Interbev Bourgogne
Croire en l'avenir de la filière viande... Ici, comme ailleurs
Programme chargé pour la dernière réunion du conseil d'administration d'Interbev. La problématique de l'élevage dépasse largement le seul cadre franco-français, que l'on se place sur le plan technique, commercial, sanitaire, diététique... toutes les réponses doivent s'intégrer dans un grand ensemble mondial qui, le moins que l'on puisse dire, n'avance pas au même rythme que nous et surtout n'a pas la même vision négative de l'élevage que celle qui semble poindre dans une Europe nourrie d'abondance.
Premier point évoqué, l'état du cheptel bourguignon. Bonne nouvelle, en Bourgogne la décapitalisation est en passe d'être stoppée. [I]«Mais attention»[i] avertit Jean-Pierre Fleury, président d'Interbev Bourgogne, [I]«la situation reste extrêmement fragile, le moindre signe de retournement des marchés pourrait inverser la tendance»[i]. Pour tout ce qui concerne leur revenu [I]«les éleveurs sont à un seuil
de tolérance zéro»[i]. D'autant que la flambée des prix des matières premières continue de faire progresser les charges nettement plus vite que les prix à la production.
Le différentiel reste préoccupant. Pour un prix moyen actuel du kilo de carcasse compris entre 3,6 et 3,7 €, l'Institut de l'élevage estime que la compensation de l'augmentation des prix des matières premières nécessiterait une augmentation à 4,1 €/kg voire, à moyen terme, à 4,3 €/kg.
[INTER]Première convention nationale d'Interbev[inter]
Sur le plan national, pour la première fois le 20 juin, Interbev a organisé sa première convention annuelle, l'occasion de faire le point sur l'avenir des filières viandes et sur les défis à relever. Premier point d'accord, pour enrayer une baisse de la consommation nationale correspondant souvent à une évolution des modes de vie, il faut «repenser nos modes de production et de transformation pour être en phase avec la demande» a expliqué Dominique Langlois, président de l'Interprofession.
[INTER]Un marché porteur... Partout ailleurs...[inter]
Sur le plan international, le Congrès de la viande a marqué une rupture par rapport au discours négatif vis-à-vis de l'élevage. [I]«Première»[i] historique, ce congrès se déroulait à Paris. Ce fut une occasion unique de voir réunis en un même lieu tous les grands pays producteurs de viande et tous les acheteurs internationaux, y compris la Chine. La distorsion entre la réalité mondiale du marché de la viande et la position européenne est manifeste. La FNB a trouvé là un écho aux positions qu'elle défend depuis des années : la demande mondiale augmente, à mesure que croît le niveau de vie des pays émergents. Le monde dans sa globalité risque de manquer de viande et, alors que tous les grands pays producteurs sont au rendez-vous et se mettent en ordre de marche pour [I]«chasser en meute»[i], comme le souligne Jean-Pierre Fleury, l'Europe regarde ailleurs et s'enlise. [I]«Le secteur de l'élevage européen ne bénéficie d'aucun projet d'envergure»[i] constate le président d'Interbev Bourgogne. Pire, [I]«le projet actuel de la future PAC au lieu de tracer des perspectives, entérine le déclin de l'élevage en Europe»[i]. Dans beaucoup de pays producteurs au contraire, l'accent est mis sur l'installation des jeunes éleveurs, leur formation et le développement des outils dans leur capacité à répondre aux demandes multiformes des consommateurs, à l'interne comme à l'export. Face à cela, la filière entend s'organiser et parler d'une seule voix au travers du Groupement export France, [I]«qui aurait tout intérêt à participer régulièrement aux grands salon internationaux»[i] estime Jean-Pierre Fleury.
Et le constat est fait que sur le plan de l'émission des gaz à effet de serre (GES), le modèle européen [I]«est équilibré et doit être accompagné sur le plan des pratiques des hommes comme sur celui des techniques utilisées»[i] pour maintenir cet avantage. [I]«La mixité des systèmes apparaît aussi comme une perspective favorable à l'autonomie alimentaire»[i], car loin des feed-lots dont la sinistre réputation nuit à tout le secteur, des atouts, en termes de stockage du carbone en particulier, sont essentiels à valoriser pour l'élevage à l'herbe.
En fin de séance, l'intervention de Mélanie Richard (IDELE) a fait le point sur les débouchés, les circuits et les formes de commercialisation auxquels l'offre française est confrontée. Nous en rendrons compte dans notre prochaine édition.
de tolérance zéro»[i]. D'autant que la flambée des prix des matières premières continue de faire progresser les charges nettement plus vite que les prix à la production.
Le différentiel reste préoccupant. Pour un prix moyen actuel du kilo de carcasse compris entre 3,6 et 3,7 €, l'Institut de l'élevage estime que la compensation de l'augmentation des prix des matières premières nécessiterait une augmentation à 4,1 €/kg voire, à moyen terme, à 4,3 €/kg.
[INTER]Première convention nationale d'Interbev[inter]
Sur le plan national, pour la première fois le 20 juin, Interbev a organisé sa première convention annuelle, l'occasion de faire le point sur l'avenir des filières viandes et sur les défis à relever. Premier point d'accord, pour enrayer une baisse de la consommation nationale correspondant souvent à une évolution des modes de vie, il faut «repenser nos modes de production et de transformation pour être en phase avec la demande» a expliqué Dominique Langlois, président de l'Interprofession.
[INTER]Un marché porteur... Partout ailleurs...[inter]
Sur le plan international, le Congrès de la viande a marqué une rupture par rapport au discours négatif vis-à-vis de l'élevage. [I]«Première»[i] historique, ce congrès se déroulait à Paris. Ce fut une occasion unique de voir réunis en un même lieu tous les grands pays producteurs de viande et tous les acheteurs internationaux, y compris la Chine. La distorsion entre la réalité mondiale du marché de la viande et la position européenne est manifeste. La FNB a trouvé là un écho aux positions qu'elle défend depuis des années : la demande mondiale augmente, à mesure que croît le niveau de vie des pays émergents. Le monde dans sa globalité risque de manquer de viande et, alors que tous les grands pays producteurs sont au rendez-vous et se mettent en ordre de marche pour [I]«chasser en meute»[i], comme le souligne Jean-Pierre Fleury, l'Europe regarde ailleurs et s'enlise. [I]«Le secteur de l'élevage européen ne bénéficie d'aucun projet d'envergure»[i] constate le président d'Interbev Bourgogne. Pire, [I]«le projet actuel de la future PAC au lieu de tracer des perspectives, entérine le déclin de l'élevage en Europe»[i]. Dans beaucoup de pays producteurs au contraire, l'accent est mis sur l'installation des jeunes éleveurs, leur formation et le développement des outils dans leur capacité à répondre aux demandes multiformes des consommateurs, à l'interne comme à l'export. Face à cela, la filière entend s'organiser et parler d'une seule voix au travers du Groupement export France, [I]«qui aurait tout intérêt à participer régulièrement aux grands salon internationaux»[i] estime Jean-Pierre Fleury.
Et le constat est fait que sur le plan de l'émission des gaz à effet de serre (GES), le modèle européen [I]«est équilibré et doit être accompagné sur le plan des pratiques des hommes comme sur celui des techniques utilisées»[i] pour maintenir cet avantage. [I]«La mixité des systèmes apparaît aussi comme une perspective favorable à l'autonomie alimentaire»[i], car loin des feed-lots dont la sinistre réputation nuit à tout le secteur, des atouts, en termes de stockage du carbone en particulier, sont essentiels à valoriser pour l'élevage à l'herbe.
En fin de séance, l'intervention de Mélanie Richard (IDELE) a fait le point sur les débouchés, les circuits et les formes de commercialisation auxquels l'offre française est confrontée. Nous en rendrons compte dans notre prochaine édition.