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Assemblée générale de Bourgogne du Sud

Construire ensemble pour mieux s’adapter

La coopérative Bourgogne du Sud a tenu son assemblée générale à Chalon-sur-Saône, à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle : la coopérative a décidé d’une redistribution à hauteur 84% de son résultat aux adhérents. Une façon de montrer que la coopération conserve tout son sens et de vraies valeurs de solidarité.
Par Anne-Marie Klein
Construire ensemble pour mieux s’adapter
La table ronde avait pour thème l'adaptation aux turbulences des marchés
Deux années à subir les vents contraires du climat, la volatilité des cours, les retournements de marchés, le tout dans une conjoncture géopolitique des plus instables... ont plongé plus d’un céréalier, éleveur ou viticulteur, adhérent à la coopérative Bourgogne du Sud, dans les tourments. Juste retour des choses et de la confiance, les responsables et les élus de la coopérative chalonnaise ont voté la redistribution de 84% du résultat bénéficiaire de 4,1 M€ sur 2013-2014, aux adhérents ; les 16% restant étant mis en réserve. Cette décision tout à fait exceptionnelle ne comblera pas tous les vides de trésoreries, mais répond au moins à l’urgence, alors la détérioration des comptes adhérents à 121 jours s’accentue. La coopérative réussit quand même le tour de force de sortir bénéficiaire d’un exercice plutôt «compliqué». «C’est le plus de ce que l’on pouvait faire pour aider nos adhérents» confirme le directeur général, Michel Duvernois.  

Une construction en commun au service de l’adhérent
«La coopération est née dans le marasme de la crise économique au siècle dernier et elle n’a fait que se renforcer dans les périodes critiques» constate le président, Didier Laurency, qui ajoute que «la ligne créances adhérents se dégrade nettement pour retrouver son niveau le plus bas des années 1992, date de la première Pac»... Et 2014 n’arrange rien, au contraire. C’est en choisissant l’union au travers des activités de Cérévia, d’Area, de Sercomex, de Granit... C’est en pariant sur la complémentarité et l’action collective, coopérative et donc forcément solidaire, que Bourgogne du Sud a pu faire face et s’inscrire dans une dynamique gagnante.
Ces «partenariats multiples» aboutissent à une construction commune, plus forte et donc plus armée pour répondre aux attentes multiformes des marchés et développer les outils logistiques et commerciaux nécessaires.
Dernier projet d’association en date, Bourgogne du Sud a décidé de s’associer avec Dijon Céréales dans le projet d’ouverture d’un second magasin en France sous l’enseigne Frais d’Ici, initié par l’union nationale In Vivo. Ce projet devrait se concrétiser en 2015 avec l’ouverture d’une surface de vente significative à Marsannay-la-Côte, en Côte d’Or.

Prévenir, anticiper pour ne pas subir
Car l’important, comme le rappelle Didier Laurency, «c’est de prévenir demain et de ne pas subir, de continuer inlassablement ce combat pour la valeur ajoutée et un retour de marge acceptable pour nos productions». C’est tout l’intérêt de construire et d’imaginer ensemble. «Plus fort ensemble»... L’expression s’est imposée comme le maître mot de cette assemblée générale. Au travers du discours du président de Bourgogne du Sud, comme lors des débats sur le thème «S’adapter aux turbulences des marchés». L’interventions de Robert Bilbot, directeur général de Cérévia (sur le départ en 2015) qui présentait son successeur, Laurent Vittoz et celle de Jean-Philippe Everling de Granit, sont toutes allées dans ce sens. Face à la volatilité, à la concurrence, à la nécessité de toujours s’adapter... on est toujours «plus fort ensemble».
Robert Bilbot a aussi décrit Cérévia comme «une boîte à outils» énumérant au moment de passer la main à son successeur, les deux défis majeurs qu’il faudra toujours relever : d’une part «conserver le management de l’adhérent. Il faut atteindre une taille économique puissante, mais sans jamais perdre de vue l’intérêt de l’adhérent», d’autre part, «relever le défi de la compétence». Le temps «des bâtisseurs de silos» est passé, «une nouvelle ère commence qui demande de nouvelles compétences», mais sans perdre de vue la nécessité «de garder le contact avec le client».