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Sécheresse

Des éleveurs en attente d’une réponse formelle de l’État

La FDSEA et les JA 58 ont organisé lundi 1er octobre à la salle des fêtes de Brinay une réunion d’information sur la sécheresse et les divers dispositifs mobilisés pour répondre aux difficultés. Une soirée qui a permis d’entrevoir des solutions de sortie de crise. Morceaux choisis.
Par Théophile Mercier
Des éleveurs en attente d’une réponse  formelle de l’État
Une centaine de personnes est venue à cette réunion sur la sécheresse
Beaucoup de monde ce lundi soir dans la salle des fêtes de Brinay. Les éleveurs du département sont venus en nombre chercher des réponses ou du moins des solutions à une situation de sécheresse qui devient critique. Parmi les OPA présentes on peut citer le Crédit Agricole, les Cuma, et Axéréal. À noter également la présence du député de la deuxième circonscription de la Nièvre, Patrice Perrot. L’objectif de cette soirée était de présenter les dispositifs disponibles pour la prise en charge de ce nouvel aléa climatique. À ce jour l’objectif pour la profession c’est avant tout d’obtenir la reconnaissance du territoire au titre des calamités. Pour être éligible, il faut un seuil de perte minimal de 30 % de la pousse annuelle. Dans le détail, du 1er avril au 1er juillet, il faut que cette perte soit équivalente à 65 % et 35 % du 30 septembre au 1er novembre.

Une procédure modifiée
Depuis le 5 septembre, la FDSEA a fait la demande pour déclencher la procédure des calamités. Cette dernière a subi récemment des modifications. Désormais, l’échantillonnage et les bilans fourragers sont pilotés par la DRAAF et non plus par les Chambres d’Agriculture. Des experts indépendants non nivernais vont donc être nommés pour réaliser trente bilans. Les zones d’enquêtes sont définies par le Comité Départementale d’Expertise. «Nous avons une inquiétude sur la nature des résultats» a annoncé Céline Gay, membre du service Économie Agricole à la DDT. «Il faut savoir que le taux de perte sera généralisé à l’ensemble du département» a-t-elle poursuivi. «D’où viennent les experts, et quel intérêt de faire appel à des gens qui ne connaissent pas le territoire ?» s’est étonné de son côté Éric Bertrand, président de la Chambre d’agriculture. «Peut-on faire l’économie de ces trente visites ?» a demandé Stéphane Aurousseau de la FDSEA, avant de poursuivre «La situation étant homogène dans le département, je ne vois pas l’intérêt d’un zonage» a t-il poursuivit. La question du financement de ces experts a également été soulevée dans la salle.

Des mesures fiscales et sociales
Pour la FDSEA, la priorité est de protéger les agriculteurs. C’est la raison pour laquelle, des mesures fiscales ont été demandées, notamment le dégrèvement de la Taxe Foncière sur les Propriétés Non Bâties (TFNB), a minima dans le prolongement d’une reconnaissance calamité. Deuxième préoccupation elle se situe au niveau des remises gracieuses que la profession voudrait voir activer après le passage de dégrèvement sous l’angle des impôts. Enfin, des dossiers de TFNB de 2015 n’ont pas été traités, «un enjeu d’environ 85 000 euros» a estimé Stéphane Lafranchise, directeur de la FDSEA. Sur le volet social, pour le moment rien ne vient du côté du ministère en ce qui concerne la prise en charge des cotisations sociales. Actuellement des mesures spécifiques pour les viticulteurs et apiculteurs sont accessibles auprès de la MSA mais également une enveloppe de 210 000 €.

Des OPA mobilisés sur le sujet
Parmi les interventions des OPA partenaires de cette soirée, on peut retenir celle du Crédit Agricole qui propose dans un premier temps du cas par cas avec ses clients. Dominique Thibault, le président du Crédit Agricole Centre Loire a aussi envisagé la création d’un nouveau prêt d’investissement à destination des éleveurs afin que ces derniers puissent reconstituer du stock de précaution entre 6 mois à 1 an. La solution de la Cuma a également retenu l’attention. Elle propose de remplacer la paille par des plaquettes de bois. Hervé Mouron a avancé le chiffre de 35 euros/t, et a estimé qu’il fallait 4 m3 de matière sèche pour faire une tonne. Un bon compromis, d’autant qu’il est possible de mettre toutes essences de bois et que 10 cm d’épaisseur suffisent en stabulation la première année.
De bonnes idées mais qui sont encore loin de rassurer le monde agricole. De son côté, le syndicalisme FDSEA/JA est pleinement mobilisé.