Grandes cultures
Double défi pour les filières végétales
Comment produire demain dans la Nièvre, sur nos terres à faible potentiel, avec moins d’intrants ? Comment aller chercher plus de valeur ajoutée, avec quelles productions et quelles pratiques ? C’est à ces questions que la soirée de la section grandes cultures de la FDSEA a tenté de répondre le 8 février à Pouilly-sur-Loire, en dressant un large panorama des contraintes et des opportunités du département, face aux doubles défi de nos fermes céréalières: défi agronomique, technique, mais aussi défi commercial au sein de nos filières.
Le site d’expérimentation Axéréal du Chaumoy teste, depuis 2011, dans le cadre d’Écophyto, des itinéraires techniques plus économes en énergie et en IFT (Incidence Fréquence de Traitement), comparé à un système «classique» de culture... De quoi préfigurer ce qui se passera sûrement dans nos parcelles à l’avenir: un aléa rendement plus grand et des coûts de production plus faibles.
Moins d’intrants : un système plus fragile
Dans l’itinéraire plus réducteur en IFT, l’expérimentation a diversifié la rotation (tournesol...), recouru aux faux semis et au désherbage mécanique, et privilégié les variétés tolérantes aux maladies et aux insectes.
Six ans de recul ont permis de mettre en évidence la plus grande vulnérabilité de ces systèmes, les mauvaises années étant plus marquées. Sans compter qu’en l’absence de glyphosate, «les chiendents et les chardons sont apparus» explique Jean-Michel Bouchié, responsable du site. «Le système requière donc un travail fin de surveillance». La bonne nouvelle, ce sont les économie de phytos (de l’ordre de 50%) qui peuvent compenser l’aléa rendement (7%) dû aux bioagresseurs.
Semis direct: faible coût de production mais rendement irrégulier
Le troisième itinéraire expérimenté se fixait pour objectif la baisse de la consommation d’énergie, avec moins de passages, semis direct, couverts végétaux (majoritairement des légumineuses) et utilisation de glyphosate pour ne pas travailler le sol.
Les avantages du système sont une très bonne fertilité du sol, des coûts de production bas, de faibles émissions de gaz effet de serre, mais le système est risqué techniquement «avec le semis direct on joue tout sur un seul coup, c’est difficile techniquement» explique Jean-Michel Bouchié, «d’autant que les couverts végétaux ont été décevants, pas suffisants pour lutter contre les adventices, nous avons donc du recourir aux herbicides par moment. Et je ne parle même pas des limaces. Le système donc a consommé plus de phytos que prévu».
Pas de recettes miracles
Pour Didier Guyon, président de la section grandes cultures de la FDSEA, la soirée n’a pas vocation à donner de recettes miracles. «Avec les niveaux de prix que nous connaissons et la baisse annoncée de l’utilisation des intrants, notre rotation blé-orge-colza classique a trouvé ses limites, en termes de rendements, d’agronomie, de capacité à nous rémunérer... Chacune de nos fermes, chacun de nos territoires, chacun de nous est différent... Néanmoins, plusieurs leviers peuvent être combinés pour trouver des relais de valorisation sur nos exploitations».
Moins d’intrants : un système plus fragile
Dans l’itinéraire plus réducteur en IFT, l’expérimentation a diversifié la rotation (tournesol...), recouru aux faux semis et au désherbage mécanique, et privilégié les variétés tolérantes aux maladies et aux insectes.
Six ans de recul ont permis de mettre en évidence la plus grande vulnérabilité de ces systèmes, les mauvaises années étant plus marquées. Sans compter qu’en l’absence de glyphosate, «les chiendents et les chardons sont apparus» explique Jean-Michel Bouchié, responsable du site. «Le système requière donc un travail fin de surveillance». La bonne nouvelle, ce sont les économie de phytos (de l’ordre de 50%) qui peuvent compenser l’aléa rendement (7%) dû aux bioagresseurs.
Semis direct: faible coût de production mais rendement irrégulier
Le troisième itinéraire expérimenté se fixait pour objectif la baisse de la consommation d’énergie, avec moins de passages, semis direct, couverts végétaux (majoritairement des légumineuses) et utilisation de glyphosate pour ne pas travailler le sol.
Les avantages du système sont une très bonne fertilité du sol, des coûts de production bas, de faibles émissions de gaz effet de serre, mais le système est risqué techniquement «avec le semis direct on joue tout sur un seul coup, c’est difficile techniquement» explique Jean-Michel Bouchié, «d’autant que les couverts végétaux ont été décevants, pas suffisants pour lutter contre les adventices, nous avons donc du recourir aux herbicides par moment. Et je ne parle même pas des limaces. Le système donc a consommé plus de phytos que prévu».
Pas de recettes miracles
Pour Didier Guyon, président de la section grandes cultures de la FDSEA, la soirée n’a pas vocation à donner de recettes miracles. «Avec les niveaux de prix que nous connaissons et la baisse annoncée de l’utilisation des intrants, notre rotation blé-orge-colza classique a trouvé ses limites, en termes de rendements, d’agronomie, de capacité à nous rémunérer... Chacune de nos fermes, chacun de nos territoires, chacun de nous est différent... Néanmoins, plusieurs leviers peuvent être combinés pour trouver des relais de valorisation sur nos exploitations».
Focus
Blé de nos Campagnes 20 euros / tonne de valorisation de prix
L’aventure Culture Raisonnée Contrôlée, qui donnera naissance à la marque Blé de nos Campagnes (Lu, baguette Label Rouge...) a débuté à l’initiative de la coopérative Inovae, en recherche de valorisation pour ses adhérents dans différents départements autour de la Nièvre, au travers d’une offre de céréales de qualité pour la nourriture infantile. «Démarche originale», fait remarquer Étienne Henriot, président du GIE CRC, «car ce sont les producteurs qui ont élaboré le cahier des charges puis sont allés le proposer aux clients et distributeurs». La filière qui représente 50 800 hectares, regroupe OS, meuniers, industriels et distributeurs. Le cahier des charges est rigoureux «par exemple, on n’utilise pas d’insecticides de stockage, ce sont des contraintes logistiques et de stockage semblables à la bio». Les 1 800 producteurs valorisent ainsi une partie de leur production.
Diversifier son assolement Pour quels marchés?
Emmanuel Bonnin, technicien chez Soufflet Agriculture, zoome sur la lentille «côté producteur, elle permet de diversifier son assolement, côté consommateur, le packaging en sachet micro-ondable, Origine France, a un certain succès au rayon des protéines végétales. La demande est en augmentation. La marge brute est de l’ordre de 600 euros l’hectare, un chiffre semblable pour le pois chiches, une production complémentaire de la lentille en termes de type de sol».
À citer également des filières en démarrage chez Axéréal: «soja (poulet Carrefour), sarrasin (farine), et aussi l’initiative Cultiv’up (orge brassicole, blé tracé...) pour faire de nos règles environnementales un atout commercial» précise Patrick Tétard, élu Axéréal pour la Nièvre.
L’aventure Culture Raisonnée Contrôlée, qui donnera naissance à la marque Blé de nos Campagnes (Lu, baguette Label Rouge...) a débuté à l’initiative de la coopérative Inovae, en recherche de valorisation pour ses adhérents dans différents départements autour de la Nièvre, au travers d’une offre de céréales de qualité pour la nourriture infantile. «Démarche originale», fait remarquer Étienne Henriot, président du GIE CRC, «car ce sont les producteurs qui ont élaboré le cahier des charges puis sont allés le proposer aux clients et distributeurs». La filière qui représente 50 800 hectares, regroupe OS, meuniers, industriels et distributeurs. Le cahier des charges est rigoureux «par exemple, on n’utilise pas d’insecticides de stockage, ce sont des contraintes logistiques et de stockage semblables à la bio». Les 1 800 producteurs valorisent ainsi une partie de leur production.
Diversifier son assolement Pour quels marchés?
Emmanuel Bonnin, technicien chez Soufflet Agriculture, zoome sur la lentille «côté producteur, elle permet de diversifier son assolement, côté consommateur, le packaging en sachet micro-ondable, Origine France, a un certain succès au rayon des protéines végétales. La demande est en augmentation. La marge brute est de l’ordre de 600 euros l’hectare, un chiffre semblable pour le pois chiches, une production complémentaire de la lentille en termes de type de sol».
À citer également des filières en démarrage chez Axéréal: «soja (poulet Carrefour), sarrasin (farine), et aussi l’initiative Cultiv’up (orge brassicole, blé tracé...) pour faire de nos règles environnementales un atout commercial» précise Patrick Tétard, élu Axéréal pour la Nièvre.