Interbev se fait inviter chez l’ambassadeur du Japon
De la viande française au pays du bœuf de kobé
Comme elle le fait dorénavant régulièrement, la Commission commerce extérieur de l’Interprofession des viandes (INTERBEV) a organisé une soirée à l’ambassade de France au Japon, au profit de près de 80 prescripteurs nippons.
Après Le Caire il ya deux mois, Tokyo ! De retour en France, le Nivernais Emmanuel Bernard, président de la Commission commerce extérieur d’Interbev, dresse le contexte dans lequel a eu lieu cette soirée le mercredi 4 mars dernier à l’ambassade de France au Japon : «à la demande de l’interprofession française, et en marge du salon Foodex, qui est un peu le SIAL de Villepinte au Japon, Thierry Dana, l’ambassadeur, a invité plus de 80 personnes, importateurs japonais, représentants de l’administration nippone (responsables vétérinaires et du ministère de l’Agriculture), sommeliers et restaurateurs qui cherchent à associer les goûts, les provinces et les régions, mais aussi des gens de chez Danone, de la grande distribution locale, et une quinzaine de Français dont un vétérinaire et chargé de promotion de l’ambassade». Selon un rituel désormais bien établi, les organisateurs laissent d’abord la parole à un ressortissant du pays hôte, en l’occurence M. Yoshiaki Matsuda, président de la société Matsuda Sangyo, qui est une entreprise leader au Japon dans les activités des métaux précieux, de l’environnement et de l’alimentation. Puis Emmanuel Bernard présente succintement les atouts de la filière de production et d’exportation bovine française avant de permettre à l’ambassadeur, ici Thierry Dana, de vanter les relations commerciales de notre cher et vieux pays et d’inviter ses visiteurs à déguster de la viande française, spécialement importée pour l’occasion, et travaillée par les mains d’un Meilleur ouvrier Français.
Viande grasse et culture gastronomique
Quand on fait remarquer à Emmanuel Bernard que le Japon est le pays du célèbre et raffiné bœuf de Kobé, celui-ci n’élude pas le problème : «le bœuf de Kobé, c’est un peu le caviar de la viande bovine japonaise mais c’est une production qui ne représente qu’environ 500 tonnes par an, soit l’équivalent de celle qui sort de l’abattoir de Luzy... Nous ne sommes donc pas en concurrence mais il y a bel et bien de la place pour une viande de grande qualité, que les Français pourraient fournir. Bien sûr, cela nécessite un travail auprès des professionnels nippons mais nous ne partons pas de zéro. Ce n’est pas pour rien que nous avons amené un Meilleur ouvrier de France, le boucher de Bourges Éric Leboeuf, dans nos valises» ! Aux dires d’Interbev, les invités nippons de la soirée ont particulièrement apprécié la succulence de la viande de jeunes bovins normands qui a été servie. «L’ambassadeur a pour habitude de dire qu’une réception à Tokyo, démarrant à 18h45 se termine à 20h et que tous les Japonais sont au lit à 20h30. Là, nous étions encore entre les dégustations et les discussions à 22h15» relève Emmanuel Bernard. Cela s’explique certainement par la qualité des personnes invitées mais aussi par la culture gastronomique nippone, «très pointue» et qui trouve largement écho dans la réputation de la gastronomie française... «Ils ont été réceptifs et notamment parce que leur viande étant habituellement très grasse, nous avons préféré faire venir de la viande d’animaux normands de moins de 30 mois que de la charolaise ou de la limousine qui leur auraient paru un peu fade» explique le responsable nivernais. «Ils font cuire leur viande habituellement comme du beurre et elle est tellement grasse que l’on cherche la viande dans les morceaux». Pour ne pas risquer un incident gastro-diplomatique, la Normande s’imposait donc pour se comparer avantageusement à la race Wagyu, dont on fait le bœuf de Kobé...
Contacts et débouchés
Ce genre d’événement, même si loin des frontières de l’Hexagone, ne doit pas être pris à la légère par la filière française. A Tokyo, comme ailleurs, le message d’Interbev se veut pragmatique et efficace. L’objectif est bien de trouver de nouveaux marchés et des contrats... «Ce n’est pas pour rien qu’il y avait là des représentants commerciaux de Bigard et de SVA Jean Rozé, qui à eux seuls, représentent les deux tiers de la production de viande française, dit le président de la commission commerce extérieur d’Interbev, mais aussi des importateurs comme la société Puygrenier de Montluçon, ou l’entreprise Jean Desnaux de Sens, connu pour être un fameux grossiste en viande de très haute qualité». Le marché nippon est déjà bien identifié : contrairement à l’Egypte, il est orienté «viande» (et pas du tout «vif») de haut-de-gamme et dans la viande la plus grasse et moëlleuse possible d’un côté, mais aussi, plus fréquemment, constitué de la demande en abats (cœurs, foies...) dont les Nippons raffolent plus que les Français. Les boyaux, dit-on, sont par exemple très prisés au pays du Soleil levant. Et si Interbev a choisi le Japon comme cible de ses actions de promotion, ce n’est pas un hasard : «le marché a rouvert en 2013 à l’importation et il s’agit de donner un coup de boost, notamment en visant les importateurs locaux mais aussi en sensibilisant les représentants français sur place» justifie Emmanuel Bernard. Par exemple, il arrive souvent que Bigard et SVA Jean Rozé, déjà cités, fassent venir des lots de 500 kg au Japon par avion mais aussi par containeurs maritimes. «Deux d’entre eux, de 30 t chacun, venaient d’ailleurs juste d’arriver» précise le responsable d’Interbev. Ces soirées sont donc aussi faites en appui à ces prescripteurs. «Marc Seuteun, le responsable commercial de Jean Rozé, m’a confié avoir eu une vingtaine de contacts lors de la réception. Sur 4 ou 5, il y en a toujours 1 ou 2 qui rappellent» avance le Nivernais. D’ailleurs, Emmanuel Bernard se félicite de la précédente soirée à l’ambassade de France en Egypte : «600 carcasses y sont parties en plusieurs fois, après l’envoi des premiers échantillons il y a deux mois» annonce-t-il. «Au Japon, comme en Egypte, il n’y a pas de surprise. La France a un savoir-faire à l’export dans plus de 40 pays. L’aspect commercial passe au second plan derrière la garantie sanitaire. Nos hôtes ont dans l’esprit que nos races bovines françaises sont directement issues d’un élevage à l’herbe comme nulle part ailleurs. Nous avons acté depuis plus de 30 ans que nous ne proposerons jamais ni hormone ni activateur de croissance».
Les Japonais sont très attentifs à cette sécurité sanitaire, comme ils viennent de le prouver en jetant de la viande de baleine qui contenait des taux de pesticides trop élevés... La communication d’Interbev qui en découle en est donc d’autant plus aisée, à l’endroit de peuples qui, sur le plan alimentaire, ne veulent pas se faire «hara kiri».
Viande grasse et culture gastronomique
Quand on fait remarquer à Emmanuel Bernard que le Japon est le pays du célèbre et raffiné bœuf de Kobé, celui-ci n’élude pas le problème : «le bœuf de Kobé, c’est un peu le caviar de la viande bovine japonaise mais c’est une production qui ne représente qu’environ 500 tonnes par an, soit l’équivalent de celle qui sort de l’abattoir de Luzy... Nous ne sommes donc pas en concurrence mais il y a bel et bien de la place pour une viande de grande qualité, que les Français pourraient fournir. Bien sûr, cela nécessite un travail auprès des professionnels nippons mais nous ne partons pas de zéro. Ce n’est pas pour rien que nous avons amené un Meilleur ouvrier de France, le boucher de Bourges Éric Leboeuf, dans nos valises» ! Aux dires d’Interbev, les invités nippons de la soirée ont particulièrement apprécié la succulence de la viande de jeunes bovins normands qui a été servie. «L’ambassadeur a pour habitude de dire qu’une réception à Tokyo, démarrant à 18h45 se termine à 20h et que tous les Japonais sont au lit à 20h30. Là, nous étions encore entre les dégustations et les discussions à 22h15» relève Emmanuel Bernard. Cela s’explique certainement par la qualité des personnes invitées mais aussi par la culture gastronomique nippone, «très pointue» et qui trouve largement écho dans la réputation de la gastronomie française... «Ils ont été réceptifs et notamment parce que leur viande étant habituellement très grasse, nous avons préféré faire venir de la viande d’animaux normands de moins de 30 mois que de la charolaise ou de la limousine qui leur auraient paru un peu fade» explique le responsable nivernais. «Ils font cuire leur viande habituellement comme du beurre et elle est tellement grasse que l’on cherche la viande dans les morceaux». Pour ne pas risquer un incident gastro-diplomatique, la Normande s’imposait donc pour se comparer avantageusement à la race Wagyu, dont on fait le bœuf de Kobé...
Contacts et débouchés
Ce genre d’événement, même si loin des frontières de l’Hexagone, ne doit pas être pris à la légère par la filière française. A Tokyo, comme ailleurs, le message d’Interbev se veut pragmatique et efficace. L’objectif est bien de trouver de nouveaux marchés et des contrats... «Ce n’est pas pour rien qu’il y avait là des représentants commerciaux de Bigard et de SVA Jean Rozé, qui à eux seuls, représentent les deux tiers de la production de viande française, dit le président de la commission commerce extérieur d’Interbev, mais aussi des importateurs comme la société Puygrenier de Montluçon, ou l’entreprise Jean Desnaux de Sens, connu pour être un fameux grossiste en viande de très haute qualité». Le marché nippon est déjà bien identifié : contrairement à l’Egypte, il est orienté «viande» (et pas du tout «vif») de haut-de-gamme et dans la viande la plus grasse et moëlleuse possible d’un côté, mais aussi, plus fréquemment, constitué de la demande en abats (cœurs, foies...) dont les Nippons raffolent plus que les Français. Les boyaux, dit-on, sont par exemple très prisés au pays du Soleil levant. Et si Interbev a choisi le Japon comme cible de ses actions de promotion, ce n’est pas un hasard : «le marché a rouvert en 2013 à l’importation et il s’agit de donner un coup de boost, notamment en visant les importateurs locaux mais aussi en sensibilisant les représentants français sur place» justifie Emmanuel Bernard. Par exemple, il arrive souvent que Bigard et SVA Jean Rozé, déjà cités, fassent venir des lots de 500 kg au Japon par avion mais aussi par containeurs maritimes. «Deux d’entre eux, de 30 t chacun, venaient d’ailleurs juste d’arriver» précise le responsable d’Interbev. Ces soirées sont donc aussi faites en appui à ces prescripteurs. «Marc Seuteun, le responsable commercial de Jean Rozé, m’a confié avoir eu une vingtaine de contacts lors de la réception. Sur 4 ou 5, il y en a toujours 1 ou 2 qui rappellent» avance le Nivernais. D’ailleurs, Emmanuel Bernard se félicite de la précédente soirée à l’ambassade de France en Egypte : «600 carcasses y sont parties en plusieurs fois, après l’envoi des premiers échantillons il y a deux mois» annonce-t-il. «Au Japon, comme en Egypte, il n’y a pas de surprise. La France a un savoir-faire à l’export dans plus de 40 pays. L’aspect commercial passe au second plan derrière la garantie sanitaire. Nos hôtes ont dans l’esprit que nos races bovines françaises sont directement issues d’un élevage à l’herbe comme nulle part ailleurs. Nous avons acté depuis plus de 30 ans que nous ne proposerons jamais ni hormone ni activateur de croissance».
Les Japonais sont très attentifs à cette sécurité sanitaire, comme ils viennent de le prouver en jetant de la viande de baleine qui contenait des taux de pesticides trop élevés... La communication d’Interbev qui en découle en est donc d’autant plus aisée, à l’endroit de peuples qui, sur le plan alimentaire, ne veulent pas se faire «hara kiri».