Mesures MAEC
«Des exploitations vont tomber»
Une trentaine d’agriculteurs ont rencontré, ce mardi 2 mai à Brassy, Jean-Philippe Caumont, directeur du Parc naturel régional du Morvan et le président du Parc Patrice Joly. L’occasion pour eux de faire remonter leurs inquiétudes, notamment concernant les MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques).
«Si on vient te prendre en photo chez toi alors que tu travailles, je ne suis pas sûr que ça te plaise !». Ce mardi 3 mai en fin d’après-midi, sur la commune de Brassy dans le canton de Montsauche, le ton est donné. Réunis à l’entrée du bourg, en bordure de terrain agricole, une trentaine d’agriculteurs prennent à parti Jean-Philippe Caumont, directeur du Parc et le président, Patrice Joly. À l’origine de cette rencontre, une méprise au sujet dudit terrain agricole en bordure de route. Il y a deux semaines environ, Julien Bouché, éleveur à Brassy, y était pris en photo en plein défrichage par Pascal Fichot, un exploitant agricole en contrat de prestation de services avec le Parc. Ce dernier se plaignant du travail de l’agriculteur, accusé de détruire le paysage et d’empêcher la nidification des oiseaux. Dans un contexte économique déjà marqué par la crise, il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. «J’ai acquis ce terrain il y a un an et demi, explique Julien Bouché, afin d’y faire paître mes vaches. Il a donc fallu que j’assainisse le champ afin d’y laisser pousser l’herbe. J’étais avec Frédéric Bobin quand un homme a débarqué, me reprochant de couper et de nettoyer. Je lui ai dis que j’étais chez moi et que je faisais ce que je voulais ! C’est inadmissible que l’on vienne nous embêter lorsqu’on travaille... On a autre chose à faire que de régler des comptes» Devant Jean-Philippe Caumont et Patrice Joly, l’éleveur ne décolère pas. À ses côtés, d’autres agriculteurs font entendre leur voix. Les responsables du Parc se défendent. «La situation est certainement due à une méprise car le Parc n’a rien à voir avec ça et pour nous il n’y a aucun problème», affirme Patrice Joly. Le président se dit même «plutôt satisfait qu’il y ait une réouverture de parcelle agricole, surtout à l’entrée d’un village.» Une satisfaction que partage le directeur du Parc Jean-Philippe Caumont : «Nous connaissons bien cette parcelle et cela ne nous pose aucun problème qu’il y ait des travaux agricoles. Au contraire, cela donne une image plutôt positive du bourg.» Affirmant que le Parc souhaitait «entretenir un dialogue permanent avec les agriculteurs», les responsables ont suivi les éleveurs dans la salle des fêtes afin de recueillir leurs doléances. L’affaire de la photo volée n’étant que l’arbre qui cache la forêt, pour des agriculteurs avant tout inquiets pour la santé de leurs exploitations.
Inquiétude au sujet des MAEC
À l’intérieur de la salle des fêtes, le ton monte vite. C’est au tour des MAEC de passer sur le grill avec en ligne de mire : le rejet d’une cinquantaine de dossiers pourtant recevables, parmi les 430 déposés il y a deux ans. «Que répondez-vous aux agriculteurs qui ont souscrit à ces aides il y a deux ans et qui aujourd’hui reçoivent un courrier leur notifiant qu’ils n’y ont pas droit et qu’en plus, ils doivent rembourser une partie de la somme ?» interroge un agriculteur. «Un Parc doit travailler à son développement local», répond Patrice Joly. «Et nous nous sommes battus pour que l’enveloppe du Parc qui était de 7, 8 M€ passe à 20M. Nous avons obtenu 14M€, donc le territoire est mieux doté que par le passé, soyez-en convaincus. Mais nous avons reçu un nombre de dossiers très importants et des priorités ont dû être mises en œuvre. Aujourd’hui une cinquantaine d’exploitations ne sont pas retenues mais nous sommes intervenus dès maintenant pour que le délai d’instruction de deux ans soit pris en compte par la Région et l’Europe et que les avances ne soient pas reprises.»
Pour les agriculteurs concernés, ces réponses négatives données à une cinquantaine d’exploitations du Morvan, à priori éligibles aux MAEC, sont néanmoins lourdes de conséquences. Pour le moral comme pour la trésorerie. «Il y a des exploitations qui vont tomber, assure un exploitant. Moi j’avais anticipé il y a deux ans et ce n’est pas normal que certains dossiers aboutissent et pas d’autres.» Si le Parc a saisi le ministère de l’Agriculture afin que les avances ne soient pas réclamées, il n’en demeure pas moins seulement un «opérateur» dans l’histoire.
Lui-même soumis au cahier des charges très strict auquel sont soumises ces aides environnementales. Patrice Joly et Jean-Philippe Caumont se disent impuissants face au désarroi des agriculteurs.
Inquiétude au sujet des MAEC
À l’intérieur de la salle des fêtes, le ton monte vite. C’est au tour des MAEC de passer sur le grill avec en ligne de mire : le rejet d’une cinquantaine de dossiers pourtant recevables, parmi les 430 déposés il y a deux ans. «Que répondez-vous aux agriculteurs qui ont souscrit à ces aides il y a deux ans et qui aujourd’hui reçoivent un courrier leur notifiant qu’ils n’y ont pas droit et qu’en plus, ils doivent rembourser une partie de la somme ?» interroge un agriculteur. «Un Parc doit travailler à son développement local», répond Patrice Joly. «Et nous nous sommes battus pour que l’enveloppe du Parc qui était de 7, 8 M€ passe à 20M. Nous avons obtenu 14M€, donc le territoire est mieux doté que par le passé, soyez-en convaincus. Mais nous avons reçu un nombre de dossiers très importants et des priorités ont dû être mises en œuvre. Aujourd’hui une cinquantaine d’exploitations ne sont pas retenues mais nous sommes intervenus dès maintenant pour que le délai d’instruction de deux ans soit pris en compte par la Région et l’Europe et que les avances ne soient pas reprises.»
Pour les agriculteurs concernés, ces réponses négatives données à une cinquantaine d’exploitations du Morvan, à priori éligibles aux MAEC, sont néanmoins lourdes de conséquences. Pour le moral comme pour la trésorerie. «Il y a des exploitations qui vont tomber, assure un exploitant. Moi j’avais anticipé il y a deux ans et ce n’est pas normal que certains dossiers aboutissent et pas d’autres.» Si le Parc a saisi le ministère de l’Agriculture afin que les avances ne soient pas réclamées, il n’en demeure pas moins seulement un «opérateur» dans l’histoire.
Lui-même soumis au cahier des charges très strict auquel sont soumises ces aides environnementales. Patrice Joly et Jean-Philippe Caumont se disent impuissants face au désarroi des agriculteurs.
«On me demande de rembourser 8000€ !»
Martial Beaudequin, éleveur à Gacogne, fait partie des 50 dossiers MAEC rejetés dans le Morvan. «J’ai souscrit à ces aides il y a deux ans parce qu’on me les avaient promis, en me disant que ces mesures étaient faites pour nous. J’ai monté un dossier, participé à une formation d’un jour à Lormes, formation qui m’a coûté 50€. Je rentre dans le cahier des charges et corresponds aux critères : chargement peu élevé, quasiment pas d’engrais, et les fameuses petites fleurs sur mon exploitation. Seulement voilà, l’enveloppe n’est pas assez grosse donc il y a un ordre de priorité pour les jeunes agriculteurs, les Natura 2000, Bibract, et je ne figure pas dedans. Donc j’ai reçu un courrier de la DDT il y a un mois, pour me dire que je n’aurai aucune aide et que je devais rembourser l’avance de 8000€ qui m’a été faite l’année dernière. Pour moi c’est ahurissant ! Ce qu’on veut ce sont des mesures pour tout le monde ou rien du tout. Il faut baisser les plafonds afin que tout le monde y ait droit, ou au moins qu’on ne nous demande pas de rembourser ! Cela met nos exploitations en péril.»