La FNB à la rencontre des exportateurs
Constat d’impuissance partagé avec les négociants du marché au cadran
Depuis plusieurs jours, la section « vaches allaitantes » de la Fédération nationale bovine (FNB) va à la rencontre des acteurs commerciaux de l’aval qui pratiquent l’export de viande bovine. Mardi 29 juillet, quatre éleveurs-administrateurs de l’organisation professionnelle ont donc rencontré une dizaine de négociants présents au marché au cadran de Moulins-Engilbert le matin-même.
[I]«Notre section a décidé d’aller à la rencontre de tout le monde du commerce de vif français, que ce soient les négociants privés, les coopératives, les traders ou les marchés. Le principe, c’est d’écouter et de sentir l’ambiance mais aussi de recouper les informations du terrain et prendre du recul par rapport aux différents positionnements des fédérations nationales. Cela permet de prendre de la hauteur par rapport à ce qui apparaît souvent comme uniforme, d’avoir un autre point de vue. Les gens ont parfois leurs raisons d’être pro ou anti-export mais c’est plus nuancé que cela parce qu’il y a ceux qui ne vivent que de l’export et il y a ceux qui pratiquent à la fois l’export et l’abattage. Les intérêts ne sont pas toujours les mêmes»[i] justifiait Emmanuel Bernard, secrétaire général adjoint nivernais de la FNB, mardi matin, avant la réunion avec les négociants adhérents de la Sicafome. Quatre réunions ont déjà eu lieu, notamment à Limoges avec Limousin Charolais Accord, Deltagro et Bevimac, trois autres devaient encore avoir lieu avant la fin de semaine... Côté FNB, trois autres délégués étaient présents aux côtés du responsable nivernais: Jean-Paul Thénot, éleveur du Puy-de-Dôme et vice-président de la section VA-FNB, Michel Joly éleveur de Saône-et-Loire ainsi que Pauline Madrange, chargée de mission à l’Institut de l’élevage et spécialiste des filières économiques et de la PAC à la FNB. Autour de la table ronde, outre Bernard Gauthier, président du cadran en puissance invitante et une dizaine d’éleveurs administrateurs de la Sicafome, Stéphane Aurousseau, président de la FDSEA 58, avait aussi pris place pour participer au feu roulant des questions-réponses avec les acheteurs.
[INTER]Remonter à la cellule export du ministère[inter]
Durant plus d’une heure, éleveurs et exportateurs ont ainsi pu confronter leurs points de vue sur la filière, la dimension économique, les problèmes de règles sanitaires, de cours, de concurrence avec d’autres pays européens ou hors zone Europe, de marchés potentiels et de volumes à produire... Une large place a été accordée au thème du risque que constitue la crise économique sur le marché italien et aux alternatives à préparer. [I]«Nous avons des pistes de travail derrière, notamment via la cellule export du ministère, c’est pour cela que nous avons besoin du maximum d’informations à remonter»[i] estimait Emmanuel Bernard pour qui [I]«le GIE France export, c’est mort: c’était compliqué d’organiser le commerce entre des entreprises qui sont concurrentes 365 jours par an. Et Interbev n’a qu’une action de communication et de sensibilisation limitée aux salons et au Sommet de Cournon»[i]! De fait, la parole s’est déliée: [I]«La Pologne, qui a déséquilibré le marché en exportant ses animaux puis en refusant de couvrir le marché du hallal et l’Irlande, en Europe, mais l’Australie et l’Uruguay, hors-zone Europe, pratiquent des prix qui ne nous rendent pas concurrentiels»[i] a-t-on entendu. Pour d’autres, [I]«pour aller à la cellule export, il faut voir les points de compétitivité sur lesquels on peut gratter en France, que ce soient les normes ou les règles en Europe ou les temps de transport»[i]... [I]«Quand c’est dit par les faiseurs du quotidien, cela a plus de poids»[i] a souligné le secrétaire général adjoint de la FNB. Il y avait là des négociants d’Alsace, de Haute-Savoie et du Massif Central. Face à la spirale baissière des cours en France et en Italie, Emmanuel Bernard a aussi constaté [I]«nous savons que personne n’a la solution, mais tous ceux qui ont ouvert l’export vif à tout type d’animaux disent qu’il faut trouver des solutions extérieures à des problèmes intérieurs, ce qui laisse augurer d’un avenir sombre pour nos métiers»[i], selon lui. Moins de production par rapport aux volumes demandés ou accroissement de la consommation: [I]«Il y a trop de monde dans la chaîne et les plus grosses structures sont les moins rentables»[i] pour un exportateur, [I]«nous risquons de perdre des marchés si nous diminuons les volumes»[i] pour un délégué de la FNB. Le constat d’impuissance, lui, est partagé par tous.
[INTER]Remonter à la cellule export du ministère[inter]
Durant plus d’une heure, éleveurs et exportateurs ont ainsi pu confronter leurs points de vue sur la filière, la dimension économique, les problèmes de règles sanitaires, de cours, de concurrence avec d’autres pays européens ou hors zone Europe, de marchés potentiels et de volumes à produire... Une large place a été accordée au thème du risque que constitue la crise économique sur le marché italien et aux alternatives à préparer. [I]«Nous avons des pistes de travail derrière, notamment via la cellule export du ministère, c’est pour cela que nous avons besoin du maximum d’informations à remonter»[i] estimait Emmanuel Bernard pour qui [I]«le GIE France export, c’est mort: c’était compliqué d’organiser le commerce entre des entreprises qui sont concurrentes 365 jours par an. Et Interbev n’a qu’une action de communication et de sensibilisation limitée aux salons et au Sommet de Cournon»[i]! De fait, la parole s’est déliée: [I]«La Pologne, qui a déséquilibré le marché en exportant ses animaux puis en refusant de couvrir le marché du hallal et l’Irlande, en Europe, mais l’Australie et l’Uruguay, hors-zone Europe, pratiquent des prix qui ne nous rendent pas concurrentiels»[i] a-t-on entendu. Pour d’autres, [I]«pour aller à la cellule export, il faut voir les points de compétitivité sur lesquels on peut gratter en France, que ce soient les normes ou les règles en Europe ou les temps de transport»[i]... [I]«Quand c’est dit par les faiseurs du quotidien, cela a plus de poids»[i] a souligné le secrétaire général adjoint de la FNB. Il y avait là des négociants d’Alsace, de Haute-Savoie et du Massif Central. Face à la spirale baissière des cours en France et en Italie, Emmanuel Bernard a aussi constaté [I]«nous savons que personne n’a la solution, mais tous ceux qui ont ouvert l’export vif à tout type d’animaux disent qu’il faut trouver des solutions extérieures à des problèmes intérieurs, ce qui laisse augurer d’un avenir sombre pour nos métiers»[i], selon lui. Moins de production par rapport aux volumes demandés ou accroissement de la consommation: [I]«Il y a trop de monde dans la chaîne et les plus grosses structures sont les moins rentables»[i] pour un exportateur, [I]«nous risquons de perdre des marchés si nous diminuons les volumes»[i] pour un délégué de la FNB. Le constat d’impuissance, lui, est partagé par tous.