qui de peur de perdre leur part de marché auprès des GMS, bradent leur marchandise». Face à ce rapport de force faussé au sein de la filière les éleveurs en ont appelé à l’intervention de l’Etat pour jouer un rôle de médiateur quant à l’action intolérable de la grande distribution et ont rappelé que sans amélioration tangibles de la situation des actions dures seraient enclenchées en direction de la grande distribution dans les prochaines semaines.
Export pays-tiers : Mettre la France en ordre de marche
En parallèle des échanges portant sur la conjoncture, les représentants syndicaux ont également évoqué avec François Rosa, la nécessaire mobilisation des services de l’Etat sur l’exportation pays-tiers, rappelant que malgré les demandes répétées de la FNB -et sous le chantage à l’emploi de certains industriels de la viande!, le gouvernement avait des grandes difficultés à «activer» la machine administrative sur ce sujet. Tant sur l’Algérie, récemment fermée pour motif de fièvre aphteuse, que sur la Turquie où des besoins réels en viande bovine émergent, la diplomatie française se doit d’être réactive, ces pays manifestant des besoins en bovins vifs importants. Une manière aussi de tendre l’offre nationale et d’agir positivement sur les cours des animaux.
Sur ces sujets, tout comme sur la PMTVA où ont été exposées au sous-préfet les conséquences du plafonnement à 140 animaux sur des exploitations où exercent plusieurs associés et/ou salariés, François Rosa a exprimé sa volonté de faire avancer les choses, assurant faire remonter les informations et renvoyant à un prochain rendez-vous le suivi de ces dossiers prépondérants pour l’économie des exploitations d’élevage nivernaises. Affaire à suivre …