L'emploi en milieu rural
Comment faire face aux besoins de l'agriculture?
Les exploitations agricoles de Bourgogne emploient près de 9300 salariés aujourd'hui. Un effectif qui va croître de façon constante pour pallier à la diminution du nombre de chefs d'exploitation. Pourtant la profession agricole rencontre des difficultés à recruter. Quels sont les freins à l'emploi, et comment les lever ? Rencontre avec Olivier Gallien, président du Groupement d'employeur départemental de Côte d'Or, qui nous livre ses réflexions au travers de son expérience personnelle.
Selon une récente étude, l'emploi agricole en Bourgogne représente aujourd'hui près de 9300 salariés, soit 21,5% des actifs. Malgré une baisse régulière du nombre d'exploitations, les surfaces utiles restent stables, ce qui impose un recours plus important à l'emploi. Ce dernier croît en effet chaque année de 6%. Pourtant, les exploitants rencontrent de plus en plus de mal à recruter. Mobilité des candidats, salaires proposés, diversité des postes à pourvoir, attractivité géographique... la liste, non exhaustive, des freins est plutôt longue.
Face à ce constat, la profession réagit et met tout en œuvre pour maintenir, et surtout développer, l'emploi en agriculture, nécessaire à la pérennité des entreprises. Parmi les pistes étudiées, certaines fonctionnent déjà et rencontrent des débuts prometteurs, comme les groupements d'employeur. Ces organismes mis en place par la profession, offrent en effet un guichet unique et permettent de regrouper le travail administratif inhérent à l'emploi d'un salarié. Déclarations, édition des fiches de paye, gestion des congés...
Ils sont ainsi traités en un seul point. [I]«Un poids administratif de moins à gérer pour l'exploitant»[i] souligne Olivier Gallien, président du Groupement d'employeur départemental de Côte d'Or (GED). Et, en termes de [I]«paperasserie»[i], force est de constater que les agriculteurs sont déjà bien servis. Malgré cet outil, qui a déjà permis de créer 6 postes en CDI à plein temps en près d'un an d'existence, Olivier Gallien admet volontiers qu'il reste des choses à faire pour faciliter l'emploi et notamment sur l'aspect recrutement.
[INTER]Identifier les freins[inter]
Témoignant de son cas personnel, le polyculteur de Oigny, dans le Châtillonais, avoue les difficultés rencontrées pour trouver quelqu'un. [I]«Avec deux agriculteurs voisins, nous avions besoin d'un salarié pour nous aider sur nos exploitations. L'offre d'emploi a été déposée en mars dernier. Nous avons mis près de sept mois à trouver»[i].
Le poste à pourvoir, en CDI et à temps plein, proposait de travailler le matin chez un laitier, principalement pour les actions de traite, l'après midi dans une exploitation de polyculture et éleveur allaitant et, ponctuellement chez Olivier Gallien pour des "coups de main". [I]«Le poste semblait pourtant attrayant, offrant beaucoup de polyvalence, et surtout une grande autonomie»[i] indique Olivier Gallien qui, avec du recul, pense que [I]«c'est peut-être cette autonomie qui faisait peur»[i].
Entre mars et septembre, avec pas moins de cinq commissions de recrutement, les trois agriculteurs ont rencontré plusieurs candidats. Mais la grande majorité d'entre eux n'ont pas donnée suite.
Toutefois, les raisons invoquées ont permis de mesurer les freins. [I]«Bien souvent, on sentait une réticence au système, au type de poste»[i] souligne le président du GED, [I]«mais l'argument le plus fréquent était sans aucun doute la mobilité»[i].
Par exemple, travailler en zone rurale, et a fortiori chez des employeurs multiples, impose d'être titulaire du permis de conduire et de disposer d'un véhicule. Un aspect qui semble évident, mais qui n'est pas forcément une réalité dans les faits, notamment chez les candidats les plus jeunes.
Par ailleurs, l'attractivité des campagnes joue également un rôle important, surtout pour des candidats ayant fondé une famille. àcoles, commerce, accès aux soins et, plus important encore, emploi pour les conjoints, sont impératifs pour accepter un poste en zone rurale. [I]«Pourtant, les emplois existent aussi dans d'autres secteurs d'activité»[i] précise Olivier Gallien.
[I]«Dans notre secteur, plusieurs entreprises ont aussi du mal à recruter, même en proposant de former le personnel»[i]. Ce qui conforte le président du GED dans ses objectifs [I]«de ne pas sectoriser exclusivement nos actions dans le domaine agricole et de définir des démarches communes avec l'artisanat, l'industrie...»[i]
[INTER]Multiplier les ouvertures[inter]
Pour développer l'emploi agricole Olivier Gallien évoque aussi la nécessité [I]«d'afficher une plus grande lisibilité dans nos offres»[i], d'où l'important travail de réflexion avec les services de Pôle Emploi pour [I]«harmoniser les définitions des postes et des métiers à pourvoir»[i].
Les organisations professionnelles travaillent en ce sens. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les agents de Pôle Emploi, afin de travailler ensemble pour [I]«vulgariser l'offre»[i]. Olivier Gallien regrette qu'aujourd'hui, encore, [I]«un agriculteur qui recrute utilise le bouche à oreille pour le faire savoir, alors que le premier réflexe devrait être de déposer une annonce à Pôle Emploi»[i]. Encore faut-il que ce dernier soit en phase avec les réalités du terrain et [I]«puisse sortir des clichés du salarié agricole d'antan»[i].
En effet, les métiers de l'agriculture ont évolué, et il faut le faire savoir. D'où la demande de la profession de disposer, entre autres, d'un véritable référent agricole au sein des agences de Pôle Emploi.
Face à ce constat, la profession réagit et met tout en œuvre pour maintenir, et surtout développer, l'emploi en agriculture, nécessaire à la pérennité des entreprises. Parmi les pistes étudiées, certaines fonctionnent déjà et rencontrent des débuts prometteurs, comme les groupements d'employeur. Ces organismes mis en place par la profession, offrent en effet un guichet unique et permettent de regrouper le travail administratif inhérent à l'emploi d'un salarié. Déclarations, édition des fiches de paye, gestion des congés...
Ils sont ainsi traités en un seul point. [I]«Un poids administratif de moins à gérer pour l'exploitant»[i] souligne Olivier Gallien, président du Groupement d'employeur départemental de Côte d'Or (GED). Et, en termes de [I]«paperasserie»[i], force est de constater que les agriculteurs sont déjà bien servis. Malgré cet outil, qui a déjà permis de créer 6 postes en CDI à plein temps en près d'un an d'existence, Olivier Gallien admet volontiers qu'il reste des choses à faire pour faciliter l'emploi et notamment sur l'aspect recrutement.
[INTER]Identifier les freins[inter]
Témoignant de son cas personnel, le polyculteur de Oigny, dans le Châtillonais, avoue les difficultés rencontrées pour trouver quelqu'un. [I]«Avec deux agriculteurs voisins, nous avions besoin d'un salarié pour nous aider sur nos exploitations. L'offre d'emploi a été déposée en mars dernier. Nous avons mis près de sept mois à trouver»[i].
Le poste à pourvoir, en CDI et à temps plein, proposait de travailler le matin chez un laitier, principalement pour les actions de traite, l'après midi dans une exploitation de polyculture et éleveur allaitant et, ponctuellement chez Olivier Gallien pour des "coups de main". [I]«Le poste semblait pourtant attrayant, offrant beaucoup de polyvalence, et surtout une grande autonomie»[i] indique Olivier Gallien qui, avec du recul, pense que [I]«c'est peut-être cette autonomie qui faisait peur»[i].
Entre mars et septembre, avec pas moins de cinq commissions de recrutement, les trois agriculteurs ont rencontré plusieurs candidats. Mais la grande majorité d'entre eux n'ont pas donnée suite.
Toutefois, les raisons invoquées ont permis de mesurer les freins. [I]«Bien souvent, on sentait une réticence au système, au type de poste»[i] souligne le président du GED, [I]«mais l'argument le plus fréquent était sans aucun doute la mobilité»[i].
Par exemple, travailler en zone rurale, et a fortiori chez des employeurs multiples, impose d'être titulaire du permis de conduire et de disposer d'un véhicule. Un aspect qui semble évident, mais qui n'est pas forcément une réalité dans les faits, notamment chez les candidats les plus jeunes.
Par ailleurs, l'attractivité des campagnes joue également un rôle important, surtout pour des candidats ayant fondé une famille. àcoles, commerce, accès aux soins et, plus important encore, emploi pour les conjoints, sont impératifs pour accepter un poste en zone rurale. [I]«Pourtant, les emplois existent aussi dans d'autres secteurs d'activité»[i] précise Olivier Gallien.
[I]«Dans notre secteur, plusieurs entreprises ont aussi du mal à recruter, même en proposant de former le personnel»[i]. Ce qui conforte le président du GED dans ses objectifs [I]«de ne pas sectoriser exclusivement nos actions dans le domaine agricole et de définir des démarches communes avec l'artisanat, l'industrie...»[i]
[INTER]Multiplier les ouvertures[inter]
Pour développer l'emploi agricole Olivier Gallien évoque aussi la nécessité [I]«d'afficher une plus grande lisibilité dans nos offres»[i], d'où l'important travail de réflexion avec les services de Pôle Emploi pour [I]«harmoniser les définitions des postes et des métiers à pourvoir»[i].
Les organisations professionnelles travaillent en ce sens. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les agents de Pôle Emploi, afin de travailler ensemble pour [I]«vulgariser l'offre»[i]. Olivier Gallien regrette qu'aujourd'hui, encore, [I]«un agriculteur qui recrute utilise le bouche à oreille pour le faire savoir, alors que le premier réflexe devrait être de déposer une annonce à Pôle Emploi»[i]. Encore faut-il que ce dernier soit en phase avec les réalités du terrain et [I]«puisse sortir des clichés du salarié agricole d'antan»[i].
En effet, les métiers de l'agriculture ont évolué, et il faut le faire savoir. D'où la demande de la profession de disposer, entre autres, d'un véritable référent agricole au sein des agences de Pôle Emploi.
Colloque emploi le 19 octobre à Dijon
La FNSEA organise dans les régions une série de colloques sur le thème de l'emploi en agriculture. Pour les régions Bourgogne et Franche-Comté, le rendez-vous est fixé au vendredi 19 octobre à Dijon au Palais des Congrès.
Ce colloque abordera les enjeux de l'emploi agricole en Bourgogne Franche-Comté, au travers de la double problématique de la ruralité et de la compétitivité. L'objectif sera de présenter les actions menées par le réseau FNSEA, au sein de la profession et auprès des instances politiques, pour répondre à ces préoccupations majeures. Ce rendez-vous important permettra aussi aux employeurs agricoles d'exprimer leurs préoccupations, ainsi que leurs revendications.
Le colloque est ouvert à tous les employeurs agricoles et la participation est gratuite. Toutefois, le nombre de places étant limité, il est impératif de s'inscrire soit en ligne sur le site www.colloquesemploi.fr, soit auprès du secrétariat de la FRSEA au 03 80 48 43 31.
Au programme de la journée :
- 9h30 Accueil des participants
- 10h00 Ouverture des débats par Gilles Duquet, membre de la Commission nationale emploi de la FNSEA
- 10h15 Diffusion du film «L'emploi agricole et la ruralité»
- 10h30 Table ronde «L'emploi en milieu rural, sa place et ses enjeux»
avec la participation de Jean-Paul Bouveresse, éleveur laitier et président du groupement d'employeurs régional de Franche-Comté ; Jean-Louis Lopez, de la SAS Jean-Louis Amiotte ; Gilles Duquet membre de la Commission nationale emploi de la FNSEA ; un représentant de l'association des Maires de France ; un représentant d'une organisation syndicale de salariés.
- 12h30 Cocktail "déjeunatoire".
- 14h00 Ouverture des débats par Joseph Lechner, membre de la Commission nationale emploi de la FNSEA
- 14h15 Diffusion du film «Coût du travail et compétitivité»
- 14h30 Table ronde «Le coût du travail et la compétitivité»
avec la participation d'Antoine Vincent, viticulteur ; àric Pommageot de la FGA-CFDT ; Marc Benner, EDF Bourgogne ; Louis Grandguillaume député de Côte d'Or ; Joseph Lechner, membre de la Commission nationale emploi de la FNSEA.
- 16h00 Clôture du colloque par Francis Letellier, président de la FRSEA Bourgogne et Frédéric Perrot, président de la FRSEA Franche-Comté.