Semaine économique de la Chambre d’agriculture
Bernard Blin: «On arrive à tirer parti de ce qu’on a !»
L’une des six visites d’exploitations prévues dans le cadre de la Semaine économique de la Chambre d’agriculture s’est arrêtée chez Bernard Blin, à Saint-Hilaire en Morvan. Coup de projecteur sur des références technico-économiques riches d’enseignement.
Bernard Blin n’est pas «bling-bling». Il n’a pas dans sa cour de ferme de tracteur rutilant développant tout ce que la technologie moderne offre de puissance mécanique... Et pourtant ! S’il lui arrive d’afficher une mine réjouie, sans surjouer la sérénité et le confort, c’est qu’il dispose de références technico-économiques exemplaires à bien des égards. Les techniciens le confirment, il n’y a pas de recette miracle. Et même des freins, comme des parcelles séchantes, sensibles à la sécheresse sur un sol très léger. La réunion du 19 novembre, qui a réuni une trentaine de participants autour de l’exploitant, a dressé concrètement, à partir de ses nombreuses statistiques, le tableau d’une entreprise bien conduite, maîtrisée, sobre et au développement optimisé, depuis 1982 et la reprise familiale. Bernard Blin, qui touche «au dernier tiers de sa carrière», est avant tout un chef d’entreprise qui sait mener sa barque, au gré des besoins, des possibilités et des freins, raisonnant de façon globale le potentiel de son système, pour organiser son travail et déterminer ses choix.
EBE de 73910 euros
Comme dans les cinq autres fermes visitées, la Chambre d’agriculture a passé en revue les chiffres. Bernard Blin, seule UMO de l’exploitation, dispose de 111 ha de SAU, qu’il a progressivement acquise et rapprochée (44 parcelles de 3 à 4 ha chacune en trois blocs), sur lesquels il cultive 5,90 ha de céréales avec des rotations longues (deux ans de céréales puis prairies temporaires de 3 à 6 ans voire plus) et il élève de 80 à 85 vaches mères. Il est producteur de broutards repoussés, de broutardes, de génisses 24 mois maigres et
de vaches maigres. Sa surface fourragère est constituée de
65,90 ha de prairies permanentes et de 39,20 ha de prairies temporaires pour 128 UGB alimentaires (1,22 UGB/ha). C’est l’évaluation de l’économie globale (chiffres 2014), présentés la semaine dernière, qui parle le mieux. Dans le secteur 3 (produit brut), l’éleveur touche 117 810 euros (-20 000 euros d’achat d’animaux et de variation d’inventaire) et intègre plus de 3000 euros en positif pour l’autoconsommation de
ses céréales. Dans le secteur 3 (aides publiques), Bernard Blin reçoit 45 500 euros de DPU, PMTVA, ICHN et autre PHAE, tandis que le secteur 2 (charges opérationnelles) est maîtrisé à 35 800 euros (34 000 euros pour les bovins
et 1 800 euros pour les céréale), autant que le secteur 4 (charges de structure) limité à 37 800 euros. L’exploitant parvient donc à un excédent brut d’exploitation (EBE) de 73 910 euros, suffisant pour assumer les annuités, l’autofinancement, la rémunération de la main d’oeuvre et un amortisseur de conjoncture qui est une sorte de réserve financière. Et ce n’est pas tout.
Multi-factorialité
Dans son profil de l’année 2014, dont les documents ont été remis à chaque participant, chacun des critères de produits et de charges a été passé au crible des références moyennes du secteur, à système d’exploitation comparable. Sur les 25 lignes comparées (du nombre de vêlages à la rémunération de la main d’œ uvre, du prix du kilo vendu à l’EBE sur produit, et du pourcentage de DPU/ha de SAU au tonnage de paille consommée par UGB...), l’éleveur fait mieux dans 11 critères, autant que la moyenne du groupe dans 10 critères et seulement moins bien dans les critères de rendement moyen par ha de céréales (40 au lieu de 45 t), de charges diverses pour l’élevage (bâches, ficelles, petit matériel, prophylaxie...) et dans les annuités LMT + ADI / PB (18% au lieu de 15 à 17%). De quoi donner à réfléchir.
Ainsi, son EBE sur produit atteint 50%, au lieu d’une moyenne de groupe qui oscille en 2014 entre 37 et 41%. La ferme de La Fosse fait figure de modèle représentatif de cette partie du Morvan, avec des investissements très maîtrisés, des pratiques réfléchies, des charges sociales limitées à leur plus simple expression, des réponses pertinentes à une multi-factorialité de la performance économique. Si, pour Frédérique Marceau et Christian Bourge, conseillers techniques à la Chambre, l’exploitation de Bernard Blin démontre qu’avec un regard de chef d’entreprise vigilant et consciencieux, «on peut arriver à vivre dignement de son métier», pour l’intéressé, sa méthode se résume à une simple question de bon sens : «tirer parti de ce qu’on a !»
EBE de 73910 euros
Comme dans les cinq autres fermes visitées, la Chambre d’agriculture a passé en revue les chiffres. Bernard Blin, seule UMO de l’exploitation, dispose de 111 ha de SAU, qu’il a progressivement acquise et rapprochée (44 parcelles de 3 à 4 ha chacune en trois blocs), sur lesquels il cultive 5,90 ha de céréales avec des rotations longues (deux ans de céréales puis prairies temporaires de 3 à 6 ans voire plus) et il élève de 80 à 85 vaches mères. Il est producteur de broutards repoussés, de broutardes, de génisses 24 mois maigres et
de vaches maigres. Sa surface fourragère est constituée de
65,90 ha de prairies permanentes et de 39,20 ha de prairies temporaires pour 128 UGB alimentaires (1,22 UGB/ha). C’est l’évaluation de l’économie globale (chiffres 2014), présentés la semaine dernière, qui parle le mieux. Dans le secteur 3 (produit brut), l’éleveur touche 117 810 euros (-20 000 euros d’achat d’animaux et de variation d’inventaire) et intègre plus de 3000 euros en positif pour l’autoconsommation de
ses céréales. Dans le secteur 3 (aides publiques), Bernard Blin reçoit 45 500 euros de DPU, PMTVA, ICHN et autre PHAE, tandis que le secteur 2 (charges opérationnelles) est maîtrisé à 35 800 euros (34 000 euros pour les bovins
et 1 800 euros pour les céréale), autant que le secteur 4 (charges de structure) limité à 37 800 euros. L’exploitant parvient donc à un excédent brut d’exploitation (EBE) de 73 910 euros, suffisant pour assumer les annuités, l’autofinancement, la rémunération de la main d’oeuvre et un amortisseur de conjoncture qui est une sorte de réserve financière. Et ce n’est pas tout.
Multi-factorialité
Dans son profil de l’année 2014, dont les documents ont été remis à chaque participant, chacun des critères de produits et de charges a été passé au crible des références moyennes du secteur, à système d’exploitation comparable. Sur les 25 lignes comparées (du nombre de vêlages à la rémunération de la main d’œ uvre, du prix du kilo vendu à l’EBE sur produit, et du pourcentage de DPU/ha de SAU au tonnage de paille consommée par UGB...), l’éleveur fait mieux dans 11 critères, autant que la moyenne du groupe dans 10 critères et seulement moins bien dans les critères de rendement moyen par ha de céréales (40 au lieu de 45 t), de charges diverses pour l’élevage (bâches, ficelles, petit matériel, prophylaxie...) et dans les annuités LMT + ADI / PB (18% au lieu de 15 à 17%). De quoi donner à réfléchir.
Ainsi, son EBE sur produit atteint 50%, au lieu d’une moyenne de groupe qui oscille en 2014 entre 37 et 41%. La ferme de La Fosse fait figure de modèle représentatif de cette partie du Morvan, avec des investissements très maîtrisés, des pratiques réfléchies, des charges sociales limitées à leur plus simple expression, des réponses pertinentes à une multi-factorialité de la performance économique. Si, pour Frédérique Marceau et Christian Bourge, conseillers techniques à la Chambre, l’exploitation de Bernard Blin démontre qu’avec un regard de chef d’entreprise vigilant et consciencieux, «on peut arriver à vivre dignement de son métier», pour l’intéressé, sa méthode se résume à une simple question de bon sens : «tirer parti de ce qu’on a !»