Suite à l’interview parue dans le N°1280 du 25 juillet
En réponse à Jean-Pierre Fleury (FNB)
Pour faire face à la baisse des prix de la viande payés aux producteurs, et pour faire suite à la récente position affichée par le Président de la FNB, Francis Maenhout, président cantonal FDSEA de Nevers-Imphy et ancien président de la Section bovine de la Nièvre, réagit et fait une proposition.
[I]«Jean-Pierre, j’ai lu ton interview sur Terres de Bourgogne du 25 juillet dernier. J’ai souhaité réagir puisque tu demandes que les éleveurs soient plus offensifs et prennent le relais de la FNB. Tu dénonces la politique des prix bas menée par la grande distribution... la baisse du prix des bovins, amorcée par la chute du prix des vaches allaitantes (-200 à -250 euros par animal en un an). Conséquence d’importations massives de viande des pays tiers dont les coûts de production sont inférieurs aux nôtres. Ces coûts sont difficilement compressibles, comme tu le dis. De plus, le marché du broutard s’annonce d’ores et déjà peu réjouissant. Notre production bovine a perdu de la compétitivité... «C’est la première maladie de l’élevage bovin» expliques-tu. Alors, tu proposes d’aller sur les marchés mondiaux prometteurs pour écouler nos animaux morts ou vifs, afin de «limiter» la casse dans nos élevages, aujourd’hui mis à mal et dont les trésoreries sont déficitaires... Et l’on entend de nombreux éleveurs prêts à «planter la charrue», «bazarder les vaches», des JA prêts à s’installer mais surtout pas en élevage bovin, élevage qui prend allègrement le chemin du mouton. Enfin, Jean-Pierre, tu invites les éleveurs à «être plus offensifs», à «bouger», à «soutenir la FNB». Pour çà, tu peux compter sur nous... Les éleveurs nivernais ont toujours été au rendez-vous dans les moments difficiles. Oui, nous avons tous fait des efforts pour moderniser, innover, produire de la qualité... Oui, la viande d’importation dans nos magasins, on ne veut plus la voir...»[i]
[INTER]«Répartir la marge sur nos produits ?»[inter]
[I]«En tout ce que tu dis et constate, chaque éleveur en a conscience mais je souhaiterais te faire une suggestion à propos de notre manque de compétitivité, dû essentiellement je le rappelle à des niveaux de charges insupportables. Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer que la FNB, force de proposition, représentative de tous nos éleveurs, ne puisse pas proposer un Plan de sauvetage de l’élevage qui consisterait à obtenir un accord durable visant à répartir de façon équitable et juste la marge qui se fait à partir de nos produits? Ainsi, nous pourrions dégager un revenu et tenir un prix correct au consommateur pour, finalement, faire manger notre viande aux Français, alors qu’aujourd’hui ils mangent de la viande essentiellement d’origine étrangère et dont la qualité et le mode de production sont souvent décriés. Agir à la fois sur le marché intérieur et aller à l’exportation sont deux pistes à mener de front. Jean-Pierre, j’ai lu que tu allais organiser une réunion au plus haut rang pour tenter de retrouver une «spirale positive». Ne serait-ce pas là l’occasion d’y rajouter à vos arguments cette proposition simple, cohérente et juste, pour le bien de tous, pour sauver nos éleveurs et notre élevage bovin? Je sais que la FNB saura faire valoir ses propositions, auprès de nos politiques et de l’interprofession, notamment les GMS. Celles-là mêmes devront prendre leurs responsabilités. Des mesures de sauvetage durables doivent aboutir face à une crise dévastatrice qui dure depuis trop longtemps et n’offre aucune perspective d’avenir à notre profession. Alors oui, après cette ultime rencontre, si le discours de la FNB, qui est clair, ne change pas l’attitude de nos politiques et des GMS, les éleveurs sauront se faire entendre pour défendre un si beau métier, mis à mal aujourd’hui par ce monde des marchands sans scrupule»[i]...
[INTER]«Répartir la marge sur nos produits ?»[inter]
[I]«En tout ce que tu dis et constate, chaque éleveur en a conscience mais je souhaiterais te faire une suggestion à propos de notre manque de compétitivité, dû essentiellement je le rappelle à des niveaux de charges insupportables. Pourquoi ne pourrait-on pas imaginer que la FNB, force de proposition, représentative de tous nos éleveurs, ne puisse pas proposer un Plan de sauvetage de l’élevage qui consisterait à obtenir un accord durable visant à répartir de façon équitable et juste la marge qui se fait à partir de nos produits? Ainsi, nous pourrions dégager un revenu et tenir un prix correct au consommateur pour, finalement, faire manger notre viande aux Français, alors qu’aujourd’hui ils mangent de la viande essentiellement d’origine étrangère et dont la qualité et le mode de production sont souvent décriés. Agir à la fois sur le marché intérieur et aller à l’exportation sont deux pistes à mener de front. Jean-Pierre, j’ai lu que tu allais organiser une réunion au plus haut rang pour tenter de retrouver une «spirale positive». Ne serait-ce pas là l’occasion d’y rajouter à vos arguments cette proposition simple, cohérente et juste, pour le bien de tous, pour sauver nos éleveurs et notre élevage bovin? Je sais que la FNB saura faire valoir ses propositions, auprès de nos politiques et de l’interprofession, notamment les GMS. Celles-là mêmes devront prendre leurs responsabilités. Des mesures de sauvetage durables doivent aboutir face à une crise dévastatrice qui dure depuis trop longtemps et n’offre aucune perspective d’avenir à notre profession. Alors oui, après cette ultime rencontre, si le discours de la FNB, qui est clair, ne change pas l’attitude de nos politiques et des GMS, les éleveurs sauront se faire entendre pour défendre un si beau métier, mis à mal aujourd’hui par ce monde des marchands sans scrupule»[i]...