Installation et transmission agricoles en Morvan
Expériences et témoignages pour croiser les regards sur le territoire
Les élus, les agents de développement, les « penseurs » de l’aménagement du territoire ainsi que les agriculteurs eux-mêmes se penchent sur la problématique de l’installation et de la transmission agricoles dans le Morvan. Le 8 novembre, une centaine d’entre eux sont venus au LEGTA de Château-Chinon échanger et écouter des témoignages.
Patrice Joly, Christian Paul et Éric Bertrand, avec Lucien Bourgeois en grand témoin chargé de conclure les débats: le moins que l’on puisse dire, c’est que la journée installation/transmission agricole en Morvan a drainé des décideurs et des penseurs du territoire d’un niveau à la hauteur des enjeux.
Et par-delà les options politiques des uns et des autres puisqu’il y a encore quelques semaines une telle concertation aurait sans doute été avortée, les agriculteurs ayant vigoureusement remis en cause la légitimité du PNR dans ses choix pour l’agriculture (la manifestation du 18 septembre a Saint-Brisson contre les clôtures le long des cours d’eau a laissé des traces). Vendredi dernier, chacun a joué son rôle de bonne grâce, dans un souci d’apaisement, et pour ne pas obérer le véritable enjeu de l’événement: Comment favoriser le renouvellement des générations en agriculture dans le Morvan, permettre une transmission fluide et raisonnée, comment envisager l’avenir économique du territoire autour de cette activité traditionnelle.
Conçue de façon pratique et ouverte à l’échange d’idées, la journée a donc d’abord été introduite par les présidents des structures co-organisatrices: le PNR Morvan, le Pays Nivernais Morvan et la Chambre d’agriculture.
Témoignages et expériences
Patrice Joly a posé les enjeux: «reprise, accès au foncier, viabilité économique, agrandissement, questions fiscales... C’est plus compliqué que par le passé». Aussitôt corroboré par Christian Paul: «l’installation et le développement rural ne se réussissent pas les uns sans les autres ou les uns contre les autres». Après que les conseillers des structures eurent présenté les chiffres-clé issus du dernier recensement général agricole de 2010, laissant apparaître une tendance à la baisse des installations, le programme des témoignages et des partages d’expériences était chargé. Deux JA ont fait part de leurs difficultés, l’un ayant déjà repris la ferme familiale en charolais, l’autre en phase d’installation. Où le parcours est souvent un exercice solitaire, et parfois revendiqué comme tel... Kéthévane Letrange a expliqué que son activité de maraîchage et de production de fruits ne la faisait pas vivre même si un projet de laboratoire devrait la renforcer et Marion Bonnet qui cherche a s’installer en production caprine a fait part de sa difficulté à trouver du foncier de taille adéquat (35 ha), essuyant souvent l’indifférence ou le refus des cédants qu’elle rencontre. Un jeune maraîcher bio de Saône-et-Loire a expliqué comment un agriculteur lui laissait un espace agricole durant trois ans, pour démarrer, dans la sécurité de conserver ses droits au chômage tout en démarrant son activité, via l’espace-test de l’association Les semeurs du possible. Venus du Puy-de-Dôme des agents et un élu local ont aussi montré comment deux réseaux réunissant des communautés de communes des Combrailles et du Livradois-Forez, recensent les futures cédants, cinq ans avant l’âge du départ, afin de fédérer les énergies autour de la reprise. Enfin, avant que des ateliers par territoire n’abordent activement les conditions favorables à l’installation, les leviers à activer, les projets à envisager sur les territoires, ce sont les agents et les élus des Communautés de communes des Grands Lacs du Morvan et des portes Sud du Morvan
qui ont témoigné de leurs initiatives respectives pour favoriser l’installation.
Et par-delà les options politiques des uns et des autres puisqu’il y a encore quelques semaines une telle concertation aurait sans doute été avortée, les agriculteurs ayant vigoureusement remis en cause la légitimité du PNR dans ses choix pour l’agriculture (la manifestation du 18 septembre a Saint-Brisson contre les clôtures le long des cours d’eau a laissé des traces). Vendredi dernier, chacun a joué son rôle de bonne grâce, dans un souci d’apaisement, et pour ne pas obérer le véritable enjeu de l’événement: Comment favoriser le renouvellement des générations en agriculture dans le Morvan, permettre une transmission fluide et raisonnée, comment envisager l’avenir économique du territoire autour de cette activité traditionnelle.
Conçue de façon pratique et ouverte à l’échange d’idées, la journée a donc d’abord été introduite par les présidents des structures co-organisatrices: le PNR Morvan, le Pays Nivernais Morvan et la Chambre d’agriculture.
Témoignages et expériences
Patrice Joly a posé les enjeux: «reprise, accès au foncier, viabilité économique, agrandissement, questions fiscales... C’est plus compliqué que par le passé». Aussitôt corroboré par Christian Paul: «l’installation et le développement rural ne se réussissent pas les uns sans les autres ou les uns contre les autres». Après que les conseillers des structures eurent présenté les chiffres-clé issus du dernier recensement général agricole de 2010, laissant apparaître une tendance à la baisse des installations, le programme des témoignages et des partages d’expériences était chargé. Deux JA ont fait part de leurs difficultés, l’un ayant déjà repris la ferme familiale en charolais, l’autre en phase d’installation. Où le parcours est souvent un exercice solitaire, et parfois revendiqué comme tel... Kéthévane Letrange a expliqué que son activité de maraîchage et de production de fruits ne la faisait pas vivre même si un projet de laboratoire devrait la renforcer et Marion Bonnet qui cherche a s’installer en production caprine a fait part de sa difficulté à trouver du foncier de taille adéquat (35 ha), essuyant souvent l’indifférence ou le refus des cédants qu’elle rencontre. Un jeune maraîcher bio de Saône-et-Loire a expliqué comment un agriculteur lui laissait un espace agricole durant trois ans, pour démarrer, dans la sécurité de conserver ses droits au chômage tout en démarrant son activité, via l’espace-test de l’association Les semeurs du possible. Venus du Puy-de-Dôme des agents et un élu local ont aussi montré comment deux réseaux réunissant des communautés de communes des Combrailles et du Livradois-Forez, recensent les futures cédants, cinq ans avant l’âge du départ, afin de fédérer les énergies autour de la reprise. Enfin, avant que des ateliers par territoire n’abordent activement les conditions favorables à l’installation, les leviers à activer, les projets à envisager sur les territoires, ce sont les agents et les élus des Communautés de communes des Grands Lacs du Morvan et des portes Sud du Morvan
qui ont témoigné de leurs initiatives respectives pour favoriser l’installation.