Retour sur la Conférences «Grandes cultures» (3/5)
Claude Perrot (Groupama): «trouver des solutions pour tous les risques»
De la conférence «Grandes cultures» du 13 mars dernier à Pougues-les-Eaux, il était ressorti que les agriculteurs devaient respecter leurs fondamentaux pour trouver des marges d’amélioration des résultats. Dans chaque domaine d’expertise, les intervenants avaient, durant dix minutes, fait le point. Cette semaine, Terres de Bourgogne revient sur les risques à assurer avec Claude Perrot, de Groupama Rhône-Alpes Auvergne.
Vus par l’assureur, les besoins fondamentaux consistent, pour l’agriculteur, à pérenniser son exploitation, éviter les crises, sécuriser son activité dans le temps, vivre de son travail et valoriser son capital. Lors de la Conférence grandes cultures, Claude Perrot, responsable des réseaux d’experts agricoles et vétérinaires à Groupama Rhône-Alpes Auvergne, avait, pour la partie qui le concerne, balayé les moyens de «sécuriser les résultats économiques de l’exploitation». En matière d’assurance, les producteurs de grandes cultures ont, selon lui, besoin de solutions face à tous les risques de l’exploitation, qu’il s’agisse des matériels (tracteurs, véhicules...) qui peuvent être touchés par des accidents, pannes, incendies, vols, bris de glace; des bâtiments, parfois confrontés aux incendies, tempêtes, pertes de contenu, vols; des productions végétales (ou animales) soumises au risque de grêle ou d’autres aléas climatiques; qu’il s’agisse aussi d’activités annexes telles que le tourisme ou les énergies renouvelables, face aux accidents, incendies, tempêtes; ou bien encore du risque encouru par les intervenants (exploitant, conjoint, salarié...), eux-mêmes pas exempts d’être un jour pénalisés par l’accident, la maladie, l’invalidité ou les conflits... Face à tous ces risques, le responsable a présenté les outils proposés par l’assureur mutualiste qu’il représente : des contrats avec des garanties adaptées pour tous les risques de base (personnes, biens, outils de production, responsabilités), des garanties qui prennent en compte les évolutions réglementaires en terme de normes environnementales, sanitaires..., des garanties sur-mesure pour les activités de diversification (vente directe sur l’exploitation, sur les foires et marchés, les salons, activités agro-touristiques, perte de recettes sur panneaux photovoltaïques suite à sinistre...), et aussi un contrat Climats MRC qui garantit les pertes consécutives à tous les aléas climatiques sur cultures...
Possibilités d’adaptation
Claude Perrot a aussi défini des possibilités d’adaptation. «L’assurance a un coût, en fonction de sa situation économique, il appartient à l’exploitant de choisir les secteurs de son exploitation qu’il souhaite protéger en priorité, en d’autres termes, répondre à la question «quel est le risque majeur de l’exploitation ?» Ainsi, un céréalier garantira ses cultures contre les aléas climatiques, tandis qu’un éleveur faisant de la vente directe privilégiera la couverture du risque sanitaire. « Pour un bien ou une activité garantie, l’exploitant analysera la part de risque qu’il peut garder à sa charge en faisant varier le niveau de franchise sur les garanties souscrites et ainsi limiter le coût de la cotisation d’assurance». Par exemple, «pour un bris de machine sur le matériel agricole, jusqu’à quel montant de réparations l’agriculteur choisit-il de rester son propre assureur» demande le responsable de Groupama. Par ailleurs -autre possibilité d’adaptation- «en fonction du montant d’épargne professionnelle de précaution qu’il aura pu constituer (Dotation pour amortissement), l’agriculteur déterminera la part qu’il pourra réinjecter sur l’exercice comptable suite à un aléa climatique sur ses cultures et, ce faisant, il réduira le capital assuré de ses cultures pour limiter le montant de la prime d’assurance tout en maîtrisant sa fiscalité».
Ne pas oublier la prévoyance
Pour le responsable des réseaux d’experts de Groupama, «l’assurance a vocation à protéger l’ensemble des moyens de production de l’exploitant mais la priorité, n’est-ce pas l’exploitant lui-même» ? Il s’agit d’adapter l’exploitation à la prévoyance et de considérer comment cela peut-il améliorer les marges... Un assureur peut donc permettre de «financer le remplacement en cas d’arrêt de travail, verser une rente d’invalidité en cas d’invalidité partielle (non couverte par les assurances décès invalidité des emprunts), de couvrir l’homme-clé et pérenniser l’exploitation en cas de décès par le versement d’un capital décès». Mais pour Claude Perrot, «l’assurance doit aussi s’entendre comme un outil pour limiter les variations accidentelles de revenus et ainsi, outre la prise en charge totale ou partielle de la perte suite à un sinistre garanti, supprimer ou diminuer les surcoûts qui auraient été engendrés par ladite perte». Par exemple, la prise en charge des pertes de rendements sur les cultures suite à aléas climatiques, par le revenu qu’elle garantit, évitera d’avoir recours à une ouverture de crédit pour l’achat des intrants, laquelle est source de frais financiers... De tous ces éléments, l’intervenant a tiré deux conclusions : «l’assurance est un dossier essentiel pour le chef d’entreprise qu’est l’agriculteur. Ce dossier est à traiter avec la même rigueur que tout ce qui touche aux facteurs directs de production » et «comme il travaille avec son centre de gestion, l’entrepreneur pourra faire de même avec son conseiller spécialisé et réfléchir avec lui à un plan global de sécurisation de son entreprise».
Possibilités d’adaptation
Claude Perrot a aussi défini des possibilités d’adaptation. «L’assurance a un coût, en fonction de sa situation économique, il appartient à l’exploitant de choisir les secteurs de son exploitation qu’il souhaite protéger en priorité, en d’autres termes, répondre à la question «quel est le risque majeur de l’exploitation ?» Ainsi, un céréalier garantira ses cultures contre les aléas climatiques, tandis qu’un éleveur faisant de la vente directe privilégiera la couverture du risque sanitaire. « Pour un bien ou une activité garantie, l’exploitant analysera la part de risque qu’il peut garder à sa charge en faisant varier le niveau de franchise sur les garanties souscrites et ainsi limiter le coût de la cotisation d’assurance». Par exemple, «pour un bris de machine sur le matériel agricole, jusqu’à quel montant de réparations l’agriculteur choisit-il de rester son propre assureur» demande le responsable de Groupama. Par ailleurs -autre possibilité d’adaptation- «en fonction du montant d’épargne professionnelle de précaution qu’il aura pu constituer (Dotation pour amortissement), l’agriculteur déterminera la part qu’il pourra réinjecter sur l’exercice comptable suite à un aléa climatique sur ses cultures et, ce faisant, il réduira le capital assuré de ses cultures pour limiter le montant de la prime d’assurance tout en maîtrisant sa fiscalité».
Ne pas oublier la prévoyance
Pour le responsable des réseaux d’experts de Groupama, «l’assurance a vocation à protéger l’ensemble des moyens de production de l’exploitant mais la priorité, n’est-ce pas l’exploitant lui-même» ? Il s’agit d’adapter l’exploitation à la prévoyance et de considérer comment cela peut-il améliorer les marges... Un assureur peut donc permettre de «financer le remplacement en cas d’arrêt de travail, verser une rente d’invalidité en cas d’invalidité partielle (non couverte par les assurances décès invalidité des emprunts), de couvrir l’homme-clé et pérenniser l’exploitation en cas de décès par le versement d’un capital décès». Mais pour Claude Perrot, «l’assurance doit aussi s’entendre comme un outil pour limiter les variations accidentelles de revenus et ainsi, outre la prise en charge totale ou partielle de la perte suite à un sinistre garanti, supprimer ou diminuer les surcoûts qui auraient été engendrés par ladite perte». Par exemple, la prise en charge des pertes de rendements sur les cultures suite à aléas climatiques, par le revenu qu’elle garantit, évitera d’avoir recours à une ouverture de crédit pour l’achat des intrants, laquelle est source de frais financiers... De tous ces éléments, l’intervenant a tiré deux conclusions : «l’assurance est un dossier essentiel pour le chef d’entreprise qu’est l’agriculteur. Ce dossier est à traiter avec la même rigueur que tout ce qui touche aux facteurs directs de production » et «comme il travaille avec son centre de gestion, l’entrepreneur pourra faire de même avec son conseiller spécialisé et réfléchir avec lui à un plan global de sécurisation de son entreprise».