Dégâts de gibier
Ces blaireaux qui détruisent les champs
Depuis quelques années, Marie-Bernard Benoit, agriculteur à Alluy, constate une recrudescence de blaireaux. Ceux-ci s’attaquent à ses prairies où ils creusent d’immenses terriers.
«On se croirait à Verdun !» Pour Marie-Bernard Benoit, chaque année à la même période c’est le même constat : les blaireaux font des dégâts. Dans ses champs, il retrouve d’énormes trous creusés par ces animaux dits «fouisseurs», capables de construire de vastes galeries familiales, et dont l’espèce est partiellement protégée en Europe. Difficile, donc, de lutter contre. Les blaireaux peuvent creuser des galeries faisant jusqu’à 2000 m2 et 3 ou 4 m de profondeur. Pour Marie-Bernard Benoît, c’est une calamité. «L’année dernière, la haie était déracinée, explique-t-il en nous montrant de vastes trous de 70 cm de diamètre, j’ai dû l’enlever pour retaluter proprement. Trois mois après, ils étaient revenus !» «Ils», ce sont les blaireaux, difficiles à dénombrer autant qu’à déloger : «Les lieutenants de louvèterie sont dépassés parce qu’on a pas le droit d’y toucher. J’ai contacté la FDSEA et j’espère obtenir du Préfet un arrêté afin que des moyens appropriés soient pris pour s’en débarrasser.» Pour Marie-Bernard Benoît le constat est simple : «Il faut réguler car on est en prolifération !».
Prolifération de blaireaux
Pour l’agriculteur, éleveur de bovins sur Ravizy et Montreuillot, les conséquences sur son travail sont importantes. Une fois que les blaireaux ont commencé de creuser leurs terriers, le champs ressemble vite à du gruyère, où il s’avère compliqué de passer en tracteur et où il peut même être dangereux de paître pour les bêtes. «Les animaux peuvent se casser une patte. Cela provoque des pertes, des accidents. Un petit veau peut tomber dans la galerie, y rester et ne pas pouvoir se relever. C’est déjà arrivé d’ailleurs. La seule solution c’est la destruction car le phénomène va en s’amplifiant depuis une dizaine d’années.» Et en effet, reboucher les trous reste inefficace car «le lendemain il y a de nouveaux trous». Marie-Bernard est également inquiet pour les risques sanitaires liés à la présence de blaireaux, qui peuvent être porteurs de tuberculose bovine. «Le problème, c’est qu’actuellement aucun texte ne prévoit leur chasse et on peut faire appel à la vénerie sous terre mais pas avant le 1er mai.» La vénerie sous terre permet en effet d’attraper les blaireaux directement dans leurs terriers, ce qui devient nécessaire lorsque ceux-ci sont trop nombreux. Si Marie-Bernard Benoît a été victime de dégâts estimés à 250€, pour d’autres agriculteurs la somme est autrement plus élevée. Et le ras-le-bol commence à grandir. À Montapas, Jean-Pierre Freguin constate de plus en plus de dégâts dans ses champs à cause des blaireaux. Ses voisins sont également touchés depuis 4, 5 ans. «Dans les cultures les blaireaux couchent le maïs et la perte dans les récoltes est la même que pour les sangliers. Cette année, on a eu des cerfs, des cochons et avec les blaireaux en plus c’est une catastrophe.» Jean-Paul Farruggia, archéologue à la retraite, a suivi des terriers de blaireaux sur des fouilles et et observe lui aussi une prolifération depuis quelques années. «Dans mon enfance, il n’y en avait pas beaucoup et on ne connaissait que le mot tachon (patois pour désigner le blaireau, Ndlr). Mais maintenant il y en a de plus en plus. Un blaireau fait trois à cinq petits par an et ils s’organisent en colonies sur des zones bien délimitées, donc les populations augmentent vite.» Une prolifération difficile à stopper et source de beaucoup d’angoisse pour les agriculteurs. Marie-Bernard Benoît n’hésite pas à penser qu’un agriculteur sur deux serait touché par les dégâts de blaireaux.
Prolifération de blaireaux
Pour l’agriculteur, éleveur de bovins sur Ravizy et Montreuillot, les conséquences sur son travail sont importantes. Une fois que les blaireaux ont commencé de creuser leurs terriers, le champs ressemble vite à du gruyère, où il s’avère compliqué de passer en tracteur et où il peut même être dangereux de paître pour les bêtes. «Les animaux peuvent se casser une patte. Cela provoque des pertes, des accidents. Un petit veau peut tomber dans la galerie, y rester et ne pas pouvoir se relever. C’est déjà arrivé d’ailleurs. La seule solution c’est la destruction car le phénomène va en s’amplifiant depuis une dizaine d’années.» Et en effet, reboucher les trous reste inefficace car «le lendemain il y a de nouveaux trous». Marie-Bernard est également inquiet pour les risques sanitaires liés à la présence de blaireaux, qui peuvent être porteurs de tuberculose bovine. «Le problème, c’est qu’actuellement aucun texte ne prévoit leur chasse et on peut faire appel à la vénerie sous terre mais pas avant le 1er mai.» La vénerie sous terre permet en effet d’attraper les blaireaux directement dans leurs terriers, ce qui devient nécessaire lorsque ceux-ci sont trop nombreux. Si Marie-Bernard Benoît a été victime de dégâts estimés à 250€, pour d’autres agriculteurs la somme est autrement plus élevée. Et le ras-le-bol commence à grandir. À Montapas, Jean-Pierre Freguin constate de plus en plus de dégâts dans ses champs à cause des blaireaux. Ses voisins sont également touchés depuis 4, 5 ans. «Dans les cultures les blaireaux couchent le maïs et la perte dans les récoltes est la même que pour les sangliers. Cette année, on a eu des cerfs, des cochons et avec les blaireaux en plus c’est une catastrophe.» Jean-Paul Farruggia, archéologue à la retraite, a suivi des terriers de blaireaux sur des fouilles et et observe lui aussi une prolifération depuis quelques années. «Dans mon enfance, il n’y en avait pas beaucoup et on ne connaissait que le mot tachon (patois pour désigner le blaireau, Ndlr). Mais maintenant il y en a de plus en plus. Un blaireau fait trois à cinq petits par an et ils s’organisent en colonies sur des zones bien délimitées, donc les populations augmentent vite.» Une prolifération difficile à stopper et source de beaucoup d’angoisse pour les agriculteurs. Marie-Bernard Benoît n’hésite pas à penser qu’un agriculteur sur deux serait touché par les dégâts de blaireaux.
Les blaireaux
La vénerie sous terre, pour traquer les blaireaux dans leur habitat
La Vènerie sous terre consiste pour les chasseurs à partir sans fusil mais avec pour seules armes des pelles et des pioches. Ils sont accompagnés de petits chiens de type fox ou teckel et ne chassent pas pour manger. Ils prennent les renards et les blaireaux au fond de leur terrier. Pour cela ils introduisent un chien dans la galerie, lequel est chargé d’acculer l’animal. Celui-ci est ensuite saisi à l’aide de pinces. Si la technique paraît simple en apparence, c’est loin d’être le cas. Les chasseurs qui pratiquent la vènerie sous terre doivent non seulement bien connaître les terriers mais aussi savoir distinguer le terrier du blaireau de celui du renard ou du lapin.
Une espèce partiellement protégée en Europe
Trapu et court sur pattes, le blaireau européen est l’une des plus grosses espèces de Mustélidés d’Europe. Il peut atteindre 70 cm de long (90 cm avec la queue) et jusqu’à 20 kgs. Il est reconnaissable par ses bandes noires sur son museau blanc et vit dans quasiment toute l’Europe. C’est un animal territorial qui a longtemps été présenté comme solitaire, et sensible à la rage et à la tuberculose bovine. Ses mœurs sont essentiellement nocturnes. Il vit dans un terrier «principal» occupé par un clan familial de blaireaux, notamment à l’automne et à l’hivernage. C’est là que les mères mettent au monde leurs petits. Le terrier est composé de plusieurs galeries qui peuvent descendre jusqu’à 3 ou 4 m de profondeur, sur une distance atteignant 15 m de long voire plus, il est accessible en moyenne par cinq entrées. Ce terrier est légué aux générations suivantes et peut être habité des dizaines voire des centaines d’années. Le blaireau est un animal partiellement protégé en Europe.
La Vènerie sous terre consiste pour les chasseurs à partir sans fusil mais avec pour seules armes des pelles et des pioches. Ils sont accompagnés de petits chiens de type fox ou teckel et ne chassent pas pour manger. Ils prennent les renards et les blaireaux au fond de leur terrier. Pour cela ils introduisent un chien dans la galerie, lequel est chargé d’acculer l’animal. Celui-ci est ensuite saisi à l’aide de pinces. Si la technique paraît simple en apparence, c’est loin d’être le cas. Les chasseurs qui pratiquent la vènerie sous terre doivent non seulement bien connaître les terriers mais aussi savoir distinguer le terrier du blaireau de celui du renard ou du lapin.
Une espèce partiellement protégée en Europe
Trapu et court sur pattes, le blaireau européen est l’une des plus grosses espèces de Mustélidés d’Europe. Il peut atteindre 70 cm de long (90 cm avec la queue) et jusqu’à 20 kgs. Il est reconnaissable par ses bandes noires sur son museau blanc et vit dans quasiment toute l’Europe. C’est un animal territorial qui a longtemps été présenté comme solitaire, et sensible à la rage et à la tuberculose bovine. Ses mœurs sont essentiellement nocturnes. Il vit dans un terrier «principal» occupé par un clan familial de blaireaux, notamment à l’automne et à l’hivernage. C’est là que les mères mettent au monde leurs petits. Le terrier est composé de plusieurs galeries qui peuvent descendre jusqu’à 3 ou 4 m de profondeur, sur une distance atteignant 15 m de long voire plus, il est accessible en moyenne par cinq entrées. Ce terrier est légué aux générations suivantes et peut être habité des dizaines voire des centaines d’années. Le blaireau est un animal partiellement protégé en Europe.