Retour sur la conférence « Grandes cultures » (2/5)
Bertrand Jammet: «L’exploitation est une PME avec un cycle plus long» !
De la conférence «Grandes cultures» du 13 mars dernier à Pougues-les-Eaux, il était ressorti que les agriculteurs devaient respecter leurs fondamentaux pour trouver des marges d’amélioration des résultats. Cette semaine, Terres de Bourgogne revient sur la gestion financière avec Bertrand Jammet, responsable du marché agricole au Crédit agricole Centre Loire.
- Terres de Bourgogne : En matière bancaire, quels sont les points fondamentaux que doivent respecter les agriculteurs ?
- Bertrand Jammet : Il y a deux points-clés, gérer sa trésorerie et prévoir ses investissements. C’est ce qui permet de piloter son entreprise et de trouver des pistes d’adaptation. Après, on est plus à l’aise pour gérer les aspects techniques, économiques, sanitaires... En matière de gestion de trésorerie, évaluer ses besoins, çà veut dire «quand ?» et «combien ?» Il est essentiel que l’exploitant ait une bonne connaissance de l’évolution de sa trésorerie tout au long du cycle de production. Il faut donc calculer en permanence ses besoins. A partir de là, j’ai rappelé les principaux types de financement possibles : les prêts à court terme de trésorerie, les découverts autorisés, qui sont un décalage de trésorerie à court terme, par exemple avant le versement des primes, les ouvertures de crédit d’appro. Pour se financer auprès des organismes stockeurs et puis l’escompte, dans certains cas, qui permet les traites auprès des clients des agriculteurs... Mais il faut toujours partir de l’évaluation des besoins ! Et puis il y a l’aspect excédent de tréosrerie, notamment après la récolte, les six derniers mois de l’année, qui peuvent faciliter des placements à court terme. J’ai rappelé qu’il faut toujours pouvoir disposer d’une épargne de sécurité, notamment la déduction pour aléas (DPA) qui permet de réinjecter de la trésorerie dans l’exploitation en cas d’année un peu moins bonne... La trésorerie est l’outil de gestion de l’exploitation, son tableau de bord...
- Vous avez parlé d’un 2ème point-clé. Quel est-il ?
- Si on pense à plus long terme, un agriculteur doit pouvoir prévoir ses investissements, à partir de la marge de sécurité de l’exploitation. On la calcule à partir de l’EBE (excédent brut d’exploitation). Le conseil, c’est de gérer sur une période de cinq ans pour avoir de la visibilité... Cela reboucle sur la trésorerie, si on a de la marge de sécurité, pour ne pas être coincé dans une année moins bonne comme celle-ci. Il faut arriver à trouver un équilibre pour maintenir la trésorerie, éventuellement par des prêts de trésorerie, mais sans réduire la capacité d’investissement de l’exploitation. Par exemple, c’est comme si un ménage achetait une voiture sans prévoir d’acquérir le coffre de toît ou la caravane qui va avec : pas de prêt de trésorerie sans investissement sur trois ans !
- Il faut donc avoir une vision globale du pilotage...
- Que l’on prenne des décisions économiques ou techniques, dans tous les domaines, un exploitant entraîne des conséquences sur sa trésorerie, que ce soit l’achat de phytosanitaires ou la gestion des stocks, par exemple. La décision, c’est le choix de l’agriculteur mais il convient de trouver une mécanique pour financer ces stocks et ne pas rester coincé en trésorerie... Il faut donc bien agir avec, à l’esprit, deux approches distinctes.
- Comme un chef d’entreprise, donc ?
- La première approche est à court terme : c’est le tableau de bord de l’entreprise, quand j’achète te je vend. On n’est pas loin de la gestion d’une PME même si en agriculture, les exploitants vivent des cycles plus longs, sur un an. La deuxième approche se fait à plus long terme, en prévoyant les investissements sur quelques années, sans négliger de constituer une marge de sécurité pour anticiper les imprévus.
- Avez-vous un exemple d’élément de souplesse que permet la banque dans la gestion de l’exploitation ?
- Il y a un élément qui est revenu : c’est la modulation des échéances de prêts. Cela peut aider l’agriculteur à piloter, sauf pour les prêts matériel et bonifiés, qui ne sont pas modulables. On peut augmenter ou réduire ses échéances pour accélérer le remboursement durant les bonnes années ou le ralentir durant les mauvaises. C’est un dispositif assez peu connu mais c’est une possibilité contractuelle, que toutes les banques proposent. Cela fait partie de la palette des possibilités pour s’adapter, les mauvaises années...
- Bertrand Jammet : Il y a deux points-clés, gérer sa trésorerie et prévoir ses investissements. C’est ce qui permet de piloter son entreprise et de trouver des pistes d’adaptation. Après, on est plus à l’aise pour gérer les aspects techniques, économiques, sanitaires... En matière de gestion de trésorerie, évaluer ses besoins, çà veut dire «quand ?» et «combien ?» Il est essentiel que l’exploitant ait une bonne connaissance de l’évolution de sa trésorerie tout au long du cycle de production. Il faut donc calculer en permanence ses besoins. A partir de là, j’ai rappelé les principaux types de financement possibles : les prêts à court terme de trésorerie, les découverts autorisés, qui sont un décalage de trésorerie à court terme, par exemple avant le versement des primes, les ouvertures de crédit d’appro. Pour se financer auprès des organismes stockeurs et puis l’escompte, dans certains cas, qui permet les traites auprès des clients des agriculteurs... Mais il faut toujours partir de l’évaluation des besoins ! Et puis il y a l’aspect excédent de tréosrerie, notamment après la récolte, les six derniers mois de l’année, qui peuvent faciliter des placements à court terme. J’ai rappelé qu’il faut toujours pouvoir disposer d’une épargne de sécurité, notamment la déduction pour aléas (DPA) qui permet de réinjecter de la trésorerie dans l’exploitation en cas d’année un peu moins bonne... La trésorerie est l’outil de gestion de l’exploitation, son tableau de bord...
- Vous avez parlé d’un 2ème point-clé. Quel est-il ?
- Si on pense à plus long terme, un agriculteur doit pouvoir prévoir ses investissements, à partir de la marge de sécurité de l’exploitation. On la calcule à partir de l’EBE (excédent brut d’exploitation). Le conseil, c’est de gérer sur une période de cinq ans pour avoir de la visibilité... Cela reboucle sur la trésorerie, si on a de la marge de sécurité, pour ne pas être coincé dans une année moins bonne comme celle-ci. Il faut arriver à trouver un équilibre pour maintenir la trésorerie, éventuellement par des prêts de trésorerie, mais sans réduire la capacité d’investissement de l’exploitation. Par exemple, c’est comme si un ménage achetait une voiture sans prévoir d’acquérir le coffre de toît ou la caravane qui va avec : pas de prêt de trésorerie sans investissement sur trois ans !
- Il faut donc avoir une vision globale du pilotage...
- Que l’on prenne des décisions économiques ou techniques, dans tous les domaines, un exploitant entraîne des conséquences sur sa trésorerie, que ce soit l’achat de phytosanitaires ou la gestion des stocks, par exemple. La décision, c’est le choix de l’agriculteur mais il convient de trouver une mécanique pour financer ces stocks et ne pas rester coincé en trésorerie... Il faut donc bien agir avec, à l’esprit, deux approches distinctes.
- Comme un chef d’entreprise, donc ?
- La première approche est à court terme : c’est le tableau de bord de l’entreprise, quand j’achète te je vend. On n’est pas loin de la gestion d’une PME même si en agriculture, les exploitants vivent des cycles plus longs, sur un an. La deuxième approche se fait à plus long terme, en prévoyant les investissements sur quelques années, sans négliger de constituer une marge de sécurité pour anticiper les imprévus.
- Avez-vous un exemple d’élément de souplesse que permet la banque dans la gestion de l’exploitation ?
- Il y a un élément qui est revenu : c’est la modulation des échéances de prêts. Cela peut aider l’agriculteur à piloter, sauf pour les prêts matériel et bonifiés, qui ne sont pas modulables. On peut augmenter ou réduire ses échéances pour accélérer le remboursement durant les bonnes années ou le ralentir durant les mauvaises. C’est un dispositif assez peu connu mais c’est une possibilité contractuelle, que toutes les banques proposent. Cela fait partie de la palette des possibilités pour s’adapter, les mauvaises années...