Accès au contenu
Chaîne de fenaison

Ce qu'€™il fallait démontrer à Mécafourrages...

Le temps n'€™était pas de la partie mais la journée a parfaitement rempli ses objectifs et les courageux qui ont bravé la pluie et la boue n'€™ont pas été déçus. La dernière édition de Mecafourrages fera date.
Par Anne-Marie Klein
Ce qu'€™il fallait démontrer à Mécafourrages...
Règle journalistique n° 1: savoir prendre de la hauteur sur l'évènement.
Il y avait le ciel couvert et bas, la pluie, la boue omniprésente et quelques îlots d'€™herbe luxuriante et détrempée… mais face à tous ces éléments contraires les organisateurs, les participants comme les visiteurs ont fait front de marbre et compensé le mauvais temps par une mobilisation et un intérêt sans faille. Cette dernière édition de Mecafourrages qui s'€™est déroulée à Toutry à la croisée des chemins de la Côte d'€™Or et de l'€™Yonne restera dans les annales, pas seulement à cause du temps exécrable mais surtout par son contenu puisque les ateliers, les démonstrations et le forum ont fait recette. Les visiteurs venus nombreux se sont montrés particulièrement motivés, intervenant lors des ateliers, n'€™hésitant pas à braver la boue pour aller à la rencontre des exposants et appréciant à leur juste valeur des démonstrations de matériels en situation extrême.
[INTER]Pas de recettes toutes faites[inter]
Il y avait beaucoup à voir et à apprendre… On peut sans risque de se tromper convenir que tous ceux qui ont participé à cette nouvelle édition de Mecafourrages n'€™ont pas regretté d'€™avoir bravé les éléments et sont repartis avec quelques réponses aux questions qu'€™ils se posaient ou des nouvelles façons d'€™envisager certaines de leurs pratiques.
Fil conducteur de toute cette journée, l'€™autonomie pour des systèmes fourragers économes. Comme supports de réflexion cinq ateliers techniques, pratiques et concrets où les techniciens étaient épaulés par des agriculteurs témoignant de leurs pratiques et de leurs expériences. Car ici, pas de recettes toutes faites mais un cheminement qui montre au travers des témoignages et des réflexions des visiteurs que l'€™on s'€™inscrit dans une démarche où il faut savoir raisonner de façon différente et changer de pratique si nécessaire.
A chacun sa solution… mais pour tous de précieux conseils largement dispensés. Au hasard : [I]«savoir définir son objectif, car cela déterminera le niveau de l'€™investissement»[i] ; [I]«penser à l'€™ensemble de la chaîne de récolte et bien choisir ses variétés en fonction des objectifs de quantité et de qualité définis»[i] ; [I]«porter une attention particulière à des cultures dérobées qui peuvent être aussi des cultures à risque»[i] ; pour optimiser les chantiers de récolte de foin [I]«jouer sur tous les leviers qui permettent d'€™améliorer les conditions de récolte et la rentabilité de l'€™ensemble»[i] ; [I]«balles rondes ou balles carrées, il peut être important de bien comparer les coûts de revient»[i] et surtout raisonner collectif quand on veut vraiment faire baisser la facture et ne pas hésiter à tout intégrer, jusqu'€™au stockage… Quand on raisonne coûts comparés, les Cuma ont un bel avenir devant elles...
[INTER]Il faut savoir d'€™où l'€™on part et où l'€™on veut arriver...[inter]
Point de ralliement de la journée, les présentations de matériels bien sûr et les démonstrations, mais aussi le forum-débat qui a rassemblé un grand nombre de participants. Peu loquaces quand il s'€™est agi de poser des questions, les spectateurs participants se sont montrés très attentifs aux exposés de Jérôme Laviron d'€™Alyse pour l'€™Yonne, Pierre Robin de la Chambre d'€™agriculture de Côte d'€™Or et Laurent Lefebvre de la Chambre d'€™agriculture de Saône-et-Loire. Là encore il n'€™était pas question de donner des solutions toutes faites mais d'€™apporter des éléments de raisonnement et des références technico-économiques permettant à chacun d'€™ajuster son propre système.
Ce qu'€™il faut retenir c'€™est que pour gagner en autonomie fourragère en production de bovins allaitants il faut accepter de changer ses conduites d'€™élevage, adapter la ressource fourragère aux besoins en respectant un principe de cohérence entre le chargement et le potentiel fourrager. Sans négliger, et ce printemps en est la parfaite illustration, de s'€™adapter chaque année au contexte pedo-climatique...
Pour les systèmes laitiers, l'€™économie peut être d'€™autant plus importante que le poste alimentaire représente 47% du coût total de production. Les éleveurs laitiers peuvent mobiliser de nombreux leviers en fonction des contraintes structurelles et du contexte pédo-climatique, mais là encore pas de recettes il faut savoir d'€™où l'€™on part et où l'€™on veut arriver.
Il faudra retenir que [I]«la base de tout c'€™est la cohérence du système d'€™exploitation»[i], tous les aspects du système sont concernés, l'€™approche ne peut être que systémique [I]«on avance par tâtonnements et il faut accepter de se planter»[i]. Le mot de la fin reviendra à Alain Gouin, président du comité de pilotage de Mecafourrages qui rappelle que [I]«les Cuma sont là pour répondre à certains questionnements et qu'€™il est toujours plus facile de passer les obstacles à plusieurs que tout seul»[i]. L'€™ensemble des démonstrations et des contributions aura ainsi montré que si les recherches d'€™autonomie peuvent être sources de nouvelles complexités, elles trouvent aussi leurs solutions dans l'€™entraide et les Cuma, pour un effet à la fois plus efficace et plus économe.