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Foire aux taureaux reproducteurs de Luzy

Des animaux bien en chair

La Foire aux taureaux reproducteurs de 2 ans de Luzy s’est tenu sous la Grande Halle, vendredi 26 février. De l’avis des observateurs habitués de l’événement, les animaux présentés étaient plus conformés que les années précédentes...
Par Emmanuel Coulombeix
Des animaux bien en chair
La foire aux taureaux de deux ans a eu lieu, vendredi dernier, sous la Grande Halle de Luzy et sous les commentaires admiratifs des habitués de ce rendez-vous incontournable.
Malgré le soleil et en dépit du froid glacial de ce vendredi matin, la Foire aux taureaux de 2 ans de Luzy s’est bien tenue à la Grande Halle, en présence de 32 animaux apportés par 8 éleveurs de Ternant à Luzy et de Chiddes à Toulon-sur-Arroux (71). Jusqu’en milieu d’après-midi, les curieux et les éleveurs se sont succédés autour des travées, pour admirer et évaluer les qualités de ces jeunes taureaux. Si l’ambiance est morose, dans les campagnes, en raison des crises économique, sanitaire et climatique que vient de connaître le département, et que la proximité de l’ouverture du Salon de Paris n’apportait qu’un modeste réconfort, les organisateurs fidèles du Comité des foires-concours de Luzy ont enregistré des commentaires très positifs sur les specimen charolais exposés ici. Selon un éleveur en retraite de la voisine Saône-et-Loire, Jean-Paul Berger, mais toujours actif dès lors qu’il s’agit de défendre sa race préférée, «il y a longtemps que je n’avais pas vu des veaux avec de la viande à ce point-là  ! On en a vu des planches à Paris, parce qu’il faut absolument que les charolaises fassent des vêlages faciles... Mais là, il y a de la viande  ! Le VF est une tendance qui séduit les éleveurs, surtout les plus jeunes qui cherchent un confort de travail. Sauf que ces éleveurs ont vu qu’au bout de trois ans, ces charolais à vêlages faciles, on voit bien qu’ils ne se vendent ni à Cournon ni ailleurs  ! Les éleveurs ont compris qu’il fallait remettre du muscle» a-t-il témoigné, un brin provocateur. Et, de fait, les animaux présents vendredi dernier à Luzy étaient effectivement bien conformés selon les critères traditionnels de la race et faisaient l’admiration des professionnels venus les toiser...

Saillie de 10 vaches maximum au début
Cette foire de Luzy, qui d’habitude avait lieu un mois plus tard, a été avancée cette année. C’est l’un des plus anciens rendez-vous de ce type dans la Nièvre puisqu’elle remonte aux années 60. Jean-Paul Berger regrette simplement que «40 ans après que mon père soient venus acheter des bêtes haut-de-gamme ici, les prix soient les mêmes... Il y a bien des vaches qui s’achètent 1500 euros, aujourd’hui, mais pas tous les jours  ! A l’époque, mon père était négociant et passait les bêtes vers l’abattoir de Cholet (49) qui fournissaient les restaurants gastronomiques de Loire-Atlantique... Aujourd’hui, ces mêmes bêtes de très bonne qualité ne sont pas valorisées!». Un point de vue confirmé par Jean Gonneau, un éleveur de Luzy en retraite mais qui est aussi un des piliers du Comité des foires-concours depuis 43 ans: «Des bêtes bien conformées, ce sont en effet souvent des frais en plus, parce qu’il peut y avoir jusqu’à 14-15 césariennes, mais en contrepartie, ce sont des très beaux veaux… Aujourd’hui, hélas, les jeunes délaissent la surveillance!». Pour autant, les taureaux de deux ans présentés vendredi dernier devront se restreindre, au début, dans leur activité reproductrice. «Au début, à deux ans, ils ne peuvent saillir qu’une dizaine de vaches mais pas plus. Ils risqueraient de se casser une patte s’ils étaient plus sollicités» indique, en expert, M. Gonneau.