Formation de la Chambre d’agriculture sur les Marchés à terme
«Cela ne sert pas à spéculer mais à sécuriser son prix de vente»
Youna Girault, la conseillère en «références technico-économiques des exploitations en grandes cultures» à la Chambre d’agriculture, prépare une nouvelle formation sur les Marchés à terme. Intitulée «sécuriser ses prix de vente en grandes cultures», elle aura lieu sur trois jours les 13, 19 et 27 février prochains. Témoignage de Jean de Gesnais, agriculteur à Sauvigny-les-Bois, qui l’a suivie en 2011.
L‘objectif de cette nouvelle session de formation consiste à [I]«permettre aux producteurs d’utiliser de manière opérationnelle et régulière les Marchés à terme (MAT) européens (céréales et oléagineux) en parfaite connaissance de cause (coûts, risques résiduels engendrés) et de mieux comprendre les nouveaux contrats proposés par les organismes stockeurs (contrat en prix à fixer indexé sur le MAT, contrat en prix de vente avec intéressement à la hausse)»[i]. Les 13, 19 et 27 février prochains seront donc orientés sur les avantages et les inconvénients de ces marchés à terme, les marchés d’options et les modalités d’accès comptables et bancaires à ces MAT, et permettront de réaliser des simulations de vente à l’échelle d’une exploitation agricole. Selon Youna Girault, la conseillère de la Chambre d’agriculture qui l’organise, [I]«on peut aujourd’hui sécuriser son revenu par une palette de moyens (assolements, assurance-grêle ou accidents climatiques) mais le marché à terme et la connaissance des contrats proposés par les OS sont d’autres moyens complémentaires qui, toutefois, ne s’opposent ni ne se substituent au marché physique»[i]. Vendre ses productions virtuellement, à terme, pour tenir compte de l’offre et de la demande et maîtriser la volatilité des prix des matières premières, peut aider à sécuriser le revenu. C’est aussi un outil qui comporte des risques qu’il faut apprendre à maîtriser. C’est pourquoi le réseau national des Chambres d’agricultures propose depuis une dizaine d’années un service qui s’appelle [I]«Mes Marchés»[i], qui assure réactivité, analyse et conseils tout en garantissant objectivité, indépendance et proximité. C’est aussi la raison pour laquelle des formations sont organisées.
[INTER]«La commercialisation redonne du sens au métier»[inter]
Jean de Gesnais, dont on connaît les Jardins de Marigny où les consommateurs peuvent aller cueillir leurs fruits et légumes à Sauvigny-les-Bois, est également producteurs de céréales. L’EARL des Jardins de Marigny, qu’il a réorganisée avec sa fille Mathilde depuis février 2013, exploite 240 ha de blé-orge-colza-triticale-avoine-trèfles de semences. Et dès 2011, il s’est intéressé aux marchés à terme, en suivant la formation de la Chambre. [I]«Cela devenait intéressant de se réapproprier la commercialisation de ses produits. Un gains de 10 euros/t, ce n’est pas grand chose mais c’est l’équivalent d’un fongicide. Maîtriser ses marges fait partie intégrante du métier d’agriculteur. Et la commercialisation s’y révèle tout aussi essentielle que la technique. Bien vendre la production est un acte majeur de production qui redonne du sens au métier, qui l’enrichit. J’avais commencé à y prendre goût avec la vente directe»[i] explique-t-il. Jean de Gesnais vante la simplicité de la formation, dans une démarche collective des adhérents du CETA entre Loire et Allier, qui se montre [I]«plus concrète»[i] que tout ce que les informations sur internet permettent de glaner à propos des MAT. L’objectif n’est pas d’intégrer les rouages -complexes- des marchés mais de s’approprier [I]«les mécanismes et le vocabulaire particulier»[i]. Et d’apprendre à déchiffrer les tendances issues des analyses, aussi.
[INTER]«Ne pas spéculer, sécuriser»![inter]
L’agriculteur de Sauvigny-les-Bois reçoit désormais tous les mardis les analyses des spécialistes qui animent [I]« Mes Marchés »[i], comme d’autres structures (ODA, Agritel) le font aussi. Il a accès à un site avec un code confidentiel qui lui donne également les cours du jour, les événements mondiaux, les propositions de cotations physiques: [I]«ce qui pourrait se passer compte plus que ce qui s’est passé. Conduire avec le rétroviseur est plus facile que d’allumer l’anti-brouillard. Chicago était hier à la hausse en raison du froid polaire mais la pertinence du conseil repose sur l’anticipation des analystes»[i] insiste-t-il tout en estimant que la tendance haussière est lourde: [I]«la production et la demande ne cessent de croître depuis 40 ans. La météo difficile des dernières années a fait fondre les stocks mondiaux. Ces éléments psychologiques font fluctuer les tendances de marché»[i]. Cela fait quatre ans que Jean de Gesnais a ouvert un premier compte spécial marché à terme, puis à nouveau en février dernier quand il a créé l’EARL avec sa fille mais il ne l’a pas encore fait fonctionner. [I]«Il ne faut pas dire «je spécule», mais «je sécurise le prix de vente moyen de ma production»[i] affirme-t-il, prudent. Peut-être n’est-il pas encore prêt à prendre des positions inconsidérées sur le marché mondial...
[INTER]«La commercialisation redonne du sens au métier»[inter]
Jean de Gesnais, dont on connaît les Jardins de Marigny où les consommateurs peuvent aller cueillir leurs fruits et légumes à Sauvigny-les-Bois, est également producteurs de céréales. L’EARL des Jardins de Marigny, qu’il a réorganisée avec sa fille Mathilde depuis février 2013, exploite 240 ha de blé-orge-colza-triticale-avoine-trèfles de semences. Et dès 2011, il s’est intéressé aux marchés à terme, en suivant la formation de la Chambre. [I]«Cela devenait intéressant de se réapproprier la commercialisation de ses produits. Un gains de 10 euros/t, ce n’est pas grand chose mais c’est l’équivalent d’un fongicide. Maîtriser ses marges fait partie intégrante du métier d’agriculteur. Et la commercialisation s’y révèle tout aussi essentielle que la technique. Bien vendre la production est un acte majeur de production qui redonne du sens au métier, qui l’enrichit. J’avais commencé à y prendre goût avec la vente directe»[i] explique-t-il. Jean de Gesnais vante la simplicité de la formation, dans une démarche collective des adhérents du CETA entre Loire et Allier, qui se montre [I]«plus concrète»[i] que tout ce que les informations sur internet permettent de glaner à propos des MAT. L’objectif n’est pas d’intégrer les rouages -complexes- des marchés mais de s’approprier [I]«les mécanismes et le vocabulaire particulier»[i]. Et d’apprendre à déchiffrer les tendances issues des analyses, aussi.
[INTER]«Ne pas spéculer, sécuriser»![inter]
L’agriculteur de Sauvigny-les-Bois reçoit désormais tous les mardis les analyses des spécialistes qui animent [I]« Mes Marchés »[i], comme d’autres structures (ODA, Agritel) le font aussi. Il a accès à un site avec un code confidentiel qui lui donne également les cours du jour, les événements mondiaux, les propositions de cotations physiques: [I]«ce qui pourrait se passer compte plus que ce qui s’est passé. Conduire avec le rétroviseur est plus facile que d’allumer l’anti-brouillard. Chicago était hier à la hausse en raison du froid polaire mais la pertinence du conseil repose sur l’anticipation des analystes»[i] insiste-t-il tout en estimant que la tendance haussière est lourde: [I]«la production et la demande ne cessent de croître depuis 40 ans. La météo difficile des dernières années a fait fondre les stocks mondiaux. Ces éléments psychologiques font fluctuer les tendances de marché»[i]. Cela fait quatre ans que Jean de Gesnais a ouvert un premier compte spécial marché à terme, puis à nouveau en février dernier quand il a créé l’EARL avec sa fille mais il ne l’a pas encore fait fonctionner. [I]«Il ne faut pas dire «je spécule», mais «je sécurise le prix de vente moyen de ma production»[i] affirme-t-il, prudent. Peut-être n’est-il pas encore prêt à prendre des positions inconsidérées sur le marché mondial...
le marché à terme
Le négoce à terme n’est pas une nouveauté née de l’imagination des financier modernes mais existe depuis les débuts du commerce. Les producteurs et utilisateurs de matières premières, notamment, ont toujours voulu se garantir contre des fluctuations des prix pouvant pénaliser leur commerce. Le marché à terme, dénommé parfois le «marché de futures» est «un marché sur lequel les transactions donnent lieu à paiement et livraison des actifs financiers ou des marchandises à une échéance ultérieure», selon la réglementation. En terme de matières premières, comme les produits financiers, Euronext.Liffe offre à la négociation une large gamme de contrats à terme et d’options (put et call) comprenant le cacao, le café robusta, le sucre blanc, le blé fourrager, le blé meunier, le colza, la pomme de terre et le maïs. Ces types de contrats sont des produits dérivés car leur prix va dépendre de l’évolution des prix au comptant du bien sur lequel ils portent, le «sous-jacent». Prenons l’exemple d’un producteur de blé. La récolte se fait en été mais les ventes n’auront lieu qu’en automne. Le blé se traite aujourd’hui sur le marché au comptant à 1200 dollars la tonne. Au prix actuel, vous savez combien vaut votre récolte mais ce que vous ignorez, c’est le prix auquel vous pourrez vendre cette récolte dans trois mois. Pour éviter de perdre de l’argent si les prix venaient à connaître une chute inattendue, vous pouvez vous entendre aujourd’hui avec un acheteur pour lui vendre votre blé dans trois mois à un prix que vous fixerez dès maintenant. Dans cet exemple, acheteur et vendeur ont des stratégies opposées. De votre côté, vous pensez que le blé va baisser et vous préférez le vendre au cours d’aujourd’hui qui vous satisfait, l’acheteur, de son côté anticipe plutôt une hausse des prix d’ici 3 mois et escompte faire une bonne affaire. Les contrats à terme sont initialement prévus pour se couvrir contre des variations de prix, ils concentrent désormais une grande part de spéculation, peut-être plus avantageuse financièrement mais aussi plus risquée. Les contrats proposés permettent aussi bien la « couverture » (sécuriser son revenu) que la spéculation (Sources: abcbourse et easybourse).