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Bassins d’alimentation de captage de Clamecy

Des carottages pour mesurer l’azote

Les 28, 29 et 30 octobre derniers, des prélèvements d’échantillons de terres ont été réalisés dans les BAC Grenelle autour de Clamecy, sous la responsabilité de la cellule agro-environnement de la mairie de Clamecy. 73 opérations de carottages ont concerné les parcelles de 22 agriculteurs sur les bassins de Dornecy, Surgy et La Fontainerie.
Par Emmanuel Coulombeix
Des carottages pour mesurer l’azote
Le préleveur utilise un quad équipé d’un GPS et d’un système de carottage pour récupérer dans les parcelles jusqu’à 3 échantillons d’horizons différents.
Ce vendredi matin, Lison Delsalle emballe précautionneusement trois échantillons d’horizons différents (sachets bleus de 0 à 30 cm de profondeur, blancs de 30 à 60 cm et rouges de 60 à 90 cm) dans une enveloppe plastique, accompagnée d’un bon de commande, qui va rejoindre la glacière avant l’envoi de tous les prélèvements de terre vers le laboratoire. Elle est l’animatrice agro-environnement de la mairie de Clamecy, c’est-à-dire qu’elle s’occupe des bassins d’alimentation de captage (Bac), issus du Grenelle de l’environnement, autour de Clamecy. A ce titre, elle s’est entourée d’un préleveur d’analyses agricoles, Cédric Geoffroy, de la société drômoise Ciblagri, équipé d’un quad et d’un outil de carottage, qui s’enfonce dans la terre, au gré des coordonnées fixées préalablement sur un GPS. Ce sont ainsi 73 prélèvements de terre qui ont été réalisés, la semaine dernière, sur trois jours, dans les BAC de Dornecy, Surgy et La Fontainerie. Les 22 agriculteurs concernés ont tous été prévenus et ont donné leur accord, quelques jours avant, même s’ils n’assistaient pas physiquement aux prélèvements sur leurs parcelles. L’opération, qui consiste à réaliser des Reliquats entrée hiver (REH), puis, plus habituellement, en février-mars prochains, permettra de comparer les quantités d’azote présentes dans les sols, avant et après la période de recharge des nappes phréatiques. Les 5 Bac autour de Clamecy -on le sait- sont sensibles à la présence de nitrates et, depuis plusieurs années, des mesures de contrôle et de maîtrise ont été décidées par les 5 opérateurs   : les mairies de Clamecy, Dornecy et Brinon-sur-Beuvron et les Siaep (syndicats des eaux) des Vaux de Beuvron et Surgy-Pommeaux. «La qualité de l’eau, mesurée par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et l’ARS, autour de Clamecy, laisse apparaître des taux de 40 mg/l de nitrates, ce qui est en dessous-de la norme de 50 mg/l mais reste encore une valeur élevée. L’objectif est d’atteindre les 37,5 mg/l le plus rapidement possible, sachant que c’était déjà un objectif initialement prévu pour 2015» justifie Lison Delsalle.

Campagne sur 3 ans et modélisation
Cette campagne de reliquats azotés a donc été décidée par les élus, en partenariat avec la Chambre d’agriculture de la Nièvre, et subventionnée par l’Agence de l’eau Seine-Normandie. «Elle permettra d’acquérir des connaissances de fonctionnement des sols de nos Bac et de sensibiliser les agriculteurs à la problématique nitrates», selon l’animatrice. Les dits agriculteurs n’ont pas rechigné : d’abord parce que les prélèvements sont gratuits pour eux, ensuite parce qu’ils considèrent que tout ce qui permet d’optimiser leurs coûts de fertilisation est bon à prendre financièrement. On n’en est pas encore là. «Il s’agit d’une expérimentation qui va se dérouler sur trois ans, dont la Chambre d’agriculture déduira une modélisation, afin de voir les quantités réelles d’azote dans les différents endroits sensibles de ces trois bassins d’alimentation de captage. C’est la somme de données en entrée et en sortie de l’hiver, trois ans de suite, qui permettra de déterminer l’azote potentiellement lixiviable, c’est-à-dire à quel moment du lessivage, les excédents partent dans les sous-sols puis dans les nappes». A plus long terme, la campagne aura des visées pédagogiques pour affiner au plus près des réalités de chacun, le fonctionnement du sol dans les parcelles. Et donc, peut-être, optimiser et améliorer les fertilisations, au plus près des besoins des agriculteurs et des capacités naturelles des terres. En fonction de l’azote non capté ou de l’azote naturel minéralisé à l’automne. Avec toujours à l’esprit, l’amélioration de la qualité des eaux...