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Cultures d'€™hiver

Dégâts de gel : quelle attitude tenir ?

Face à une situation préoccupante, il est important de réaliser un diagnostic sur les parcelles touchées puis d'€™étudier les différentes alternatives avant d'€™envisager une culture de remplacement.
Par Chambres d'€™Agriculture de Côte d'€™Or, Nièvre et Yonne
Dégâts de gel : quelle attitude tenir ?
Le froid des dernières semaines a laissé des nécroses plus ou moins prononcées sur plusieurs cultures.
Le froid des semaines passées a provoqué des nécroses plus ou moins prononcées sur plusieurs cultures. Les symptômes sont apparus sur les céréales à partir du vendredi 10 février alors que le froid était installé depuis plus d'€™une semaine. On peut d'€™ores et déjà penser que les orges de printemps semées d'€™automne, les blés durs, la moutarde brune, l'€™avoine d'€™hiver, seront très atteints ainsi qu'€™une forte proportion des pois d'€™hiver. La préoccupation se porte sur les céréales d'€™hiver : ce sont les parcelles qui étaient les plus avancées qui ont le plus souffert avec un effet variétal important (Estérel, Alixan, Altigo sont par exemple 3 variétés qui sont très touchées).
Concernant les colzas, ce sont ceux qui présentaient une forte élongation automnale qui ont souffert; néanmoins les dégâts ne devraient pas conduire à réimplanter une nouvelle culture.

[INTER]à‰tablir un diagnostic[inter]
Etablir un diagnostic en rentrant des plantes dans une pièce éclairée et à une température supérieure à 15°C afin de connaître rapidement la viabilité des pieds (méthode détaillée sur le site www.arvalis-infos.fr). Ce diagnostic doit être étayé par une observation précise quotidienne des parcelles pour suivre leur évolution. C'€™est l'€™étape la plus importante et la plus délicate. S'€™il reste plus de 5 pieds/m2 en colza et plus de 120 pieds/m2 en céréales, il n'€™est pas conseillé de remplacer la culture en place, même si son rendement est amputé.
Le diagnostic est délicat, car parfois certains pieds sont partiellement détruits et fragilisés, en cas de nouvelles gelées ou d'€™une période d'€™alternance gel-dégel, ils peuvent subir de nouvelles nécroses pouvant aller jusqu'€™à leur perte.

[INTER]à‰léments à prendre en compte pour l'€™implantation d'€™une nouvelle culture :[inter]
- La rémanence des herbicides qui peut limiter fortement le choix de la culture de remplacement. (en cas de ressemis, le recours au labour peut s'€™avérer indispensable si certains herbicides ont été utilisés)
- La disponibilité des semences et leur coût. Dans ce contexte, il est conseillé aux agriculteurs de conserver s'€™ils en détiennent, leurs stocks d'€™orge de printemps ou de variétés de blés alternatives (Palédor, Cézanne, Galopain voire Orvantis) ou du pois
- Le potentiel de la culture de remplacement, au regard des caractéristiques agronomiques des terres concernées
- La disponibilité en temps et climatique pour réaliser une nouvelle implantation
- La possibilité de déclencher l'€™assurance récolte pour ceux qui l'€™ont souscrite
- La nécessité d'€™honorer des contrats de vente
- Le respect du cahier des charges de la MAE rotationnelle
Pour faciliter la prise de décision, il est intéressant de réaliser un budget partiel dont voici un exemple : parcelle d'€™Alixan en Puisaye non désherbée à l'€™automne.

[G]Première alternative :[g] [I]«je laisse en place mon blé»[i].
Rendement espéré : 40 q/ha à 180 €/t soit un produit de 720 €.
Dépenses à engager : 100 unités d'€™azote (100€), 50 € d'€™herbicide, 30 € de fongicide soit 180 € de charges opérationnelles.
Il me reste 540 €/ha auxquels viendra certainement s'€™ajouter une indemnité pour perte de récolte si j'€™ai souscrit une assurance aléas climatiques.

[G]Deuxième alternative :[g] [I]«je décide de ressemer avec des pois de printemps que j'€™ai en stock»[i].
Rendement espéré : 30 q/ha à 200 €/t et une aide couplée de 100 €/ha, soit un produit de 700 €.
Dépenses à engager : 60 € de semence de ferme non traitée, 60 € d'€™herbicide, 10 € d'€™insecticide, 20 € de fongicide soit 150 € de charges opérationnelles.
Il me reste 550 €/ha.
NB: dans ce cas de figure, les frais de ressemis de la culture peuvent être pris en charge par l'€™assurance aléas climatiques.
En 2003, beaucoup de parcelles ont été ressemées. L'€™orge de printemps est venue en remplacement de l'€™escourgeon et du blé d'€™hiver alternatif a été semé à la place des blés. Les rendements des blés semés en février ont été compris entre 20 et 30 q/ha dans les sols superficiels et proches de 50 q/ha dans les terres profondes. Les rendements en orge de printemps étaient sensiblement meilleurs, surtout dans les sols superficiels. L'€™année 2003 s'€™est caractérisée par un épisode sec et chaud au mois de juin qui a fortement pénalisé ces deux cultures. Que se passera-t-il en 2012 ?

Penser aux contrats (quantité de récolte déjà engagée, MAE rotationnelle...)
Les dégâts de gel peuvent mettre en difficulté l'€™exploitant pour honorer les contrats de vente déjà engagés. Dans ce cas, il est nécessaire de se rapprocher de son organisme stockeur pour connaître les conséquences.
Concernant ceux qui ont signé une MAE rotationnelle, des difficultés peuvent apparaître pour respecter le cahier des charges, notamment le fait que la somme des trois cultures majoritaires ne doit pas dépasser plus de 90% de la surface contractualisée.
Cette difficulté est réelle lorsque la 4ème culture a totalement gelé (pois d'€™hiver, avoine d'€™hiver, moutarde brune), ou lorsque dans un assolement prévisionnel composé de colza, blé, orge d'€™hiver et orge de printemps, l'€™escourgeon est totalement détruit. Dans ce dernier cas, si l'€™escourgeon est remplacé par de l'€™orge de printemps, le cahier des charges n'€™est plus respecté. L'€™agriculteur doit déclarer cet accident de culture à la DDT et ne devrait pas percevoir l'€™aide rotationnelle cette année.

[INTER]Assurance aléas climatiques : réalisez sans tarder votre déclaration de sinistre[inter]
Pour ceux qui ont contractualisé ce type d'€™assurance, nous vous conseillons de relire les termes de votre contrat et de déclarer sans tarder votre sinistre si vous envisagez de ressemer car un expert devra venir constater et estimer les dégâts avant le ressemis.
Deux cas de figure peuvent être envisagés. Soit, vous décidez de ressemer, dans ce cas, vous pouvez prétendre à une indemnisation correspondant aux frais d'€™implantation de la nouvelle culture. Soit vous décidez de laisser en place, dans ce cas, vous pourrez, selon le rendement obtenu, toucher une indemnité sur la perte de rendement, mais avec une franchise de 25%.