Réchauffement climatique
De nouvelles menaces sur l’agriculture
Selon le Giec, le changement climatique devrait provoquer une réduction de la production mondiale de blé de 2 % par décennie ainsi qu’une augmentation des accidents climatiques extrêmes, sécheresses, canicules, inondations. En France son impact sera plus important dans les zones méridionales.
[I]«La probabilité d’impacts graves, étendus et irréversibles s’accroît avec l’intensification du réchauffement»[i], note le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat (Giec), publié le 31 mars 2014. Le précédent rapport en 2007 avait surtout décrit l’impact du réchauffement climatique sur les glaciers, les océans, les écosystèmes… Celui qui vient d’être publié est centré sur l’impact du changement climatique sur les sociétés, guerres et conflits, mais aussi sur l’agriculture. Il précise, notamment que les effets négatifs du réchauffement seront bien plus significatifs que ses effets positifs qui pourraient se faire sentir dans les régions froides. Première conséquence, la diminution de la production agricole de céréales et notamment celle de blé. Celle-ci pourrait perdre 2 % par décennie alors qu’elle devrait augmenter de 14 % pour satisfaire la croissance de la demande mondiale. Jean-François Soussana, directeur scientifique environnement de l’Inra estime, d’ailleurs, que le rendement du blé au niveau mondial a perdu un peu plus de 5 % entre 1980 et 2010 par rapport à un climat qui serait resté identique. Autre conséquence de ce changement climatique [I]«le renforcement de fréquence et d’intensité des épisodes de sécheresse et de canicule sur une bonne partie du continent»[i], a-t-il expliqué à l’AFP. Comme la sécheresse et la canicule de 2003 en Europe et en France en particulier qui a provoqué une perte de récolte de 20 %. Ou la canicule d’ampleur inédite qui a secoué la Russie, l’été 2010, et qui s’est accompagnée d’importants dégâts sur les cultures, des incendies de forêts jamais connus et au final un embargo sur les exportations de céréales, à l’origine d’une flambée des cours mondiaux. Sans oublier des risques accrus d’inondations comme cette année en Angleterre et au Pays de Galles.
[INTER]L’agriculture devra s’adapter [inter]
En France, la zone sud sera certainement la plus touchée du fait de la réduction des ressources en eau en raison de sécheresses prolongées, de la baisse attendue du niveau des nappes phréatiques ou de l’étiage des fleuves. Ce qui aura nécessairement un impact sur la production agricole, sans parler des incendies qui risquent d’être plus fréquents.
Conséquence : l’agriculture devra s’adapter soit en ayant recours à des variétés moins gourmandes en eau, voire en modifiant son système de production. [I]«Il faudra peut-être songer à troquer le maïs pour le sorgho, pour éviter de trop recourir à l’irrigation dont les besoins vont augmenter si on conserve le système actuel»[i], observe Jean-François Soussana. Autre conséquence : le développement des maladies cryptogamiques et des parasites véhiculés par les insectes sur les cultures qui ne seront pas sans conséquence sur les volumes de production. Dans le midi, les dates de vendanges ont déjà gagné trois semaines depuis quelques décennies, la température moyenne de notre pays ayant augmenté 1,5 °C depuis un siècle. Des chercheurs de l’Inra ont aussi constaté que le réchauffement avait fait perdre un degré d’alcool par décennie dans le Languedoc, soit 3 °C en 30 ans. Et en Bourgogne, le cépage, pinot noir, bien adapté aux zones fraîches ne pourra plus être implanté. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur le fonctionnement et le cahier des charges des AOC.
En production animale, des scientifiques s’inquiètent de l’émergence de certaines maladies comme la fièvre catarrhale ovine transmise par un moucheron et qui s’est répandue dans le nord de l’Europe depuis la Méditerranée. Ou la maladie de Lyme, diffusée par les tiques. Pour les volailles, les chercheurs travaillent à la mise au point d’espèce plus tolérantes à la chaleur en favorisant les souches à cou nu, voire sans plumes comme les Israéliens. En effet, l’augmentation de la température a un impact sur la croissance des volailles de chair et sur la production d’œufs. Sans parler de l’effet négatif des températures élevées sur la production laitière.
[INTER]L’agriculture devra s’adapter [inter]
En France, la zone sud sera certainement la plus touchée du fait de la réduction des ressources en eau en raison de sécheresses prolongées, de la baisse attendue du niveau des nappes phréatiques ou de l’étiage des fleuves. Ce qui aura nécessairement un impact sur la production agricole, sans parler des incendies qui risquent d’être plus fréquents.
Conséquence : l’agriculture devra s’adapter soit en ayant recours à des variétés moins gourmandes en eau, voire en modifiant son système de production. [I]«Il faudra peut-être songer à troquer le maïs pour le sorgho, pour éviter de trop recourir à l’irrigation dont les besoins vont augmenter si on conserve le système actuel»[i], observe Jean-François Soussana. Autre conséquence : le développement des maladies cryptogamiques et des parasites véhiculés par les insectes sur les cultures qui ne seront pas sans conséquence sur les volumes de production. Dans le midi, les dates de vendanges ont déjà gagné trois semaines depuis quelques décennies, la température moyenne de notre pays ayant augmenté 1,5 °C depuis un siècle. Des chercheurs de l’Inra ont aussi constaté que le réchauffement avait fait perdre un degré d’alcool par décennie dans le Languedoc, soit 3 °C en 30 ans. Et en Bourgogne, le cépage, pinot noir, bien adapté aux zones fraîches ne pourra plus être implanté. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur le fonctionnement et le cahier des charges des AOC.
En production animale, des scientifiques s’inquiètent de l’émergence de certaines maladies comme la fièvre catarrhale ovine transmise par un moucheron et qui s’est répandue dans le nord de l’Europe depuis la Méditerranée. Ou la maladie de Lyme, diffusée par les tiques. Pour les volailles, les chercheurs travaillent à la mise au point d’espèce plus tolérantes à la chaleur en favorisant les souches à cou nu, voire sans plumes comme les Israéliens. En effet, l’augmentation de la température a un impact sur la croissance des volailles de chair et sur la production d’œufs. Sans parler de l’effet négatif des températures élevées sur la production laitière.