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Élevage laitier

Pas de vacances pour les jeunes éleveurs

Giovan Gervasoni et Théo Clerget ont 16 et 17 ans. Fils d’éleveurs laitiers, ils ont choisi l’apprentissage pour se préparer à reprendre, un jour, l’exploitation familiale. Rencontre avec deux jeunes qui ont déjà les pieds dans les bottes.

Par AG
Pas de vacances pour les jeunes éleveurs
Giovan Gervasoni et Théo Clerget, il y a quelques jours à Courcelles-Frémoy.

Mais que font-ils avec une Brune dans un champ de tournesol ? Rassurez-vous, ce n'est que pour la photo, nous pensions que le rendu allait être plus sympa que dans un pré tout jaune, grillé par la sécheresse. Giovan Gervasoni et Théo Clerget ont pris « cinq minutes » pour nous parler de leur quotidien. Alors que la majorité des « ados » sont en vacances, les pieds dans l'eau ou chez eux devant leur écran de téléphone, ces deux fils d'éleveurs sont « sur le pont », l'apprentissage de leurs études ayant déjà repris. « Pour ma part, je rentre en classe le 8 septembre en Terminale CGEA à la MFR de Quetigny. Mon apprentissage se passe ici, sur la ferme de mes parents », présente Théo Clerget, 17 ans. Giovan Gervasoni, lui, vient d'Essarois : « J'ai un an de moins que Théo et j'entrerai en Première CGEA début septembre moi aussi. C'est mon premier jour ici en tant qu'apprenti. Et moi aussi, je compte bien m'installer plus tard sur l'exploitation familiale ! ». La question de devenir éleveur laitier ne s'est, en réalité, jamais posée pour ces deux compères : « nous sommes nés dedans et cela a toujours été une passion ».

Moins dur qu'en juin

L'actuelle sécheresse n'est pas de tout repos, les deux intéressés confirment : « il y a du boulot, c'est certain, entre amener de l'eau et à manger aux animaux, nous sommes bien occupés. Mais le plus dur, pour ma part, c'était en juin, quand il y avait les moissons et la paille, en plus des vaches. Nous travaillons aussi avec un voisin, les journées étaient intenses ! ». Le Gaec Sureau-Clerget compte actuellement 146 vaches à la traite, la moitié en race Brune mais avec aussi des Prim'Holstein, Simmental, Montbéliardes, Jersiaises et Vosgiennes. Comme chez tous les éleveurs laitiers que nous avons rencontrés ces dernières semaines, les baisses de productions ont été importantes, les vaches ont souffert des fortes températures. « Heureusement, nous avons plusieurs ventilateurs dans nos bâtiments, elles ont plus facilement passé le cap quand le mercure était au plus haut », signale Théo Clerget.

Et le réveil ?

À quelle heure se lève-t-on quand on est éleveur laitier ? « Entre 5 et 6 heures », répondent simultanément nos deux interlocuteurs. C'est sûr, les grasses matinées, on ne les connaît pas trop dans ce métier : « quatre à cinq fois dans l'année, nous nous levons tout de même entre 8 heures et 9 heures. Et très exceptionnellement plus tard, comme ce fut le cas ce week-end, car nous sommes allés au bal à Gurgy-le-Château. Nous nous sommes couchés à 6 heures… Donc la nuit s'est prolongée jusqu'à 11 heures. Merci aux parents d'avoir assuré seuls le boulot ! ». Les exploitations de Théo et Giovan sont toutes les deux équipées de robots : « nous sommes trop jeunes pour comparer à la situation d'avant. Mais oui, nous pouvons nous permettre d'être sur place un peu plus tard qu'avec une salle de traite. Avec des robots, le travail est différent. Il y a moins d'astreinte mais beaucoup plus de surveillance. En contrepartie, nous pouvons être appelés trois fois dans la même nuit pour un problème technique, ou bien être un mois sans la moindre alerte… La plupart du temps, il est assez facile de résoudre le problème. Mais quand celui-ci est plus compliqué, un technicien se déplace aussitôt ».

L'agriculture mais pas que

Si l'élevage est de loin leur passion numéro 1, Théo Clerget et Giovan Gervasoni ont en point commun une autre activité, la chasse. Giovan passera son permis dans quelques semaines mais a déjà une saison à son actif, par le biais de la chasse accompagnée. Plusieurs sorties du côté de Montmoyen lui ont déjà permis de prélever des animaux : un sanglier de 35 kg et une biche de 110 kg. Théo est quant à lui traqueur depuis cinq ou six ans : « je ne tire pas, mais je prends moi aussi grand plaisir à aller à la chasse. Sinon, j'aime bien aussi la pêche, même si je n'y vais pas beaucoup en ce moment, pour ne pas dire pas du tout avec tout ce qu'il y a à faire à la ferme ». Le jeune éleveur a déjà pris un silure d'1,40 m dans le Serein, à Toutry : « c'est mon plus gros poisson à ce jour, le combat a duré plus de deux heures, c'était incroyable ! Sinon, parmi mes autres belles prises, ma plus grosse carpe faisait 12 kg et mon plus beau brochet mesurait 75 cm ».