Agro-écologie
Décollage immédiat
Lancée au moment du Sia 2014 et bénéficiant désormais d’une loi pour l’encadrer, l’agro-écologie devrait prendre son essor en 2015.
Début 2014, le ministère de l’Agriculture lançait officiellement l’idée d’agro-écologie. L’an passé a servi à construire le projet et à rédiger une loi, dite d’avenir, tout juste promulguée en ce début d’année 2015. Où en est-on ?
Stéphane Le Foll a répondu à cette question le 30 janvier lors d’un après-midi entièrement consacré au sujet. Il a d’abord rappelé que le «cap» était d’avoir «la majorité des exploitations engagées dans l’agro-écologie d’ici 2025» avant de poursuivre sur les premières initiatives de 2013 puis «la construction d’un projet global avec 16 chantiers et plus de 80 actions en 2014». D’où cette notion d’An I en 2015, avec sept plans contributeurs à cette démarche qui se veut non figée et évolutive : Écophyto, Éco-antibio, semences et agriculture durable, développement durable de l’apiculture, énergie/méthanisation/autonomie/azote, ambition bio 2017 et protéines végétales.
Déjà fait
Même si tout débute vraiment aujourd’hui, un certain nombre de réalisations ont déjà eu lieu dans sept domaines. Au premier rang, des actions ont été menées au niveau des programmes de l’enseignement agricole (rénovation du BTS-ACSE et BTS-Darc par exemple) avec des démonstrations, expérimentations et de la pédagogie dans 190 exploitations des lycées agricoles publics. Ensuite, au niveau des exploitants, l’utilisation du Casdar a été réorienté.
Des appels à projets pour la mobilisation collective et volontaire dans les territoires ont été lancés et, côté soutien financier, un guide des aides mobilisables Feader/agro-écologie et un guide des aides pour les GIEE ont été conçus. Dans le même domaine, on a mis en place une aide couplée protéines végétales et une augmentation des aides pour l’agriculture biologique. L’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation ont été mobilisés : implication des établissements, de l’Inra, de l’Irstea et du Cirad. Un suivi du projet agro-écologique a été mis en place (comité national et rapport annuel) alors qu’une certaine promotion à l’international a aussi débuté : symposium à la FAO en septembre 2014 et projets de coopération.
Des choses à faire
La demi-journée a été aussi l’occasion de mettre sur la table ce qui était encore dans les cartons et à réaliser, notamment au cours des douze mois à venir. Côté enseignement agricole, la rentrée 2015 verra la rénovation du CAPA et la rentrée 2016 la rénovation du Bac professionnel «conduite et gestion exploitation» et du Brevet professionnel «responsable entreprise agricole». Un outil de diagnostic de l’engagement dans la démarche sera opérationnel au second semestre alors que le premier trimestre devrait voir la naissance des premiers GIEE et la mise en place de soutien à l’animation de la mise en place de ces structures.
Les aides financières à travers le Feader 2015 seront également mises en place (plan de compétitivité et d’adaptation, majoration de l’aide à l’installation). La principale contribution de l’enseignement supérieur viendra de la mise en place de groupes opérationnels dans le cadre du partenariat européen pour l’innovation afin d’amplifier le lien entre chercheurs et agriculteurs. Les premiers indicateurs de réalisations et de résultats verront aussi le jour cette année et le travail à l’international se poursuivra, notamment avec la FAO, alors que des échanges auront lieu avec les partenaires européens dans le cadre de la future Pac.
Enquête auprès des exploitants
Pour mieux appréhender le lancement de cette agro-écologie, le ministère a fait réaliser une enquête auprès de 655 agriculteurs français, entre décembre et janvier, sur la perception qu’ils en avaient. Ils ont d’abord été interrogés sur des «démarches» en lien avec l’agro-écologie telle que définies dans le projet de loi d’avenir.
Massivement (plus de 70%), les répondants disent avoir entamés des conduites ou des actions particulières dans le domaine de la limitation de l’utilisation des intrants et l’amélioration de la qualité des sols. La moitié ou un peu plus affirment travailler sur les notions de préservation des ressources en eau et favoriser le rôle de la faune auxiliaire. La recherche de l’autonomie en limitant les achats extérieurs et l’augmentation de la valeur ajoutée des productions concernent 40% des sondés. De façon plus générale, 93% des exploitants disent s’être engagés dans au moins une des six démarches et 72% dans au moins trois démarches.
Quelques enseignements sont à tirer de ce questionnaire : d’abord, la recherche de l’autonomie est déclarée surtout en élevage ; ensuite, favoriser le rôle de la faune auxiliaire est une démarche davantage citée en viticulture et en arboriculture/maraîchage.
Un agriculteur sur trois souhaite s’engager dans davantage de démarches (avec la réduction d’intrants et l’amélioration de la qualité des sols en tête). En revanche, parmi les freins les plus importants, les agriculteurs interrogés pointent des investissements financiers trop importants, trop de temps de travail consacré aux démarches et les contraintes réglementaires.
Stéphane Le Foll a répondu à cette question le 30 janvier lors d’un après-midi entièrement consacré au sujet. Il a d’abord rappelé que le «cap» était d’avoir «la majorité des exploitations engagées dans l’agro-écologie d’ici 2025» avant de poursuivre sur les premières initiatives de 2013 puis «la construction d’un projet global avec 16 chantiers et plus de 80 actions en 2014». D’où cette notion d’An I en 2015, avec sept plans contributeurs à cette démarche qui se veut non figée et évolutive : Écophyto, Éco-antibio, semences et agriculture durable, développement durable de l’apiculture, énergie/méthanisation/autonomie/azote, ambition bio 2017 et protéines végétales.
Déjà fait
Même si tout débute vraiment aujourd’hui, un certain nombre de réalisations ont déjà eu lieu dans sept domaines. Au premier rang, des actions ont été menées au niveau des programmes de l’enseignement agricole (rénovation du BTS-ACSE et BTS-Darc par exemple) avec des démonstrations, expérimentations et de la pédagogie dans 190 exploitations des lycées agricoles publics. Ensuite, au niveau des exploitants, l’utilisation du Casdar a été réorienté.
Des appels à projets pour la mobilisation collective et volontaire dans les territoires ont été lancés et, côté soutien financier, un guide des aides mobilisables Feader/agro-écologie et un guide des aides pour les GIEE ont été conçus. Dans le même domaine, on a mis en place une aide couplée protéines végétales et une augmentation des aides pour l’agriculture biologique. L’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation ont été mobilisés : implication des établissements, de l’Inra, de l’Irstea et du Cirad. Un suivi du projet agro-écologique a été mis en place (comité national et rapport annuel) alors qu’une certaine promotion à l’international a aussi débuté : symposium à la FAO en septembre 2014 et projets de coopération.
Des choses à faire
La demi-journée a été aussi l’occasion de mettre sur la table ce qui était encore dans les cartons et à réaliser, notamment au cours des douze mois à venir. Côté enseignement agricole, la rentrée 2015 verra la rénovation du CAPA et la rentrée 2016 la rénovation du Bac professionnel «conduite et gestion exploitation» et du Brevet professionnel «responsable entreprise agricole». Un outil de diagnostic de l’engagement dans la démarche sera opérationnel au second semestre alors que le premier trimestre devrait voir la naissance des premiers GIEE et la mise en place de soutien à l’animation de la mise en place de ces structures.
Les aides financières à travers le Feader 2015 seront également mises en place (plan de compétitivité et d’adaptation, majoration de l’aide à l’installation). La principale contribution de l’enseignement supérieur viendra de la mise en place de groupes opérationnels dans le cadre du partenariat européen pour l’innovation afin d’amplifier le lien entre chercheurs et agriculteurs. Les premiers indicateurs de réalisations et de résultats verront aussi le jour cette année et le travail à l’international se poursuivra, notamment avec la FAO, alors que des échanges auront lieu avec les partenaires européens dans le cadre de la future Pac.
Enquête auprès des exploitants
Pour mieux appréhender le lancement de cette agro-écologie, le ministère a fait réaliser une enquête auprès de 655 agriculteurs français, entre décembre et janvier, sur la perception qu’ils en avaient. Ils ont d’abord été interrogés sur des «démarches» en lien avec l’agro-écologie telle que définies dans le projet de loi d’avenir.
Massivement (plus de 70%), les répondants disent avoir entamés des conduites ou des actions particulières dans le domaine de la limitation de l’utilisation des intrants et l’amélioration de la qualité des sols. La moitié ou un peu plus affirment travailler sur les notions de préservation des ressources en eau et favoriser le rôle de la faune auxiliaire. La recherche de l’autonomie en limitant les achats extérieurs et l’augmentation de la valeur ajoutée des productions concernent 40% des sondés. De façon plus générale, 93% des exploitants disent s’être engagés dans au moins une des six démarches et 72% dans au moins trois démarches.
Quelques enseignements sont à tirer de ce questionnaire : d’abord, la recherche de l’autonomie est déclarée surtout en élevage ; ensuite, favoriser le rôle de la faune auxiliaire est une démarche davantage citée en viticulture et en arboriculture/maraîchage.
Un agriculteur sur trois souhaite s’engager dans davantage de démarches (avec la réduction d’intrants et l’amélioration de la qualité des sols en tête). En revanche, parmi les freins les plus importants, les agriculteurs interrogés pointent des investissements financiers trop importants, trop de temps de travail consacré aux démarches et les contraintes réglementaires.