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Assemblée générale du Gabni

État des lieux de la bio dans la Nièvre

Le Groupement des agrobiologistes de la Nièvre (Gabni) tenait assemblée génrale, vendredi 26 février, à Vauclaix, en présence du président du Conseil départemental, Patrice Joly. L’occasion de faire le point sur une «bio» qui monte dans le département...
Par Emmanuel Coulombeix
État des lieux de la bio dans la Nièvre
Le département de la Nièvre connaît une progression du nombre d’exploitations bio.
En 2015, le Gabni a enregistré une augmentation de 2200 ha de surfaces en conversion biologique et l’arrivée de 28 nouveaux producteurs nivernais (sur un total de 159). «C’est une augmentation de plus de 18% en surfaces et de 20% en nombre» traduit  Laurent Barle, l’animateur du Gabni qui révèle que c’est «une croissance inégalée ces dernières années», même si les courbes sont en constante augmentation. La principale explication est à chercher du côté de la mauvaise conjoncture en agriculture conventionnelle qui incite les agriculteurs «à chercher d’autres solutions». Face à cet afflux de contacts, de demandes de  renseignements et pour une part non négligeable d’appuis individuels vers une transition, «le réseau Bio Bourgogne veut encourager des conversions pérennes par un accompagnement technique solide», selon le conseiller  : «les cinq premières années sont décisives et une exploitation bio n’entre en phase de «routine» qu’au bout de 7 à 10 ans !» Du coup, les bras manquent et Xavier Niaux, le président du Gabni, a gentiment repris à son compte l’expression employée récemment par Marie-Guite Dufay, la présidente de Bourgogne-Franche Comté, qui avait incité les bio à «compenser la restriction par l’intelligence collective». Se tournant vers Patrice Joly, le responsable professionnel, en souriant, a tout de même souligné que «ce n’est pas un argument à utiliser par le Conseil départemental». Une nouvelle animatrice du Gabni, Lola Jeanningros, va d’ailleurs prendre ses fonctions dans les locaux de la Chambre d’agriculture dans les jours qui viennent, mais «nous faisons collectif quand on peut, ce qui ne doit pas empêcher une approche individuelle qui reste essentielle» selon Laurent Barle. «Maintenant, il y a internet et les agriculteurs bio attendent de nous des informations et des conseils beaucoup plus pointus qu’il y a quinze ans, quand je suis arrivé ici» assure-t-il. Pour 28 producteurs nouveaux, ce sont 74 qui sont rentrés en contact avec la structure au cours de l’année écoulée. «C’est un temps plein, en plus de l’appui technique !»

La tendance est au maraîchage
Ce qui frappe, à la lecture du rapport d’activités du Gabni, c’est la répartition entre les filières. En bio, «auparavant, les conversions se faisaient à l’image des filières conventionnelles, plutôt en élevage allaitant (et polyculture-élevage) et en grandes cultures. Dorénavant, le maraîchage prend une place de plus en plus grande dans les tendances de la bio (14% du total des exploitations biologiques de la Nièvre), à chaque fois par l’installation». Les espaces-tests du Conseil départemental cherchent d’ailleurs deux entrepreneurs à l’essai mais cela ne masque pas une interrogation : «si tous vont sur le même créneau, la vente directe en paniers ou sur les marchés, quid de la saturation ?» Et le Gabni lorgne lui aussi du côté de la restauration collective  : «il faut un engagement en volumes et sur la durée, beaucoup de céréaliers pourraient adopter les légumes de plein champ, et si ces conditions sont réunies, la demande suivra, pour peu que les collectivités s’engagent et prennent le risque» estime l’animateur du Gabni. La tendance lourde, dans le département comme au plan national, est à la croissance de 10% par an de la consommation en bio. Ce qui laisse rêveur les agrobiologistes nivernais  : «cela peut coincer sur certains produits, le temps que la demande rejoigne l’offre, d’autant qu’il n’existe aucun outil de régulation du marché en circuits longs, pour préserver les prix». En attendant, Laurent Barle est confiant sur les perspectives de la bio nivernaise pour 2016  : «nous partons sur la même dynamique qu’en 2015, et nous poursuivrons l’accompagnement tant en amont qu’en aval jusqu’à la mise en marché».