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FDSEA 58

«Cette fois, ça y est, on touche le fond !»

En fin de semaine, ils étaient chez les parlementaires, en début de semaine sur les barrages. Exaspérés ils le sont … et ça se sent. Le président de la section «grandes cultures» de la FDSEA, Didier Guyon revient sur la proposition de Ségolène Royal d’interdire les traitements phytosanitaires à moins de 200 mètres de tous lieux d’habitations.
Par Propos recueillis par SL FDSEA 58
«Cette fois, ça y est, on touche le fond !»
Action syndicale du Marché de Rungis dans la nuit de lundi à mardi.
[G]- Terres de Bourgogne : Didier, on a très vite vu la FDSEA réagir sur ce sujet ?
Didier Guyon :[g] [I]«C’est vrai que dès l’annonce de la ministre de l’écologie, tout le réseau syndical s’est mis en branle. Mais il y a de quoi, non ? On a quand même franchement l’impression que ces dernières années, les politiques n’en ont jamais assez, que tous nos ministres se tirent la bourre pour avoir l’honneur de sortir l’aberration la plus énorme. Et tout le monde y passe, éleveurs, céréaliers : Le curage des fossés, le défrichement, l’interdiction de brûlage, l’an passé l’interdiction d’abreuver les animaux dans les cours d’eau … En ce moment c’est minimum une connerie par an et je pèse mes mots ! Mais à force de surenchère, cette fois ca y est, on touche le fond !»[i]

[G]- Pour la Nièvre, quel est l’impact estimé de cette potentielle mesure ?
D.G :[g] [I]«Dès que nous avons eu connaissance des détails, nous avons demandé à la chambre d’agriculture de faire tourner ses outils. Aujourd’hui, l’impact estimé est de 129 000 hectares dans le département, soit un tiers de notre SAU. Les grandes cultures et la vigne sont les productions qui seraient les plus impactées. Pour elles, c’est d’ailleurs l’équilibre économique des exploitations qui serait directement remis en cause. C’est pour cela, qu’au côté du syndicat viticole, nous avons réagi rapidement. Cette proposition est intolérable»[i].

[G]- Où en êtes-vous en matière de mobilisation syndicale à ce jour ?
D.G :[g] [I]«Des rendez-vous ont été pris auprès des parlementaires et de la préfète de la Nièvre, pour agir au plus vite sur le nœud du problème, la partie législative. A ce jour, c’est dans le cadre du passage au parlement de la loi d’avenir que pourra s’inverser la tendance. En lien avec la FNSEA, nous avons rédigé des propositions d’amendements qui sont présentées et remises aux parlementaires. Les rendez-vous sont en cours et se poursuivent cette semaine et la semaine prochaine. Sur le terrain, les syndicats locaux sont aussi mobilisés auprès de leurs élus. Et puis, il y a eu la manifestation de Rungis en début de semaine. Une quarantaine de Nivernais ont fait le déplacement aux côtés des producteurs du Cher pour effectuer des contrôles sur l’approvisionnement en produits étrangers sur le marché. Le sujet n’est pas évident à traiter avec le grand public mais il faut bien faire comprendre aux consommateurs et aux politiques qu’à force d’excès en tout genre, l’atteinte à la production française est réelle et que bientôt, manger français ne sera plus possible. C’est ce que les producteurs ont été dénoncés à Rungis dans la nuit de lundi à mardi».[i]

[G]- Etes-vous confiant quant à l’issue de ce dossier ?
D.G :[g] [I]«Je vous le répète, on touche le fond ces derniers jours et ce constat est tout aussi valable sur la conduite politique du pays. En somme, rien n’est garanti mais ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas en restant à la maison à geindre que le problème va être solutionné. Maintenant, il faut taper dans la butte ! Ce qui est certain, c’est que les producteurs de grandes cultures en ont ras le bol d’être systématiquement sabordés par des politiques aux approches dogmatiques et plutôt légères. Et une fois de plus, tout le monde est concerné. Les polyculteurs/éleveurs ont gros à perde dans l’affaire. Donc on va faire le boulot comme il se doit et si les résultats ne sont pas satisfaisants, on passera à la vitesse supérieure. La filière céréalière, c’est aussi des emplois, de l’aménagement et de l’économie dans nos territoires. On saura le faire valoir et trouver le chemin de la préfecture pour cela si nécessaire. Mais là on est au bout du bout. Les gars sont chauds et les réactions pourraient finir par être incontrôlables. Il arrivera un moment où l’on ne tiendra plus personne et ce serait souhaitable que tout soit résolu avant»[i].