Visite «agricole» du préfet de la Nièvre
Ces circuits courts qui gagnent en valeur ajoutée
Pour une nouvelle demi-journée de visites sur le thème agricole, le préfet Jean-Pierre Condemine, s’est laissé séduire, mercredi 14 janvier, par trois initiatives nivernaises réussies en terme de productions locales.
Les rillettes de bœuf Charolix de Frédéric Debacker à Diennes-Aubigny, les volailles de Denis Sanchez à Varennes-Vauzelles, et le magasin de producteurs Secrets de paysans à Coulanges-lès-Nevers, ont séduit le représentant de l’Etat dans la Nièvre. Comme il s’y était engagé à son arrivée, Jean-Pierre Condemine, après avoir rencontré les responsables syndicaux professionnels, multiplie les visites de terrain dans les fermes et dans tout ce que l’agriculture du département compte de projets gagnants. Si les difficultés, qu’il ne nie pas, de certaines productions sont réelles, le préfet aime aussi rencontrer des agriculteurs bien dans leurs peaux, qui portent des projets réussis, qui, en définitive, ne se laissent pas avaler par la morosité ambiante... Mercredi 14 janvier, dans l’après-midi, il a donc été s’imprégner de l’ambiance positive qui règne chez les producteurs nivernais engagés dans la diversification et/ou le développement des circuits courts. Hubert Goglins et Joël Plu, de la DDT, l’accompagnaient et c’est tout. «Pas d’aéropage tel qu’on en reçoit si souvent : là, le dialogue a pu s’installer» se félicitait en milieu d’après-midi, Frédéric Coudray, le producteur de foie gras de Donzy, qui a fait visiter, avec Valérie Laporte et Jean-François Vavon, eux-aussi fondateurs, le magasin Secrets de paysans à Coulanges-lès-Nevers. Toutefois, Maryse Augendre, la maire de la commune, n’était pas peu fière d’assister elle aussi à l’échange et de promouvoir le dynamisme économique de son territoire et de ces pionniers d’une agriculture locale valorisée...
Plus 16% de CA par an, en moyenne
L’exemple de cette société de producteurs fermiers est particulièrement parlant. La boutique, ouverte en avril 2011 après près de deux ans de préparation, réalise une augmentation moyenne annuelle de son chiffre d’affaires de 16%. Sauf peut-être durant les longs travaux de voirie, réalisés il y a deux ans par la mairie. Viandes, légumes, foie gras, fromages de chèvre et de vache, miels, vins, fruits : tout ce que le citadin cherche en victuailles de qualité, en gardant à l’esprit la proximité et la traçabilité des produits, se trouve ici, à dix minutes du centre-ville de Nevers. Trouver un statut, un mode de fonctionnement, un local n’a pas été de tout repos : «Nous ne sommes pas venus ici de gaité de cœur mais nous voulions démarrer sans trop de risques. Un propriétaire, un agent immobilier, c’est compliqué : on est paysans et on aime bien garder les pieds sur notre terre» a ironisé Frédéric Coudray devant le préfet, faisant montre d’une sacrée dose d’humour et d’auto-dérision, à la lumière du succès désormais acquis... «Nos objectifs ont tous été dépassés dès la première année. Ce sont les commerces de proximité qui se conservent le mieux, pas ceux qui ouvrent par hasard» précisait au préfet Jean-François Vavon, le producteur de fromages de chèvre, approuvé par ses trois collègues. Au total, sur les 18 porteurs de projet du départ, ils sont aujourd’hui 10 associés nivernais engagés dans Secrets de paysans, qui surfent sur la vague du manger bien et local entretenu «par le bouche-à-oreille, la pub, la presse et les comités d’entreprise». «On est à la mode» confirme Valérie Laporte, qui élève des charolais à Maux, avec Olivier, son mari. Chaque adhérent du magasin proposait déjà et propose encore, par ailleurs, de la vente directe de ses produits. Et des producteurs invités laissent aussi leurs bières, lentilles, ou sel en dépôt-vente...
30 salariés en plus
Le préfet ne s’est pas trompé sur l’impact bénéfique de cette initiative collective. «Vous représentez un territoire, des acteurs et une philosophie même, qui constituent une des voies d’avenir pour l’agriculture. Dans d’autres postes, j’ai croisé des collègues chez qui ces magasins marchaient très bien. Vous répondez à un besoin de la société de traçabilité, de qualité, d’identification ! Chez vous, très vite, le consommateur peut identifier un visage, une aventure humaine» s’est enthousiasmé Jean-Pierre Condemine. Une satisfaction démultipliée lorsque les associés du magasin ont évoqué les retombées économiques et sociales : «Nous avons embauché une vendeuse pour 30 heures dès la premier jour. A la fin de la première semaine, nous l’avons passée à 35 heures. Et quand il y a trop de boulot, comme aux fêtes de fin d’année, nous recrutons une deuxième personne» témoigne Frédéric Coudray. Sachant qu’à chaque jour d’ouverture, au moins l’un des agriculteurs est présent dans la boutique pour faire l’article auprès des clients. Et ce n’est pas tout : la vitrine ne doit pas faire oublier tout le gain d’activité de chacun des associés. L’appel d’air est tel que les tenants de Secrets de paysans estiment à «trente emplois salariés de plus» l’apport de cette dynamique collective sur l’ensemble des structures adhérentes. Le préfet n’a donc pas pu s’empêcher de demander «quelles sont les perspectives». «Nous sommes ouverts à ce que d’autres producteurs nous rejoignent. Nous n’envisageons pas de déménager pour répondre aux besoins grandissants mais peut-être de repousser les murs de quelques mètres à l’intérieur du local. Et puis on étudie l’hypothèse d’ouvrir un second site sur l’agglomération, avec une idée nouvelle : créer un restaurant agricole et/ou un local-structure à partir duquel on puisse apporter et transformer la marchandise avant d’aller livrer vers Paris ou vers les collectivités» a répondu Frédéric Coudray. «Vous êtes sur une des voies pionnières -il y en a d’autres, par cette approche complémentaire des métiers agricoles. Cette voie mérite d’être amplifiée» a conclu Jean-Pierre Condemine.
Plus 16% de CA par an, en moyenne
L’exemple de cette société de producteurs fermiers est particulièrement parlant. La boutique, ouverte en avril 2011 après près de deux ans de préparation, réalise une augmentation moyenne annuelle de son chiffre d’affaires de 16%. Sauf peut-être durant les longs travaux de voirie, réalisés il y a deux ans par la mairie. Viandes, légumes, foie gras, fromages de chèvre et de vache, miels, vins, fruits : tout ce que le citadin cherche en victuailles de qualité, en gardant à l’esprit la proximité et la traçabilité des produits, se trouve ici, à dix minutes du centre-ville de Nevers. Trouver un statut, un mode de fonctionnement, un local n’a pas été de tout repos : «Nous ne sommes pas venus ici de gaité de cœur mais nous voulions démarrer sans trop de risques. Un propriétaire, un agent immobilier, c’est compliqué : on est paysans et on aime bien garder les pieds sur notre terre» a ironisé Frédéric Coudray devant le préfet, faisant montre d’une sacrée dose d’humour et d’auto-dérision, à la lumière du succès désormais acquis... «Nos objectifs ont tous été dépassés dès la première année. Ce sont les commerces de proximité qui se conservent le mieux, pas ceux qui ouvrent par hasard» précisait au préfet Jean-François Vavon, le producteur de fromages de chèvre, approuvé par ses trois collègues. Au total, sur les 18 porteurs de projet du départ, ils sont aujourd’hui 10 associés nivernais engagés dans Secrets de paysans, qui surfent sur la vague du manger bien et local entretenu «par le bouche-à-oreille, la pub, la presse et les comités d’entreprise». «On est à la mode» confirme Valérie Laporte, qui élève des charolais à Maux, avec Olivier, son mari. Chaque adhérent du magasin proposait déjà et propose encore, par ailleurs, de la vente directe de ses produits. Et des producteurs invités laissent aussi leurs bières, lentilles, ou sel en dépôt-vente...
30 salariés en plus
Le préfet ne s’est pas trompé sur l’impact bénéfique de cette initiative collective. «Vous représentez un territoire, des acteurs et une philosophie même, qui constituent une des voies d’avenir pour l’agriculture. Dans d’autres postes, j’ai croisé des collègues chez qui ces magasins marchaient très bien. Vous répondez à un besoin de la société de traçabilité, de qualité, d’identification ! Chez vous, très vite, le consommateur peut identifier un visage, une aventure humaine» s’est enthousiasmé Jean-Pierre Condemine. Une satisfaction démultipliée lorsque les associés du magasin ont évoqué les retombées économiques et sociales : «Nous avons embauché une vendeuse pour 30 heures dès la premier jour. A la fin de la première semaine, nous l’avons passée à 35 heures. Et quand il y a trop de boulot, comme aux fêtes de fin d’année, nous recrutons une deuxième personne» témoigne Frédéric Coudray. Sachant qu’à chaque jour d’ouverture, au moins l’un des agriculteurs est présent dans la boutique pour faire l’article auprès des clients. Et ce n’est pas tout : la vitrine ne doit pas faire oublier tout le gain d’activité de chacun des associés. L’appel d’air est tel que les tenants de Secrets de paysans estiment à «trente emplois salariés de plus» l’apport de cette dynamique collective sur l’ensemble des structures adhérentes. Le préfet n’a donc pas pu s’empêcher de demander «quelles sont les perspectives». «Nous sommes ouverts à ce que d’autres producteurs nous rejoignent. Nous n’envisageons pas de déménager pour répondre aux besoins grandissants mais peut-être de repousser les murs de quelques mètres à l’intérieur du local. Et puis on étudie l’hypothèse d’ouvrir un second site sur l’agglomération, avec une idée nouvelle : créer un restaurant agricole et/ou un local-structure à partir duquel on puisse apporter et transformer la marchandise avant d’aller livrer vers Paris ou vers les collectivités» a répondu Frédéric Coudray. «Vous êtes sur une des voies pionnières -il y en a d’autres, par cette approche complémentaire des métiers agricoles. Cette voie mérite d’être amplifiée» a conclu Jean-Pierre Condemine.