La ferme du lycée de Challuy, site pilote
Expérimentation de la litière bocagère
La ferme du lycée agricole de Challuy fait partie des trois sites pilotes retenus dans la Nièvre, par la Cuma Terr’eau, la Chambre d’agriculture et la fédération des Cuma, pour expérimenter d’ici trois ans l’utilisation de la litière bois pour les bovins charolais.
Pour Stéphanie Moulin, enseignante en agronomie-phytotechnie-gestion au Legta de Challuy, «de par ses rôles multiples, la haie fait partie intégrante de nos exploitations. De simple limite, elle peut devenir un atout qui va de la protection des animaux d’élevage à la limitation de l’érosion, à l’abri faunistique et floristique et jusqu’à la production de bois litière pour le chauffage ou la litière». Et c’est donc logiquement que, dans le cadre de leurs études, près de 130 élèves de l’établissement sont mobilisés dans un projet d’expérimentation au sein même de l’exploitation du lycée. Comme ses deux autres semblables choisies comme sites pilotes dans le cadre du projet Casdar «agroécologique», celle-ci va participer durant trois ans à la réalisation d’une étude sur la litière bocagère, de sa mise en place jusqu’aux études de sol après épandage.
Une réunion de lancement, en présence des jeunes, a eu lieu au lycée le 25 novembre dernier, afin de préciser les objectifs et les implications du projet.
Chercher l’autonomie en litière
Le déclic, c’est la relative faiblesse de la paille produite sur le «Domaine neuf» (ndlr : du nom de l’exploitation du lycée) qui l’a donné. «La paille couvre de justesse ses besoins et notre principal objectif est d’accéder à une relative autonomie en litière» souligne l’enseignante. Très peu pourvu de haies, le lycée a eu l’idée d’en replanter pour devenir autonome d’ici quelques années. Et le potentiel est prometteur puisque 12 kilomètres de barbelés, dont une grande partie nue, entourent le domaine. Normalement, c’est une vingtaine d’élèves issus de différentes classes du secondaire qui donneront le «la», en janvier, pour la plantation des premiers arbres. Ils s’appuieront sur le plan de gestion bocager réalisé par les BTS ACSE première année en collaboration avec la Chambre d’agriculture, document présenté le 25 novembre, qui constate l’état de la ressource pour en déduire les travaux, aménagements et prélèvements que l’exploitant doit opérer «pour répondre à ces objectifs de valorisation du patrimoine boisé sans mettre en péril la ressource». Les différentes étapes du projet impliqueront la participation, à chacune, des étudiants du lycée, par exemple les 1ère années ACSE et les BTS productions animales pour les mesures du diagnostic de la biodiversité, cet hiver, les BTS PA 2è année pour le choix des arbres à couper... Le deuxième objectif, suite aux plantations, est «d’accentuer le bien-être des animaux sur les prairies», sans perdre de vue celui de «l’entretien du linéaire de haies».
Des essais de litière concrets
Pour le moment, le projet n’en est qu’au début, selon Stéphanie Moulin qui témoigne «de la réussite de la participation des élèves, qui devrait se poursuivre durant les deux années de l’expérimentation». D’autant que les premières coupes, sur les haies déjà en place, pourraient intervenir dès les mois de janvier ou février 2015 (ndlr : en fonction de la venue du grappin coupeur de la Cuma hydraulique Berry-Nivernais mis à la disposition de la Cuma Terr’eau) et la première transformation en plaquettes à partir d’avril ou mai. D’ores et déjà, l’utilisation de la litière bocagère n’est pas qu’un objectif virtuel. Elle a été mise en application dans les stabulations du Domaine neuf. Grâce à l’apport de bois d’un agriculteur voisin du lycée, «des plaquettes ont permis le paillage de 2 cases de 7 vaches» précise Stéphanie Moulin. Et des mesures sont faites par les élèves en stages sur l’exploitation, tant sur le suivi des températures et du salissement de la litière que du comportement des animaux. Ce n’est qu’un avant-goût puisque, dans une phase de croisière, la ferme aurait besoin de 106 m3 apparent de plaquettes (MAP sec) pour couvrir toute la stabulation avec une sous-couche de deux fois 8 cm et le paillage en superficie (ndlr : et à condition que cette technique puisse se faire de façon durable). Pour le lycée, en tout cas, l’investissement est économique puisqu’à part la prestation de service pour la coupe et le déchiquetage, il est nul. Et l’enseignante liste les gains espérés : «quantitatif puisque moins de paille implique moins de cultures ; technique avec une autre réflexion sur la rotation des cultures et introduction d’autres cultures que les céréales à paille, avec une litière plus saine et une moindre humidité donc moins de maladie ; enfin environnemental car l’entretien et la gestion des haies sont différents». Concilier la double performance économique et environnementale : tel était bien l’objectif de l’appel à projets agroécologiques du ministère de l’agriculture et de la reconnaissance de ce celui porté par la Cuma Terr’Eau au début de l’année. Challuy y prend désormais toute sa part.
Une réunion de lancement, en présence des jeunes, a eu lieu au lycée le 25 novembre dernier, afin de préciser les objectifs et les implications du projet.
Chercher l’autonomie en litière
Le déclic, c’est la relative faiblesse de la paille produite sur le «Domaine neuf» (ndlr : du nom de l’exploitation du lycée) qui l’a donné. «La paille couvre de justesse ses besoins et notre principal objectif est d’accéder à une relative autonomie en litière» souligne l’enseignante. Très peu pourvu de haies, le lycée a eu l’idée d’en replanter pour devenir autonome d’ici quelques années. Et le potentiel est prometteur puisque 12 kilomètres de barbelés, dont une grande partie nue, entourent le domaine. Normalement, c’est une vingtaine d’élèves issus de différentes classes du secondaire qui donneront le «la», en janvier, pour la plantation des premiers arbres. Ils s’appuieront sur le plan de gestion bocager réalisé par les BTS ACSE première année en collaboration avec la Chambre d’agriculture, document présenté le 25 novembre, qui constate l’état de la ressource pour en déduire les travaux, aménagements et prélèvements que l’exploitant doit opérer «pour répondre à ces objectifs de valorisation du patrimoine boisé sans mettre en péril la ressource». Les différentes étapes du projet impliqueront la participation, à chacune, des étudiants du lycée, par exemple les 1ère années ACSE et les BTS productions animales pour les mesures du diagnostic de la biodiversité, cet hiver, les BTS PA 2è année pour le choix des arbres à couper... Le deuxième objectif, suite aux plantations, est «d’accentuer le bien-être des animaux sur les prairies», sans perdre de vue celui de «l’entretien du linéaire de haies».
Des essais de litière concrets
Pour le moment, le projet n’en est qu’au début, selon Stéphanie Moulin qui témoigne «de la réussite de la participation des élèves, qui devrait se poursuivre durant les deux années de l’expérimentation». D’autant que les premières coupes, sur les haies déjà en place, pourraient intervenir dès les mois de janvier ou février 2015 (ndlr : en fonction de la venue du grappin coupeur de la Cuma hydraulique Berry-Nivernais mis à la disposition de la Cuma Terr’eau) et la première transformation en plaquettes à partir d’avril ou mai. D’ores et déjà, l’utilisation de la litière bocagère n’est pas qu’un objectif virtuel. Elle a été mise en application dans les stabulations du Domaine neuf. Grâce à l’apport de bois d’un agriculteur voisin du lycée, «des plaquettes ont permis le paillage de 2 cases de 7 vaches» précise Stéphanie Moulin. Et des mesures sont faites par les élèves en stages sur l’exploitation, tant sur le suivi des températures et du salissement de la litière que du comportement des animaux. Ce n’est qu’un avant-goût puisque, dans une phase de croisière, la ferme aurait besoin de 106 m3 apparent de plaquettes (MAP sec) pour couvrir toute la stabulation avec une sous-couche de deux fois 8 cm et le paillage en superficie (ndlr : et à condition que cette technique puisse se faire de façon durable). Pour le lycée, en tout cas, l’investissement est économique puisqu’à part la prestation de service pour la coupe et le déchiquetage, il est nul. Et l’enseignante liste les gains espérés : «quantitatif puisque moins de paille implique moins de cultures ; technique avec une autre réflexion sur la rotation des cultures et introduction d’autres cultures que les céréales à paille, avec une litière plus saine et une moindre humidité donc moins de maladie ; enfin environnemental car l’entretien et la gestion des haies sont différents». Concilier la double performance économique et environnementale : tel était bien l’objectif de l’appel à projets agroécologiques du ministère de l’agriculture et de la reconnaissance de ce celui porté par la Cuma Terr’Eau au début de l’année. Challuy y prend désormais toute sa part.