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Journées départementales du goût

Co-éduquer les enfants et soutenir les filières de production locales

Comme tous les ans, le Conseil départemental de la Nièvre s’associe à la Semaine nationale du goût, en proposant ses propres journées départementales, dans les collèges, les 13, 15 et 16 octobre prochains. Le lancement officiel a eu lieu mardi 6 octobre, chez un fournisseur nivernais, la ferme du Pressoir de la famille Vincent à Ourouer.
Par Emmanuel Coulombeix
Co-éduquer les enfants et soutenir les filières de production locales
La famille Vincent (au centre, Bernard, Bernadette et Amandine), d’Ourouer, a accueilli la conférence de presse de lancement des Journées départementales du goût, qui auront lieu dans 22 collèges, les 13, 15 et 16 octobre prochains.
Delphine Fleury, vice-présidente du Conseil départemental déléguée à l’enfance, à l’éducation et à la promotion sociale des individus, et Jean-Luc Gauthier, conseiller général (d’opposition) du canton de Guérigny, se sont retrouvés, mardi, chez Bernadette, Amandine et Bernard Vincent, à Ourouer, dans la ferme du Pressoir. Pour lancer l’édition 2015 des Journées du goût dans les collèges, quoi de mieux que d’aller à la rencontre de l’un des producteurs fournisseurs des restaurants des collèges  ?

Si l’élue a bien pu faire passer le message de ses priorités -éduquer les enfants au goût et aux produits de qualité et soutenir le développement des filières locales-, l’échange a aussi intéressant pour croquer le parcours singulier de cette famille d’éleveurs, atypiques, qui pratiquent la vente directe de viande charolaise et de fromages et yaourts fermiers par des tournées de porte à porte en camion, et qui se diversifient dans l’approvisionnement de produits laitiers aux collectivités depuis 3 ans. A ce jour, les vaches laitières jersiaises et prim’holstein de l’exploitation fournissent le lait qui rentre dans la fabrication de 100 000 pots de yaourt par an (1 litre pour 9 pots) dont une partie est livrée, chaque semaine, à une douzaine de collèges et deux lycées nivernais.
De 4000 euros de chiffre d’affaires en 2012, les Vincent ont réalisé 30 000 euros au cours de l’année scolaire 2014-2015. L’exemple d’un partenariat gagnant-gagnant entre les fournisseurs d’Ourouer et les principaux et/ou les cuisiniers des cantines des établissements scolaires, le tout sous la houlette des élus du département «qui vont accélérer et intensifier la démarche auprès des collèges», selon Delphine Fleury.

6000 repas locaux servis
Comme la famille Vincent, ils sont plusieurs producteurs nivernais, depuis plusieurs années, à s’investir dans l’approvisionnement local aux restaurants scolaires. Pour cette édition 2015 des Journées départementales du goût, les 13, 15 et 16 octobre, l’EARL Laporte (Maux), la Sicavyl, le Gaec de l’Ecorchien (Brassy), le Gaec de Bizy (Parigny-les-Vaux), la société Impery (Cosne-sur-Loire), et le Gaec Gauchot (Entrain-sur-Nohain) sont pressentis pour livrer la viande (bovine, volailles...) dans les 22 collèges qui joueront le jeu des circuits courts, la semaine prochaine. La thématique principale, ciblée cette année, est la transformation des avants de viande bovine.

Au total, ce sont près de 6 000 repas qui seront servis aux collégiens, soit près d’une tonne de viande pour un coût supplémentaire pris en charge par le Département de 10 000 euros. Reste que, tout au long de l’année, les établissements sont invités à perpétuer les bonnes pratiques, en terme d’approvisionnement. Le choix est à discrétion des cuisiniers des collèges et des principaux. Ainsi, les collèges sont invités à servir dorénavant au moins un produit local par semaine aux élèves, en plus de trois repas complètement locaux par an. «C’est aussi une façon de convaincre les futurs citoyens consommateurs de prendre le réflexe de privilégier les produits locaux de qualité» estime la vice-présidente du Conseil départemental.

Et «d’encourager les agriculteurs à développer leurs productions, à condition qu’ils ne soient pas la variable d’ajustement du prix» ajoute Jean-Luc Gauthier, lui-même éleveur charolais à Bona. Toute autre divergence de vues exceptées, les élus inventent le front gustatif  !