Accès au contenu
Jeunes Agriculteurs

« Continuer à être vu sans être mal vu »

Après une manifestation européenne le mardi 20, ce sont les jeunes agriculteurs du tonnerrois qui ont décidé de renouveler l'opération à l'échelle locale, le mercredi 21 janvier.

Par Charlotte Sauvignac
Jeunes Agriculteurs
Les Jeunes Agriculteurs du Tonnerrois se sont mobilisés ce mercredi 21 janvier, à la suite de la mobilisation strasbourgeoise.

Quinze jours après avoir été élu au cours des réunions cantonales des jeunes agriculteurs de l'Yonne, Emeric Biziot a décidé de réunir son canton, ce mercredi 21 janvier, au soir, au sein du rond-point à proximité des grandes surfaces à Tonnerre. « Le passage de l'accord au Mercosur a, pour l'instant était décalé, mais ce n'est pas gagné d'avance. Il faut continuer à se mobiliser, parce que si on arrête, cet accord passera forcément un jour », manifeste-t-il avec plein de hargne. Au-delà du Mercosur, ce jeune président décrit un ras-le-bol de tout ce qui tombe sur la profession agricole, entre « la taxe MACF, l'ajout de paperasses, la baisse du budget de la PAC, etc. ». Lorsque certains vivent cela comme « une réussite », Émeric Biziot, lui, vit cela « comme un souffle, une pause de répit », mais ne souhaite pas lâcher la manifestation et faire comprendre aux concitoyens tout ce qui incombe à la profession. C'est donc pour cela que nous multiplions de petites actions au sein de Tonnerre. Avec près d'une dizaine de tracteurs, la trentaine de jeunes agriculteurs défile dans les rues, direction le centre des Finances Publiques. « Il y a un ensemble de paperasses en plus, qui nous prennent parfois plusieurs journées de boulot, pour qu'au final, nous ne touchions pas énormément plus », interpelle-t-il face à ces collègues agriculteurs.

« On est tous dans le même bateau »

Pris dans l'ambiance, les tracteurs continuent leurs routes devant les quatre enseignes de grande surface tonnerroises. L'objectif : « sensibiliser les citoyens au risque que le Mercosur peut engendrer sur notre profession. Cela déstabilisera brutalement tout notre système actuel. Nous voulons qu'ils continuent à nous soutenir dans notre lutte, qu'ils continuent à nous comprendre et qu'ils continuent à nous soutenir en mangeant français ». En retournant sur ses pas, les nombreuses voitures que croisent les tracteurs les klaxonnent. De nombreux citoyens baissent la vitre et expriment « ne lâchez rien, on vous soutient ». En regardant ce spectacle, Émeric Biziot témoigne du sentiment agréable qu'il ressent. « ça me touche d'entendre cela, que ce soit ce soir, ou encore à Auxerre, il y a quelques semaines, ça nous fait du bien, et ça nous donne de la force pour continuer ». Un peu plus loin, un visage familier croise son attention. Guillaume Goux, agriculteur en polyculture élevage rejoint le cortège. « De 2016 à 2019, j'ai été secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de l'Yonne. Depuis, je les soutiens et j'essaie de me déplacer dès que je le peux à leurs événements », confie-t-il, en tapant l'épaule de l'un de ses collègues. Actuellement élu à la Chambre d'agriculture de l'Yonne sur le dossier installation transmission, il ne reste jamais loin des jeunes agriculteurs. « Forcément, quand on parle des jeunes agriculteurs, ce sont les jeunes récemment installés ou ayant un projet. C'est un sujet qui me tient à cœur », manifeste-t-il.

Images de la mobilisation