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Fièvre catarrhale ovine

Deux bovins positifs dans la Nièvre

Lundi 5 octobre, le préfet de la Nièvre, Jean-Pierre Condemine, entouré des représentants de la DDT et de la DDCSPP, a tenu une conférence de presse pour faire le point sur la FCO et ses impacts dans le département. Vendredi dernier, puis dimanche, deux bovins ont été détectés positifs, d’abord à Anthien puis à Saint-Parize le Châtel.
Par Emmanuel Coulombeix
Deux bovins positifs dans la Nièvre
Alors que la campagne de vaccination a débuté lundi 28 septembre dans la Nièvre, pour les broutards immédiatement destinés à l’export, la préfecture a annoncé, coup sur coup, le week-end dernier, la découverte de deux cas de FCO dans le département. Un peu plus tôt, un foyer avait été révélé de l’autre côté du Cher à Cuffy et il n’y a donc pas vraiment de surprise que la maladie de la langue bleue se soit étendue jusqu’ à notre département. «Les choses évoluent très vite, tous les jours et même deux fois par jour» a estimé Éric Bertrand, le président de la Chambre d’agriculture, lundi soir. Du coup, la Nièvre, qui était déjà placée en zones interdite (20 km autour d’un foyer) et de protection (de 20 à 100 km autour), a vu le nombre des communes concernées par les mesures de sauvegarde augmenter. Le préfet, dans un arrêté du 2 octobre puis un autre du 5 octobre, a ainsi placé 163 communes dans deux périmètres d’interdiction (au Nord-Est et au Sud-Ouest du département), les 149 restantes étant toutes en zone de protection. «Les périmètres limitent considérablement les mouvements dans un département fortement exportateur, ce qui oblige à orienter les broutards vers l’engraissement» a concédé Jean-Pierre Condemine, sachant que ses arrêtés viennent compléter ceux du ministre, une fois par semaine, en fonction de l’étendue de la maladie.

Quid du commerce  ?
Si ce sont deux bovins qui ont été avérés positifs, «ils ne montraient aucun signe clinique de la maladie mais les prises de sang ont réagi dans le cadre de notre programme de surveillance en vue de la cartographie sanitaire nationale» a commenté Anne Costaz, la directrice départementale adjointe de la DDCSPP. Depuis la découverte d’un cas dans l’Allier, le 11 septembre, le ministre a décidé de chercher l’évolution de la maladie et a institué un tirage au sort de fermes, par régions, où sont pratiquées des prises de sang sur 30 animaux. Des voix d’éleveurs commencent à s’élever contre «ce penchant très franco-français de laver plus blanc que blanc et de chercher très en profondeur» des signes de matériel génétique infecté. S’agissant d’une maladie, considérée comme contagieuse par l’OIE, mais qui n’a aucun impact sur l’Homme ni aucune conséquence sur la qualité des denrées (lait, viande), d’aucuns souhaiteraient faire évoluer la réglementation afin de la rendre plus souple pour ne pas perturber le commerce, non seulement avec des pays qui ont des exigences sanitaires différentes les uns des autres, mais aussi entre les zones de surveillance et les zones encore sous statut indemne aux quatre coins de la France. Pour autant, le préfet a rappelé que les vaccins alloués à la Nièvre devraient permettre de répondre aux objectifs de relance de l’exportation d’ici la fin de l’année. S’il assure que «nous aurons un regard très attentif sur les éleveurs touchés par la FCO qui rencontreraient des problématiques aggravées de trésorerie» d’ici-là, la sortie de crise semble de plus en plus lointaine pour les professionnels privés de revenus tant espérés.

Lettre des GDS du bassin allaitant au ministre
Si, en zone de protection, il reste un espoir que les animaux puissent sortir au-delà des 31 jours après vaccination, en cas d’accord bipartite avec les pays importateurs (ndlr  : le protocole normal de l’OIE implique 60 jours après le rappel), qu’en est-il pour les animaux situés en zones interdites  ? «C’est bien tout le problème car nous n’en savons rien» réplique Alain Bonnel, le directeur du GDS 58. Son président, Francis Taupin, était le 5 octobre à Montmarault (63), en réunion des GDS du bassin allaitant, au cours de laquelle il a co-signé une lettre au ministre de l’Agriculture l’enjoignant à «permettre la sortie des animaux de ces périmètres d’interdiction pour les échanges et l’exportation, mais aussi pour les zones indemnes en France». Les GDS plaidaient déjà pour l’institution d’une zone unique, même si des producteurs sous statut indemne, tels que les Ardennais, freinent des quatre fers. A cette époque de l’année, l’export est bien souvent la seule source de revenu d’agriculteurs, «dans une situation désespérée», qui n’attendent que de satisfaire la demande du secteur intermédiaire et des ateliers d’engraissement italiens. Ces mêmes Italiens qui chercheraient à se rapprocher de pays producteurs tels que l’Irlande, du fait d’une «pénurie de broutards en France!»   Un comble... D’autant que les opérateurs de ces pays importateurs ne seraient pas si regardants sur l’aspect sanitaire, selon Emmanuel Bernard, le secrétaire général adjoint cercycois de la FNB, et qu’ils seraient même prêts a signer un protocole pour des achats à 31 jours après la 1ère vaccination, mais qui commencent dans le même temps à appuyer sur l’argument du prix. «Nous ne sommes plus trop pressés de signer avec eux, si nous pouvons exporter quelques milliers de broutards ailleurs» a-t-il indiqué lundi soir.