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CAVB

Consolider la filière dans une incertitude permanente

En tirant le bilan de l'année 2025, la Confédération des appellations et vignerons bourguignons (CAVB) a dressé le portrait d'une filière aux prises avec des menaces de natures très différentes mais qui, toutes, peuvent la fragiliser. Raison de plus pour aller de l'avant, sur la simplification, l'environnement, la préparation de l'avenir végétal…

Par Berty Robert
Consolider la filière dans une incertitude permanente
Thiebault Huber (debout), président de la CAVB, réclame une meilleure prise en compte par le gouvernement de l'importance économique de la filière viticole.

2025 restera une année marquante pour les vignerons locaux et leur instance représentative, la Confédération des appellations et vignerons bourguignons (CAVB). Elle tenait son assemblée générale le 17 avril à Beaune et son président, Thiebault Huber, a évoqué les jalons marquants et les étapes franchies ces douze derniers mois : obtention de mesures fiscales en faveur de la transmission, favorisant le modèle des exploitations familiales et permettant de contrer des acquisitions de domaines pour des montants astronomiques par des groupes de luxe, simplification des procédures de modification des cahiers des charges, lancement de Valosc (démarche de valorisation des sarments et des ceps), sécurisation de la production de plants de vigne avec le projet Qanopée… À cela s'ajoute un travail de fond en faveur de l'attractivité des métiers de la vigne, à travers VitaBourgogne. Mais 2025 aura aussi émis quelques signaux d'alertes pour la filière. C'est le cas notamment avec les tensions commerciales internationales, ou encore le combat juridique menés avec la Confédération nationale des appellations d'origine contrôlées (Cnaoc) contre la suppression des produits à base de cuivre sans alternative.

« Il manque une vision pour le vin »

« En France, déplorait Thiebault Huber, il manque une vision pour le vin. Nous avons l'impression d'être mal aimés. Lors du dernier Salon de l'Agriculture, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a promis une réunion interministérielle pour définir une vision à long terme. C'est indispensable pour une filière qui, en Bourgogne, représente 50 000 emplois et 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires… » En attendant, la CAVB travaille à faire avancer un certain nombre de dossiers comme la simplification des procédures de modification des cahiers des charges de certaines appellations. Quatre organismes de gestion (ODG) en ont bénéficié en 2025 (Volnay et Clos de Vougeot en Côte-d'Or, Mâcon et Viré-Clessé en Saône-et-Loire) et ce cercle devrait s'élargir rapidement. Sur le dossier de la flavescence dorée, les services techniques de la CAVB ont constaté que le premier cas qui avait été détecté il y a trois dans une parcelle du Chablisien, dans l'Yonne est en voie de guérison mais d'autres parcelles sont atteintes. Dans le Mâconnais, la zone d'infection historique paraît stabilisée, à l'exception du sud-Mâconnais marqué par un développement assez important de la maladie. La situation globale impose de toute façon une surveillance sanitaire et économique serrée, qui doit malheureusement composer avec une baisse des subventions consacrées à la lutte. En 2025, près de 5 200 analyses ont été menées dans ce cadre sur l'ensemble du vignoble bourguignon. Plus largement, la confédération alerte également sur la situation économique de nombreuses pépinières, pourvoyeuse de matériel végétal. Elle prévient : si l'on veut conserver un niveau de qualité digne des bourgognes, il va falloir accepter de payer les plants plus cher, en tout cas, pas en dessous d'un prix de l'ordre de 3 euros le plant. Un message pas toujours facile à faire passer pour une filière qui doit faire avec de fortes hausses de charges…

9 heures par semaine

Dans un registre différent, la CAVB a également agi pour plus de simplifications face aux normes administratives. On estime qu'en moyenne un vigneron consacre 9 heures par semaine à ces tâches et qu'il doit réaliser 42 déclarations par an. La confédération a alerté sur ce point les services préfectoraux et les parlementaires afin d'accélérer le chantier de la simplification. Elle porte une demande de pédagogie dans les contrôles, la création d'un portail unique pour les démarches viticoles, la réduction des délais d'instruction et un soutien et une protection renforcés pour les petites exploitations. Enfin, sur deux points qui préoccupent la filière, le recours à des prestataires pour recruter des vendangeurs et l'évolution de l'étiquetage des bouteilles, la CAVB n'est pas restée inactive : un prestataire extérieur vient d'obtenir sa qualification, et cette obtention est en cours pour deux autres. C'est le moyen de sécuriser les vignerons face à des pratiques qui, ces dernières années, ont parfois défrayé la chronique. Quant aux nouvelles normes d'étiquetage, elles ont fait l'objet de l'édition de guides pédagogiques et pratiques.

Les risques afférents à la faillite du loueur de barriques H&A

Lors de son assemblée générale la CAVB a attiré l'attention sur le devoir de vigilance qui incombe à certains vignerons en contrat avec une société de leasing de fût. L'entreprise bordelaise H&A est, en effet, en liquidation judiciaire depuis le 1er avril, avec autorisation de poursuivre son activité jusqu'au 31 mai. La société compte 2 000 clients et gère un parc de 1 million de barriques. La CAVB indique que les vignerons bourguignons qui seraient en contrat avec elle doivent au plus vite agir pour faire valoir leurs créances. Ils ont moins de deux mois pour le faire.