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Chambre d'agriculture

Brosser un tableau de l'agriculture icaunaise

Vendredi 28 novembre, Arnaud Delestre, président de la Chambre d'agriculture de l'Yonne est revenu sur les actualités agricoles du département.

Par Charlotte Sauvignac
Chambre d'Agriculture
Isabelle Pettazzoni, directrice adjointe de la DDT, Gilles Abry, élu au conseil départemental, Arnaud Delestre, président de la Chambre d'Agriculture et François Avez, sous-directeur de la Chambre d'Agriculture ont mené la session du 28 novembre.

En brossant un contexte général agricole assez incertain, Arnaud Delestre, président de la Chambre d'agriculture s'adresse en premier lieu aux viticulteurs. Après une récolte jugée « globalement satisfaisante, et avec des rendements de 50 à 60 hl/ha », la viticulture icaunaise enregistre « les meilleurs volumes de Bourgogne, en comparaison à la Saône-et-Loire qui a particulièrement souffert de la canicule ». Du côté sanitaire, et en particulier sur la flavescence dorée, 4 communes ont été recensées, ayant au moins un échantillon positif. Ce résultat entre dans le cadre de l'enquête de prospection collective, à laquelle la Chambre d'agriculture est associée. Parmi ces quatre communes nous retrouvons : Maligny, Chichée, Préhy et Chablis (dont Milly et Poinchy).

Des rendements corrects

Du côté des grandes cultures, « les récoltes se sont globalement déroulées dans de bonnes conditions », constate-t-il. Ces bonnes nouvelles ne sont pas le cas dans toutes les cultures. Après l'enquête annuelle réalisée par la Chambre d'agriculture, « on dénombre une grande hétérogénéité en ce qui concerne les rendements en tournesols analysés, allant de 15 à 45 q/ha parmi les producteurs ayant répondu ». Cette disparité s'expliquye notamment par « les épisodes de canicule, le manque d'eau ou les semis tardifs qui ont pu pénaliser certaines zones ». Les semis de colza ont quant à eux bien commencé. « La majorité des parcelles a déjà bien levé et les plants ont une implantation correcte, si bien que le stade quatre feuilles a pu être observé avant la date charnière du 15 septembre », affirme-t-il avant d'ajouter que « cela devrait permettre aux colzas d'être plus robustes et ainsi résistants aux larves de grosses altises ». Cette note positive peut aussi s'analyser sur les pois et les féveroles « qui ont débuté autour du 10 novembre dans des conditions météorologiques plutôt favorables à leur implantation ». Pour terminer, Arnaud Delestre revient sur la culture de betteraves, avec « environ 85 % à 90 % des parcelles qui ont pu être arrachées mi-novembre à la faveur de bonnes conditions climatiques ». Cependant, à cause de la jaunisse, « les rendements sont très hétérogènes ».

Le marché manque d'animaux

En ce qui concerne l'élevage, Arnaud Delestre décrit « un dynamisme au niveau des abattages de bovins », notamment en raison de « la sécheresse qui avait incité les éleveurs allaitants à se séparer des bêtes pour éviter les coûts d'affouragement ». Ce mouvement s'est étalé sur les neuf premiers mois de l'année et les abattages ont donc « progressé de 1 % » par rapport à l'an dernier. Cependant, le constat est là : « le marché manque d'animaux et cela impacte les cotations avec des cours hauts bien que stabilisés ». Du côté des jeunes bovins, « il y a eu une rétention des animaux dans les fermes. La baisse saisonnière des cotations n'a pas eu lieu cet été ». Pour ce qui est des broutards, la suspension des exportations à cause de la DNC, n'a pas eu d'impact majeur et « les exportations ont pu reprendre de manière soutenue ». Après les bovins, le marché des ovins considéré comme « en repli depuis cet été » semble repartir à la hausse à l'approche des fêtes de fin d'année. En ce qui concerne la volaille, la filière « est actuellement sous pression en raison de la grippe aviaire, avec 27 foyers détectés dans les élevages commerciaux au niveau national. Cette situation tend à se répéter chaque année avec le survol du territoire par l'avifaune sauvage en migration, porteuse de nombreux cas de contamination ». Pour conclure, la filière porcine affiche de bons résultats. « La filière progresse cette année, grâce à la hausse combinée du poids des carcasses et du cheptel ».