(2/3) Méthanisation à la ferme
Bilans et perspectives
Au 1er janvier 2014, huit installations de méthanisation valorisant le biogaz sont en fonctionnement en Bourgogne dont sept agricoles. Une autre installation est en cours de construction et six autres sont en étude règlementaire et devraient voir le jour cette année.
Sur ces installations, l’Ademe à mis en place un suivi précis afin de mieux connaître la technique de méthanisation et d’en assurer un développement cohérent. Les installations agricoles font l’objet d’un suivi d’impact du digestat sur les sols et les cultures. Une étude a également été lancée afin de connaître l’impact sur l’emploi local de ces installations.
Sept des huit installations comptent moins d’un an et demi de fonctionnement. Même s’il est trop tôt pour dresser un bilan technico-économique précis, quelques chiffres peuvent néanmoins être retenus pour ces installations: 30 000 tonnes de matière méthanisées dont 55% d’effluents d’élevage ; 1 000 kW de puissance électrique totale ; plus de 4 millions de kWh électriques injectés (soit l’équivalent de plus de 1 000 foyers) ; 3 millions de kWh thermique valorisés (soit l’équivalent de 300 000 litres de fioul). D’un point de vue financier, l’ensemble des 8 projets représente un investissement global de plus de 11 M€ dont 4 M€ de subventions (Ademe, Conseil régional, Fonds européens Feder, ministère de l’Agriculture).
La Bourgogne reste en retrait en termes d’installations. Une progression assez lente qui peut s’expliquer par plusieurs de freins. D’une part, les investissements sont coûteux (de 500 000 € à 2 000 000€ en moyenne) et imposent une assise financière saine. Autre frein au développement, les contraintes techniques au premier rang desquels le manque de gisement ou la saisonnalité de sa disponibilité (notamment pour le fumier). Certes, l’apport de matières extérieures peut représenter une solution, à condition d’être pérennes dans le temps et d’offrir une qualité suffisante pour un retour au sol. La deuxième contrainte réside dans la valorisation de l’énergie produite. En effet, il est nécessaire d’avoir une utilisation de la chaleur, au moins pendant les mois d’hiver. Le chauffage de bâtiment en substitution d’énergie fossile reste la meilleure valorisation (les bâtiments peuvant se situer à une distance de 500 m à 1 km avec un coût acceptable). Si le réseau de gaz naturel est présent, l’injection du biogaz est une possibilité intéressante, cependant cela représente un investissement important et des charges élevées, et sera donc réservé à une installation conséquente.
[INTER]Des opportunités et des perspectives différentes[inter]
L’évolution des demandes fait état de projets majoritairement agricoles, avec en fil rouge une recherche d’autonomie sur les intrants et des installations de taille modeste.
Si des exploitations peuvent monter des petites unités individuelles et autonomes, il est également possible d’envisager un regroupement d’exploitations permettant une taille de projet plus important.
La puissance électrique moyenne des projets actuels est de l’ordre de 100 à 150 kW électriques, soit l’équivalent de la consommation de 200 à 300 foyers hors chauffage électrique, et mobilisent un volume de 3 000 à 8 000 tonnes de matières par an.
Face à ces contraintes techniques, des solutions existent et se développement. Au niveau de la technologie, de nouvelles formes de méthanisation, dites en voie sèche, émergent et permettent de méthaniser des substrats secs comme le fumier, de manière plus adaptée (exemple de l’installation du Gaec de Val Maury).
Dans ce cas, l’intermittence des effluents d’élevage peut être compensée en partie avec des substrats agricoles plus facilement disponibles. La récupération des menues pailles, par exemple, se développe et offre une matière assez énergétique pouvant être facilement stockée. La récupération de cultures intermédiaires à vocation énergétique est souvent évoquée également, cependant il faut être prudent avec ces cultures dont le coût de récolte et d’ensilage est difficilement rentabilisé par la production d’énergie qui en ressort.
Concernant la valorisation de la chaleur, de petites unités de séchage permettant commencent à voir le jour. Les séchoirs permettent de sécher la matière sous différentes formes (en vrac ou en botte) et sont souvent mixtes donc adapté à sécher du fourrage, du maïs ou encore des plaquettes de bois. En fonction des situations et des opportunités, cette valorisation nouvelle peut apporter une plus-value à l’élevage et au territoire.
Enfin, une nouvelle perspective apparaît avec la compression et la mise en bouteille du biogaz. Cela pourrait permettre de stocker et de transporter le biogaz sur plusieurs kilomètres vers des points de consommation. Ce biogaz en bouteille peut également être utilisé en carburant sur une flotte de véhicule. Cependant, cette dernière hypothèse technique reste coûteuse. Elle nécessite des adaptations sur la flotte existante ou l’achat de nouveaux véhicules et sera donc réservée des projets d’une certaine taille.
Partie 1/3 Journée “Méthanisation à la ferme”
Partie 3/3 Les atouts de la voie sèche
Sept des huit installations comptent moins d’un an et demi de fonctionnement. Même s’il est trop tôt pour dresser un bilan technico-économique précis, quelques chiffres peuvent néanmoins être retenus pour ces installations: 30 000 tonnes de matière méthanisées dont 55% d’effluents d’élevage ; 1 000 kW de puissance électrique totale ; plus de 4 millions de kWh électriques injectés (soit l’équivalent de plus de 1 000 foyers) ; 3 millions de kWh thermique valorisés (soit l’équivalent de 300 000 litres de fioul). D’un point de vue financier, l’ensemble des 8 projets représente un investissement global de plus de 11 M€ dont 4 M€ de subventions (Ademe, Conseil régional, Fonds européens Feder, ministère de l’Agriculture).
La Bourgogne reste en retrait en termes d’installations. Une progression assez lente qui peut s’expliquer par plusieurs de freins. D’une part, les investissements sont coûteux (de 500 000 € à 2 000 000€ en moyenne) et imposent une assise financière saine. Autre frein au développement, les contraintes techniques au premier rang desquels le manque de gisement ou la saisonnalité de sa disponibilité (notamment pour le fumier). Certes, l’apport de matières extérieures peut représenter une solution, à condition d’être pérennes dans le temps et d’offrir une qualité suffisante pour un retour au sol. La deuxième contrainte réside dans la valorisation de l’énergie produite. En effet, il est nécessaire d’avoir une utilisation de la chaleur, au moins pendant les mois d’hiver. Le chauffage de bâtiment en substitution d’énergie fossile reste la meilleure valorisation (les bâtiments peuvant se situer à une distance de 500 m à 1 km avec un coût acceptable). Si le réseau de gaz naturel est présent, l’injection du biogaz est une possibilité intéressante, cependant cela représente un investissement important et des charges élevées, et sera donc réservé à une installation conséquente.
[INTER]Des opportunités et des perspectives différentes[inter]
L’évolution des demandes fait état de projets majoritairement agricoles, avec en fil rouge une recherche d’autonomie sur les intrants et des installations de taille modeste.
Si des exploitations peuvent monter des petites unités individuelles et autonomes, il est également possible d’envisager un regroupement d’exploitations permettant une taille de projet plus important.
La puissance électrique moyenne des projets actuels est de l’ordre de 100 à 150 kW électriques, soit l’équivalent de la consommation de 200 à 300 foyers hors chauffage électrique, et mobilisent un volume de 3 000 à 8 000 tonnes de matières par an.
Face à ces contraintes techniques, des solutions existent et se développement. Au niveau de la technologie, de nouvelles formes de méthanisation, dites en voie sèche, émergent et permettent de méthaniser des substrats secs comme le fumier, de manière plus adaptée (exemple de l’installation du Gaec de Val Maury).
Dans ce cas, l’intermittence des effluents d’élevage peut être compensée en partie avec des substrats agricoles plus facilement disponibles. La récupération des menues pailles, par exemple, se développe et offre une matière assez énergétique pouvant être facilement stockée. La récupération de cultures intermédiaires à vocation énergétique est souvent évoquée également, cependant il faut être prudent avec ces cultures dont le coût de récolte et d’ensilage est difficilement rentabilisé par la production d’énergie qui en ressort.
Concernant la valorisation de la chaleur, de petites unités de séchage permettant commencent à voir le jour. Les séchoirs permettent de sécher la matière sous différentes formes (en vrac ou en botte) et sont souvent mixtes donc adapté à sécher du fourrage, du maïs ou encore des plaquettes de bois. En fonction des situations et des opportunités, cette valorisation nouvelle peut apporter une plus-value à l’élevage et au territoire.
Enfin, une nouvelle perspective apparaît avec la compression et la mise en bouteille du biogaz. Cela pourrait permettre de stocker et de transporter le biogaz sur plusieurs kilomètres vers des points de consommation. Ce biogaz en bouteille peut également être utilisé en carburant sur une flotte de véhicule. Cependant, cette dernière hypothèse technique reste coûteuse. Elle nécessite des adaptations sur la flotte existante ou l’achat de nouveaux véhicules et sera donc réservée des projets d’une certaine taille.
Partie 1/3 Journée “Méthanisation à la ferme”
Partie 3/3 Les atouts de la voie sèche