La Nièvre dans les rues de Paris
En camionnette d’épicier devant les palais de la République
Très médiatique et «pour rompre avec l’image parfois folklorique des territoires ruraux», la tournée des ministères en fourgonnette, le 4 février à Paris, a permis au Conseil général de la Nièvre d’attirer l’attention sur les dossiers prioritaires du département. Entretien avec Patrice Joly, son président, à l’issue de cette journée marathon.
Le Conseil général de la Nièvre a emprunté à Jean Bojko et à ses tournées d’alimentation culturelle, sa camionnette bicolore rouge et jaune, afin d’aller rencontrer les Pouvoirs Publics parisiens. Mardi dernier, en délégation, le président Patrice Joly a entamé une véritable journée marathon, l’entraînant de 9h à 20h, du ministère de la Jeunesse et des sports à l’Elysée et Matignon, en passant par les ministères de l’Intérieur, de la Culture, de l’Économie et du Redressement productif. Une tournée des ministères préparée de longue date et réalisée sous l’œil intéressé de nombreux médias nationaux qui en ont relaté l’aventure. Le président du Conseil général souhaitait faire un coup de communication mais pas que... A son retour, il parle d’entretiens [I]«de très bon niveau, avec les directeurs ou directeurs adjoints des cabinets»[i]. Et estime que la voix de la Nièvre a été entendue, [I]«laissant envisager de grands espoirs»[i]. Premières impressions.
[G]Terres de Bourgogne: «Vu le nombre de chaînes de télévision qui vous ont suivis, cette tournée des ministères en camionnette d’épicier est un bon coup de communication...[g]
[G]Patrice Joly:[g] [I]«Nous y sommes allés, 1, pas pour faire un coup et, 2, pas pour faire un mauvais coup. Nous voulions être lisibles et nous avions préparé les rendez-vous dans les ministères il y a un mois. Nous voulions plaider pour les dossiers prioritaires de la Nièvre auprès des décideurs, tout en rompant, c’est vrai, avec une certaine image parfois encore folklorique de nos territoires ruraux. Rencontrer les ministres en personne aurait été ingérable mais nous avons été reçus par des interlocuteurs de très bons niveaux, les directeurs de cabinet ou leurs adjoints, c’est-à-dire les N°2 ou 3 des ministères»[i].
[G]TDB: Le Grand prix de Formule 1 à Magny-Cours et les infrastructures de transport dans la Nièvre (A77, N71, LGV) ont été les grands dossiers que vous avez défendus mais avez-vous évoqué d’autres sujets?[g]
[G]P.J.:[g] [I]Nous nous sommes concentrés sur quelques dossiers urgents mais nous aurions pu parler de grands sujets comme l’Education, la Santé, l’Agriculture. Par exemple, j’ai rencontré Stéphane Le Foll en juillet dernier et nous aurons un nouveau rendez-vous d’ici deux mois. De même, nous organiserons des Etats généraux de la Santé à l’automne et un événement sur l’Education avant la fin de l’année. Là, notre objectif était d’interpeller les Pouvoirs publics pour voir comment nous pouvions co-construire ensemble sur certains enjeux majeurs pour la Nièvre.[i]
[G]TDB: C’est donc une démarche politique et philosophique?
P.J.:[g][I]Oui. Au-delà de la Formule 1 à Magny-Cours ou des entreprises du technopôle, nous avons évoqué le développement économique en général. Face à de grands groupes implantés sur notre territoire, mais qui fonctionnent de façon hors-sol, nous voulons essayer de nous préparer, avec les pouvoirs publics, avant, comme tant d’autres, de nous trouver face à l’annonce dans les médias de plans sociaux ou de risques de fermeture. Comment nos entreprises, quand elles ont 150 salariés et un siège à Paris, rentrent-elles dans les processus de décisions nationales, si elles ne s’appellent pas Dassault ou Thalès. C’est une déclinaison de la Nièvre de la démarche entreprise en faveur des Nouvelles ruralités, pour savoir comment les centres de décisions parisiens prennent en compte nos atouts et nos enjeux de territoire[i]
[G]TDB: Est-ce que cela revient à penser que, pour la ruralité, le compte n’y est pas et que la Nièvre est oubliée du gouvernement?
P.J.:[g] [I]Il faut bien reconnaître que les décideurs sont des urbains, c’est une réalité, et qu’ils ne connaissent ni n’aiment pas assez la ruralité, quelles que soient les sensibilités politiques. Ils sont confrontés quotidiennement à des enjeux lourds, notamment pour l’industrie, mais ils ne doivent pas exclure les enjeux économiques et sociaux pour nos territoires ruraux. Et nous n’avons pas que des revendications. Nos enjeux sont aussi des atouts. La ruralité, c’est un potentiel foncier, ce sont des ressources naturelles et humaines à mettre en valeur. La diagonale du vide, dont parlent les démographes, ce n’est pas la diagonale du rien. Ce sont aussi de belles performances dans les secteurs culturels et sociaux. Nous voulons rappeler que l’espace rural est un des avantages concurrentiels de la France en Europe et que les décideurs doivent nous aider à en tirer parti. Tel était l’esprit qui a présidé au déroulement de cette journée à Paris.[i]
[G]TDB: Vous avez été bien reçus et accueillis mais est-ce que l’écoute a été attentive?
P.J.:[g] [I]Nous avons obtenu des pistes de travail intéressantes sur plusieurs dossiers, qui habituellement ne rentrent pas dans le périmètre de préoccupations prioritaires des ministères. Nous avons remis les dossiers de la Nièvre au-dessus de la pile.[i]
[G]TDB: De nombreux médias nationaux et notamment les chaînes de télévision ont couvert la tournée des ministères. Est-ce important d’attirer l’attention du public?
PJ:[g] [I]Nous avons pris le public à témoin. En nous faisant porte-paroles de la Nièvre, nous avons été porte-paroles de toute la ruralité. Et puis cela nous permet d’interpeller plus efficacement les Pouvoirs publics nationaux au travers de l’opinion publique. Mais je le répète, nous ne voulions pas faire un mauvais coup. Et chez nos interlocuteurs, nous n’avons pas trouvé de mauvaise volonté. Cette journée nous laisse de grands espoirs. Si les choses n’avançaient pas, peut-être que nous finirions par nous fâcher, mais ce n’est pas le sentiment que j’en retiens. Nous continuerons donc à creuser notre sillon ».[i]
[G]Terres de Bourgogne: «Vu le nombre de chaînes de télévision qui vous ont suivis, cette tournée des ministères en camionnette d’épicier est un bon coup de communication...[g]
[G]Patrice Joly:[g] [I]«Nous y sommes allés, 1, pas pour faire un coup et, 2, pas pour faire un mauvais coup. Nous voulions être lisibles et nous avions préparé les rendez-vous dans les ministères il y a un mois. Nous voulions plaider pour les dossiers prioritaires de la Nièvre auprès des décideurs, tout en rompant, c’est vrai, avec une certaine image parfois encore folklorique de nos territoires ruraux. Rencontrer les ministres en personne aurait été ingérable mais nous avons été reçus par des interlocuteurs de très bons niveaux, les directeurs de cabinet ou leurs adjoints, c’est-à-dire les N°2 ou 3 des ministères»[i].
[G]TDB: Le Grand prix de Formule 1 à Magny-Cours et les infrastructures de transport dans la Nièvre (A77, N71, LGV) ont été les grands dossiers que vous avez défendus mais avez-vous évoqué d’autres sujets?[g]
[G]P.J.:[g] [I]Nous nous sommes concentrés sur quelques dossiers urgents mais nous aurions pu parler de grands sujets comme l’Education, la Santé, l’Agriculture. Par exemple, j’ai rencontré Stéphane Le Foll en juillet dernier et nous aurons un nouveau rendez-vous d’ici deux mois. De même, nous organiserons des Etats généraux de la Santé à l’automne et un événement sur l’Education avant la fin de l’année. Là, notre objectif était d’interpeller les Pouvoirs publics pour voir comment nous pouvions co-construire ensemble sur certains enjeux majeurs pour la Nièvre.[i]
[G]TDB: C’est donc une démarche politique et philosophique?
P.J.:[g][I]Oui. Au-delà de la Formule 1 à Magny-Cours ou des entreprises du technopôle, nous avons évoqué le développement économique en général. Face à de grands groupes implantés sur notre territoire, mais qui fonctionnent de façon hors-sol, nous voulons essayer de nous préparer, avec les pouvoirs publics, avant, comme tant d’autres, de nous trouver face à l’annonce dans les médias de plans sociaux ou de risques de fermeture. Comment nos entreprises, quand elles ont 150 salariés et un siège à Paris, rentrent-elles dans les processus de décisions nationales, si elles ne s’appellent pas Dassault ou Thalès. C’est une déclinaison de la Nièvre de la démarche entreprise en faveur des Nouvelles ruralités, pour savoir comment les centres de décisions parisiens prennent en compte nos atouts et nos enjeux de territoire[i]
[G]TDB: Est-ce que cela revient à penser que, pour la ruralité, le compte n’y est pas et que la Nièvre est oubliée du gouvernement?
P.J.:[g] [I]Il faut bien reconnaître que les décideurs sont des urbains, c’est une réalité, et qu’ils ne connaissent ni n’aiment pas assez la ruralité, quelles que soient les sensibilités politiques. Ils sont confrontés quotidiennement à des enjeux lourds, notamment pour l’industrie, mais ils ne doivent pas exclure les enjeux économiques et sociaux pour nos territoires ruraux. Et nous n’avons pas que des revendications. Nos enjeux sont aussi des atouts. La ruralité, c’est un potentiel foncier, ce sont des ressources naturelles et humaines à mettre en valeur. La diagonale du vide, dont parlent les démographes, ce n’est pas la diagonale du rien. Ce sont aussi de belles performances dans les secteurs culturels et sociaux. Nous voulons rappeler que l’espace rural est un des avantages concurrentiels de la France en Europe et que les décideurs doivent nous aider à en tirer parti. Tel était l’esprit qui a présidé au déroulement de cette journée à Paris.[i]
[G]TDB: Vous avez été bien reçus et accueillis mais est-ce que l’écoute a été attentive?
P.J.:[g] [I]Nous avons obtenu des pistes de travail intéressantes sur plusieurs dossiers, qui habituellement ne rentrent pas dans le périmètre de préoccupations prioritaires des ministères. Nous avons remis les dossiers de la Nièvre au-dessus de la pile.[i]
[G]TDB: De nombreux médias nationaux et notamment les chaînes de télévision ont couvert la tournée des ministères. Est-ce important d’attirer l’attention du public?
PJ:[g] [I]Nous avons pris le public à témoin. En nous faisant porte-paroles de la Nièvre, nous avons été porte-paroles de toute la ruralité. Et puis cela nous permet d’interpeller plus efficacement les Pouvoirs publics nationaux au travers de l’opinion publique. Mais je le répète, nous ne voulions pas faire un mauvais coup. Et chez nos interlocuteurs, nous n’avons pas trouvé de mauvaise volonté. Cette journée nous laisse de grands espoirs. Si les choses n’avançaient pas, peut-être que nous finirions par nous fâcher, mais ce n’est pas le sentiment que j’en retiens. Nous continuerons donc à creuser notre sillon ».[i]