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Comment améliorer la durabilité des productions d'€™oléagineux ?

Présentant, le 9 octobre à Paris, les résultats de cinq années de recherche, l'€™Onidol, interprofession des oléagineux, a montré son implication dans l'€™amélioration de la durabilité des productions. Deux objectifs sont affichés: améliorer la rentabilité et la durabilité des cultures et élargir les débouchés des oléagineux.
Par FG
Comment améliorer la durabilité des productions d'€™oléagineux ?
Parmi les exploitations ayant participé à l'enquête 2% seulement utiliseraient des outils d'aide à la décision pour calculer le besoin en azote.
Après cinq années de recherches menées par l'€™Onidol, cofinancées par le secteur public pour un total de 13 millions d'€™euros, des résultats ont été présentés à Paris le
9 octobre.
[INTER]Des leviers d'€™amélioration de la durabilité du colza[inter]
Saluant les [I]«synergies entre les secteurs public et privé»[i], Jacques Siret, président de l'€™Onidol, a rappelé les deux orientations de ces recherches : améliorer la rentabilité et la durabilité des cultures par la génétique et l'€™agronomie, et élargir les débouchés humains, animaux et industriels des oléagineux.
Visant la création d'€™une charte environnementale pour la production d'€™oléagineux, Francis Flénet, chercheur du Centre technique des oléagineux (Cetiom), a indiqué que la principale source d'€™émission de gaz à effet de serre (GES) pour le colza était liée à l'€™utilisation d'€™azote lors de sa culture. Ainsi, si les émissions de GES de l'€™huile de colza sont 54,7% moindres que celles du gazole, 90% des GES émis par le colza sont liés à l'€™utilisation d'€™azote dans sa phase agricole. Il en va de même pour le bilan énergétique de la culture, dont plus de la moitié de l'€™énergie utilisée pour cette production est liée à l'€™azote. Autre source importante d'€™émission de GES par le colza, le rejet de N2O par le sol issu de la nitrification et de la dénitrification de l'€™azote agricole. D'€™autre part, le rendement en graines par hectare est aussi important, car plus il est élevé, plus il dilue les quantités d'€™énergie utilisées et les GES émis à l'€™hectare. Pour améliorer la situation, le Cetiom compte améliorer le respect des bonnes pratiques agricoles, visant la réduction de l'€™utilisation d'€™azote.
[INTER]Des bonnes pratiques qui ne sont pas toujours respectées[inter]
Ayant effectué une enquête sur la variabilité des performances de valorisation de l'€™azote vis-à-vis
des rendements en graine du colza sur différents bassins de production, Francis Flénet a souligné [I]«qu'€™il y avait des marges de manœuvre»[i]. Principal levier d'€™action pour remédier à cette situation, [I]«la mise en œuvre des bonnes pratiques agricoles»[i]. Selon le spécialiste, seules 20% des exploitations participant à l'€™enquête utilisent des outils d'€™aide à la décision (OAD) pour calculer les besoins en azote de leurs cultures. De plus, il remarque fréquemment une tendance à la surfertilisation des parcelles par rapport aux préconisations. Un plan d'€™action est donc envisagé par le Cetiom, en collaboration avec les organismes stockeurs (OS) pour améliorer le respect des bonnes pratiques agricoles.
[INTER]Un plan d'€™actions pour améliorer la durabilité des productions[inter]
Ainsi, 55% des OS interrogées dans les bassins de production du colza se sont engagés à développer des OAD de fertilisation azotée auprès des agriculteurs, 41% à rappeler les bonnes pratiques de fertilisations azotées et 23% à favoriser l'€™absorption de l'€™azote à l'€™automne, notamment par l'€™implantation de légumineuses gélives. La protection raisonnée des cultures, la réduction des pertes de graines à la récolte et l'€™amélioration de l'€™implantation des cultures de colza, sont aussi préconisées par les OS afin de maximiser les rendements en graines à l'€™hectare.
Enfin, Francis Flénet a insisté sur le manque de références permettant d'€™évaluer au mieux les émissions de N2O des sols, qui aujourd'€™hui sont estimées en fonction des apports d'€™azote agricole aux parcelles. Par des travaux prenant en compte [I]«les multiples interactions»[i] intervenants dans les émissions de N2O des parcelles agricoles, le Cetiom pourrait proposer au Giec (Groupement d'€™experts intergouvernemental sur l'€™évolution du climat) une nouvelle méthode pour les évaluer dès 2013.