C'est joli, les pivoines
Claire Estivalet s'est lancée dans une aventure florale en complément de son travail à la ferme à Saulon-la-Chapelle.
Coral Sunset, Henri Bockstoce, Jules Élie : ces noms attribués à des pivoines vous disent peut-être quelque chose. Nous, non ! C'est la raison pour laquelle nous sommes allés faire un petit tour chez Claire Estivalet, unique productrice de cette fleur en Côte-d'Or (sauf erreur de notre part). Son entreprise, « Les Pivoines de la Sans-Fond » a été créée en 2022 à Saulon-la-Chapelle. Huit mille plants, pour 11 variétés de pivoines, ont aussitôt trouvé leur place sur une surface de 3 000 m2. « La rencontre d'un producteur et d'un champ en fleurs avait été un déclic pour moi, c'était en 2020 du côté de Seurre », retrace Claire Estivalet, « j'ai tout de suite sympathisé avec ce hollandais basé à Lyon. Oui, il m'a en quelque sorte transmis sa passion… Je m'étais approvisionnée en plants vers lui et directement des Pays-Bas. Il n'a plus de champs dans le secteur aujourd'hui ». Claire Estivalet, salariée à Poul'et Compagnie (entreprise gérée par Ludovic Maret) avait déjà une expérience dans les cultures après la mise en place d'une production de framboises au sein de la ferme : « il a fallu apprendre beaucoup de choses sur cette culture qui demande beaucoup d'attention. Je m'occupe encore des poulets, mais un peu moins désormais ! Pour les framboises, en plus de la culture, j'ai notamment en charge la partie transformation ».
Un mois bien rempli
La pivoine serait la fleur préférée des femmes : « oui, je confirme ! Il y a souvent une belle histoire et beaucoup de nostalgie derrière chaque fleur, il y en avait souvent dans les jardins de nos parents et grands-parents. La pivoine est parfumée, très généreuse, elle s'embellit de jour en jour… ». La récolte a commencé début mai à Saulon et devrait se poursuivre encore deux semaines : « il faut compter généralement un mois, mais tout va très vite. Les dernières ventes devraient se terminer autour du 10 juin, selon les demandes ». Claire Estivalet vend un tiers de ses pivoines à des grossistes parisiens et lyonnais, ainsi qu'à plusieurs fleuristes locaux. Beaucoup de fleurs sont également écoulées directement dans la cour de ferme, ouverte tous les jours à cette période. La productrice se rend aux halles de Dijon et de Beaune. Ce samedi 23 mai, une présence sera même assurée à la pépinière Sonofep, à Saulon-la-Rue.
Avis aux amateurs
L'actuelle récolte est seulement la deuxième pour Claire Estivalet : « les premières fleurs n'arrivent qu'après trois années de plantation. L'an passé, nous avions réussi à tout vendre, j'espère que cela sera encore le cas en 2026. Nous sommes encore aux débuts de l'activité, le démarchage continue et nous sommes encore dans le perfectionnement. Les pivoines nécessitent beaucoup de travail méticuleux, tout est fait à la main, aussi bien dans la culture que dans la présentation du produit final ».