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Service de remplacement

Des sacs remplis d’idées

Le congrès national s’est déroulé les 5, 6 et 7 mai à Dijon. Trois Bourguignons reviennent sur ce rassemblement très constructif.
Par Aurélien Genest
Des sacs remplis d’idées
Alain Joliet (canton de Genlis, 21), Benoît Mouffron (canton de Courson-les-Carrières, 89) et Claude Verrier (canton de Pouilly-en-Auxois, 21) devant le Parc des Expositions.
Trois jours : ça laisse le temps de se poser, réfléchir et échanger un maximum avec ses collègues des autres régions. Alain Joliet, Benoît Mouffron et Claude Verrier, trois des représentants de la Bourgogne à ce congrès, ne diront pas le contraire. [I]«Ce rendez-vous a été très constructif»[i] soulignent-ils à l’unanimité. Les congressistes locaux reviennent sur trois moments-clés : le speed-meeting, une projection sur l’année 2025 et une réflexion sur l’aspect marketing.

[INTER]Rencontres inter-régionales[inter]
[I]«Concernant la partie nommée speed-meeting, les différentes régions présentaient chacune leurs façons de travailler, nous changions tous les quarts d’heure de salle. C’était très intéressant»[i] signale Benoît Mouffron, président du service de remplacement de l’Yonne. [I]«Nous avons discuté avec des personnes venant des régions Franche-Comté, Centre, Midi-Pyrénées, Bretagne et Aquitaine»[i] mentionne Claude Verrier, président du service local Auxois/Morvan. [I]«On se rend compte qu’il y a des secteurs très différents»[i] relève Alain Joliet, président du service local de l’Est de la Côte d’Or, [I]«en Bourgogne, nous avons de petits volumes d’activités. J’étais assis à côté d’une personne venant de la Mayenne, en pleine région d’élevage laitier. Elle avait plus d’adhérents et plus d’activités que moi, alors qu’elle ne gère que cinq communes et moi, huit cantons !»[i].

[INTER]Des idées à mûrir[inter]
Benoît Mouffron retient la diversité des modes de fonctionnements : [I]«il y a plus ou moins de proximité selon les régions et les départements. Dans l’Yonne, la gestion se fait principalement au niveau départemental. Ça peut être effectivement un inconvénient dans certains cas»[i]. Alain Joliet revient sur une idée soulevée et déjà adoptée par la région Centre : [I]«leur service de remplacement fait appel à de jeunes retraités, principalement des chefs d’exploitations. C’est un public qui existe de plus en plus. Faire appel à eux présenterait un double intérêt : cela nous apporterait de la compétence au niveau des remplacements. Pour eux, il y aurait un volet social non négligeable : les chefs d’exploitation qui ont travaillé toute leur carrière ne se sont pas levés très tôt pendant 40 ans pour uniquement pour gagner leur vie : ils aiment l’agriculture et certains ont besoin d’une certaine reconnaissance par le travail»[i]. Pour Claude Verrier, ce type de recrutement pourrait être utile en cas de besoins de remplacements [I]«au pied levé»[i] : [I]«il n’est parfois pas facile de trouver du monde. Là, les agents seraient directement opérationnels. C’est une idée sans doute à mûrir»[i]. Le Côte d’orien retient également les différences d’organisation entre régions : [I]«je ne sais pas si nous devons nous en inspirer, mais certains travaillent à l’heure, alors que nous, on travaille à la journée. Dans certains endroits, c’est le salarié lui-même qui récupère les motifs de remplacement et les divers justificatifs. Il fait même la facture !»[i].

[INTER]Quel service en 2025 ?[inter]
Les congressistes ont été invités à réfléchir sur l’avenir et le mode de fonctionnement de leur service de remplacement en 2025. [I]«Sans être Madame Soleil, nous avons tous émis des hypothèses»[i] informe Alain Joliet, [I]«je pense que les agents seront encore plus spécialisés. Nous devrons adopter d’autres formules de recrutements, les élargir aux secteurs non agricole et être encore plus ouverts. L’idée serait d’offrir un panel de compétences encore plus important qu’aujourd’hui. Des exemples ? Je pense aux domaines de la transformation, à l’aquaculture...»[i]. Pour Claude Verrier, [I]«nous pourrions avoir des appels d’offres venant de l’extérieur qui pourraient, en quelque sorte, nous handicaper et créer une certaine concurrence. A nous d’être encore plus à l’écoute des agriculteurs. Le service de remplacement a fait ses preuves mais doit encore évoluer. Le congrès national nous permet de prendre conscience de ces choses là»[i]. Benoît Mouffron espère quant à lui voir davantage d’agriculteurs faire appel au service de remplacement en 2025 et même avant : [I]«c’est une sécurité et encore beaucoup trop de monde passent à côté. Je pense notamment aux sociétés. Si trois agriculteurs travaillent ensemble et que l’un d’eux, pour une raison ou pour une autre, ne peut pas travailler, il y a forcément un manque. S’ils travaillent à trois, il y a du boulot pour trois»[i].

[INTER]Aspect marketing[inter]
Un intervenant est venu parler de marketing dans les dernières heures de ce congrès. [I]«Il nous a enlevé toutes nos certitudes !»[i] lance Alain Joliet, [I]«si l’on veut vendre notre service, il n’y a pas de mystère selon lui, il faut faire appel à des professionnels qui savent le faire. L’objet de la démarche est bien qu’un maximum d’agriculteurs puissent bénéficier de notre service»[i]. Claude Verrier dresse la même interprétation : [I]«on nous a dit qu’il ne fallait pas avoir peur de se mettre en avant. Les services de remplacement ne le font sans doute pas assez aujourd’hui. C’est peut-être une des raisons pour lesquelles encore beaucoup trop de jeunes ne font pas appel au service de remplacement. Oui, il y a visiblement du travail à faire»[i]. Benoît Mouffron évoquera cette notion de marketing à la prochaine assemblée générale du service de remplacement de l’Yonne, le 5 juin : [I]«je pense la mettre à l’ordre du jour et même évoquer l’éventualité de faire appel à un commercial qui pourrait vendre un peu plus notre service sur le terrain. Pour l’instant, ce n’est qu’une réflexion personnelle, à voir !»[i].