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Sicafome

Des contrôles fort mal venus

Mardi dernier, 30 septembre, à la Sicafome, était un jour de marché des plus ordinaires. Sauf que le parking du cadran a reçu la visite d’agents de la Dreal Bourgogne, entourés de deux motards de la douane volante, venus contrôler les disques des bétaillères. Ambiance...

Par Emmanuel Coulombeix

8h15, mardi dernier. Trois agents de la DREAL Bourgogne (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et deux motards de la douane volante entrent sur le parking du marché au cadran de Moulins-Engilbert. 

 

Les enchères battent leur plein mais les fonctionnaires engagent leur travail de contrôle des chronotachygraphes, ces disques aussi appelés «mouchards» dont la loi impose qu’ils équipent tous les poids lourds, afin de mesurer notamment la durée de circulation des chauffeurs. Très vite, l’information remonte aux adhérents du marché dans les salles de vente et la tension monte aussitôt d’un cran. Tant est si bien que les enchères seront suspendues quelques minutes plus tard et que les usagers de la Sicafome descendront sur le parking exprimer leur mécontentement aux fonctionnaires en mission. 

 

Sous le pression, les 5 agents mettront un terme à leur contrôle vers 10h, non sans avoir verbalisé certains camions. «Nous avons réussi à faire annuler les PV. Le maire de Moulins-Engilbert en a eu la confirmation auprès du sous-préfet de Château-Chinon» expliquait Bernard Gauthier, le président de la Sicafome, vers 11h30, alors que les opérations de vente avaient repris depuis une heure.

Pour le responsable du cadran, cette visite inopinée de l’administration révèle une vraie «bêtise humaine qui consiste à provoquer la révolution quand le contexte économique est déjà si difficile. Contrôler des gens sur leur lieu de travail, çà ne les aide pas à travailler, alors que le commerce n’est déjà pas favorable. Ce matin, les prix du kg de broutard tournaient autour de 2,40 euros et nous avons dû en plus ajouter des tensions supplémentaires à un climat largement déprimé» a-t-il témoigné.

 

Le ton est monté avec les contrôleurs, «à tel point que nous avons réussi à les faire partir, mais il n’y a pas eu d’échauffourées parce que nous avons réussi à rester des hommes raisonnables et humains». Toujours est-il que ce nouvel épisode des relations tendues entre l’administration et la profession agricole ne va pas apaiser le climat. Même si l’on comprend ici que la loi, en matière de transports, s’applique à tous de la même façon.