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Assemblée générale du GDS

Des interrogations et des inquiétudes

Rapport d’activités, rapport moral et d’orientation… cette assemblée générale a été placée sous le signe de la réflexion, de la vigilance mais aussi du scepticisme. Retour avec Alain Bonnel, directeur du GDS.
Par Fabienne Desseux
Premier constat, le nombre d’éleveurs-bovins continue à diminuer. «C’est dans l’air du temps» regrette Alain Bonnel. «Les petits élevages ne sont pas remplacés ou absorbés par des élevages plus gros. Lorsque je suis arrivé dans la Nièvre en 1989 il y avait 4.000 élevages» aujourd’hui selon les chiffres du rapport d’activité il n’y en a plus que 1 903 «et dans cinq ans, il y en aura encore moins». Toujours en terme d’élevage, le chiffre des ovins/caprins reste stable mais pas de satisfaction à en tirer, «c’est le même nombre parce qu’on n’arrive pas à en faire de nouveaux. Sûrement par manque d’intérêt».  Et si d’un point de vue purement sanitaire, la situation est jusque-là plutôt bonne, ce fameux «air du temps» fait tousser Alain Bonnel car il risque de compromettre l’équilibre. Pourtant il y a de quoi être satisfait. Ainsi, le nombre de bovins positifs à l’IBR était de 6 900 en 2017 contre 9 588 en 2016 et plus de 12 000 en 2015. Un travail de fond qui commence à payer. Concernant le BVD alors que le programme d’éradication se précise, la question se pose de savoir si le GDS pourra encore bénéficier de soutiens financiers. Comme le précisait Jean-Michel Aucoin, secrétaire général du GDS dans son rapport moral : «En mars dernier, nous apprenions que dans le cadre de la loi Notre, le Conseil régional Bourgogne/Franche-Comté prenait le relais des départements et au final, le GDS de la Nièvre a bien reçu l’aide financière de 100 000 euros, pour participation aux analyses de prophylaxies. Pour cette nouvelle campagne, nous avons l’assurance de la poursuite du soutien du Conseil régional ! A quelle hauteur ? Rien n’est défini aujourd’hui au sujet du montant de l’aide qui sera attribuée pour 2017/18 au GDS». Alain Bonnel ajoute à ce sujet : «aucune aide n’est prévu pour la suite». Et plus globalement, de souligner «il y a moins d’aides, il va falloir se poser des questions... Mais c’est un choix de société, c’est comme ça» puis d’ironiser : «C’est la période, j’ai fait une lettre au père Noël, mais j’y crois plus». Concernant le BVD, Francis Taupin, président du GDS, avait d’ailleurs expliqué dans son rapport d’orientation que «la prophylaxie BVD qui nous est annoncée aura un coût important. Il faut envisager un budget estimé à environ 10 euros par veau et par an pour les trois premières années de cette prophylaxie. Il faudra donc s’y préparer (techniquement et financièrement) mais aussi et surtout obtenir l’accord et le soutien de l’ensemble du monde de l’élevage. Sans cela, l’efficacité du plan ne sera pas au rendez-vous». Lorsqu’on aborde la question du FCO qui est sur toutes les lèvres, Alain Bonnel ne peut que constater que «ça se rapproche. La suite va dépendre de la situation réelle autour». Francis Taupin précise dans le rapport que : «Une fois de plus, elle va perturber l’équilibre des cours, et compliquer le fonctionnement des exploitations en zone réglementée. Si, après les périodes d’investigation et de gestion, il s’avérait que l’origine de la contamination soit frauduleuse, je proposerais au conseil d’administration que le GDS 58 se porte au moins partie civile dans cette affaire. Il n’est pas acceptable que la collectivité subisse les conséquences d’agissements irresponsables. Il faudra aussi réfléchir à l’après-crise et envisager de faire évoluer en lien avec l’administration, la réglementation et la gestion de ce sérotype mais aussi la gestion d’autres sérotypes encore inconnus sur notre territoire à ce jour».

Préserver et développer les actions mutualistes
Plus épineuse peut-être, la question de la besnoitiose bovine, maladie émergente qui remonte dans le territoire. Endémique dans le sud-ouest, elle s’étend et est déjà présente en Saône-et-Loire depuis plusieurs années. Mais on vient de découvrir deux foyers dans la Nièvre. Comme l’a expliqué Francis Taupin, c’est «une maladie vectorielle de plus. Le mutualisme, qu’on a tendance à oublier quand tout va bien sanitairement, sera à nouveau d’actualité et aidera les éleveurs concernés à passer ce cap». Une vigilance accrue devra être de mise pour les éleveurs car les moyens de lutte sont limités, les animaux porteurs restant source de contamination. Et vivre avec la maladie, a un coût non négligeable, la reforme étant parfois la meilleure option. Et lorsque l’on parle dépistage et analyse, on ne peut que parler laboratoire. Durant l’assemblée générale, Francis Taupin a expliqué cette fois que : «Comme la plupart d’entre vous, j’ai pris connaissance de l’information parue dans le Journal du Centre concernant le financement et le fonctionnement du Laboratoire Départemental de la Nièvre. Je tiens à dire que le GDS n’acceptera pas de laisser ses adhérents payer les pots cassés, quitte à faire réaliser nos analyses par un autre laboratoire. Je demanderai à rencontrer les responsables du Conseil départemental pour obtenir des garanties sur les tarifs qui seront pratiqués lors des prochaines campagnes».  En effet, lors de la dernière session du Conseil, le cas du Laboratoire Départemental a soulevé problème. En cause, la subvention d’équilibre du budget annexe (300 000 euros) qui doit compenser un niveau de recette «génétique» qui ne sera pas atteint. Une subvention remise en cause par une partie de l’opposition. Côté GDS, on annonce déjà vouloir rencontrer les responsables du Conseil départemental afin d’obtenir des garanties sur les tarifs pratiqués lors de prochaines campagnes.  De manière plus générale, quand on évoque le GDS, Alain Bonnel regrette l’image biaisée que peuvent en avoir les adhérents : «On nous amalgame à l’administration car on nous donne des missions. Mais l’action mutualiste est la vocation du GDS». Une pensée développée par Jean-Pierre Aucoin lors de l’assemblée générale : «Je me suis rendu compte (que certains) pensent que le GDS, c’est l’Administration. J’ai essayé de leur expliquer que notre Groupement, ce n’est pas que ça, mais voilà l’image que bien des éleveurs retiennent de notre GDS. Ceci est une des conséquences de la nouvelle gouvernance mise en place à l’issue des Etats Généraux du Sanitaire en 2010 ; d’autant plus que depuis deux ans, il nous est demandé d’être accrédité Cofrac au sein de l’OVS (notre fédération régionale) à qui l’État délègue la gestion des prophylaxies bovines et des introductions, et confie la gestion de la lutte contre l’IBR (…) Il parait difficile de revenir sur les choix faits au niveau national, par GDS France et donc il faut essayer de rester à la hauteur (...) Je pense qu’il faut préserver, voire développer les actions mutualistes de notre Groupement. C’est dans le but de défendre les intérêts des éleveurs que les GDS ont été créés il y a plus de soixante ans ; bien sûr, les choses ont changé depuis 1950 mais l’esprit mutualiste qui caractérise les GDS depuis leur création demeure. Il faut le rappeler à nos adhérents et je compte sur vous tous pour le faire».