Cartographie des cours d’eau de l’Aron
Benoît Mathé conteste le projet
Mercredi 9 septembre, deux agents de la Direction départementale des territoires (DDT) de la Nièvre, sont venus à Bazolles rencontrer les agriculteurs dans le cadre de la procédure contradictoire de la cartographie des cours d’eau du bassin de l’Aron. Avec, en face, des adhérents FDSEA/JA qui en contestent la cohérence et le symbole.
La rencontre a été on ne peut plus courtoise. Peut-être parce que seuls deux agents de la DDT (police de l’eau), et non pas de l’Onema, y assistaient. D’ailleurs, à l’invitation de Benoît Mathé, céréalier concerné par la cartographie sur ses parcelles dans la commune et membre de Chambre au titre de la FDSEA58, une délégation de syndicalistes majoritaires du canton attendait l’administration de pied ferme et était prête à refuser l’accès à ces derniers (l’Onema) si des agents étaient venus armés, comme la règle, ces dernières années, les y autorisaient. Tout un symbole, contesté de longue date par les agriculteurs du réseau FNSEA: «Dans les étangs de Baye, je n’ai jamais pêché un dauphin ni fait de trafic d’ivoire et si un agent vient me contrôler avec son arme, c’est comme si la société me considérait comme un voyou» déplore l’agriculteur de Bazolles. «C’est symbolique mais, malgré de nombreuses interventions auprès de la préfecture sur le port d’arme pendant les contrôles, rien ne bouge» renchérit Alexandre Lorré, le président des JA58, venu en voisin.
Les trois critères du cours d’eau
Une fois cette parenthèse exprimée et refermée, les choses sérieuses ont pu commencer. Si les agents de la DDT sont venus sur le terrain, en ce début septembre, c’est dans le cadre d’une procédure contradictoire à propos du projet de cartographie des cours d’eau. Ici, sur le bassin de l’Aron, comme le soir-même à Saint-Jean aux Amognes, sur celui de l’Ixeure... A la suite de la mobilisation nationale FNSEA/JA en avril dernier, Ségolène Royale avait décidé de ce travail de cartographie, afin de clarifier durablement les antagonismes entre définitions des cours d’eau et des fossés, les agriculteurs s’étant depuis de nombreux mois indignés d’un classement souvent «arbitraire». Et ce n’est pas tout. La loi, annoncée par la ministre de l’Environnement, devrait reconnaître trois critères spécifiques aux cours d’eau : «un lit naturel à l’origine, et une alimentation par une source et un débit suffisant une majeure partie de l’année», comme le rappelle Stéphane Lafranchise, le directeur de la FDSEA58. Or, à Bazolles, le projet, qui a été transmis à la mairie et diffusé auprès des agriculteurs, laisse certains d’entre eux dubitatifs.
C’est le cas de Benoît Mathé qui conteste, sur cette base-là, le classement d’un de ses fossés en cours d’eau. D’autres de ses collègues sont dans le même cas, et «parfois certains l’ignorent encore» regrette l’intéressé. D’où l’action médiatique de mercredi. «Moi, j’ai un fossé dont on voit bien qu’il a été fait par la main de l’homme, en ligne droite, et qu’il ne coule pas d’une source» revendique le céréalier. Il s’en est longuement expliqué, sur son champs, avec les deux agents de la DDT.
Conséquences «pas vitales»
Si le projet devait être entériné, les conséquences ne seraient pas anodines. «Sur mes parcelles de cultures, je serais obligé de laisser une bande enherbée et mon voisin éleveur subirait des contraintes énormes pour pouvoir laisser ses vaches venir boire. Par honnêteté, je dois dire que ce ne seraient pas des conséquences vitales pour mon exploitation mais c’est sur le principe que çà coince» justifie Benoît Math: «c’est une broutille mais c’est une broutille de plus. J’aimerais savoir si les 27 autres Etats membres européens sont soumis aux mêmes contraintes. Nous réclamons une harmonisation, pas que le gouvernement français en rajoute tous les jours une couche supplémentaire, alors que le monde agricole est en crise, que nous manifestions récemment à Paris, que toutes ces contraintes, ce sont des pertes de temps et de compétitivité!» Pour Alexandre Lorré, «le monde agricole n’est pas contre les normes mais à condition qu’elles soient cohérentes ! Si les produits agricoles français sont les plus irréprochables au monde, c’est bien que les agriculteurs travaillent sainement... Je rappelle que le statut du fermage nous oblige à entretenir nos fossés «en bon père de famille» et que nous sommes sanctionnés chaque fois que nous le faisons». Et c’est donc une autre forme de symbole que les agriculteurs remettent en caus : «alors que l’économie va mal, avec ces interprétations nationales des orientations européennes, forcément, notre prix de vente est plus élevé que celui de nos confrères européens et nous avons donc plus de mal à payer nos factures». «Mais il n’y a plus aujourd’hui de concertation des élus avec la profession» insiste Benoît Mathé.
Alors, fossés ou cours d’eau, ces contraintes administratives sont interprétées, par les agriculteurs, comme des gouttes d’eau qui, ensemble, font déborder le lit de leurs performances... et de leur patience.
Les trois critères du cours d’eau
Une fois cette parenthèse exprimée et refermée, les choses sérieuses ont pu commencer. Si les agents de la DDT sont venus sur le terrain, en ce début septembre, c’est dans le cadre d’une procédure contradictoire à propos du projet de cartographie des cours d’eau. Ici, sur le bassin de l’Aron, comme le soir-même à Saint-Jean aux Amognes, sur celui de l’Ixeure... A la suite de la mobilisation nationale FNSEA/JA en avril dernier, Ségolène Royale avait décidé de ce travail de cartographie, afin de clarifier durablement les antagonismes entre définitions des cours d’eau et des fossés, les agriculteurs s’étant depuis de nombreux mois indignés d’un classement souvent «arbitraire». Et ce n’est pas tout. La loi, annoncée par la ministre de l’Environnement, devrait reconnaître trois critères spécifiques aux cours d’eau : «un lit naturel à l’origine, et une alimentation par une source et un débit suffisant une majeure partie de l’année», comme le rappelle Stéphane Lafranchise, le directeur de la FDSEA58. Or, à Bazolles, le projet, qui a été transmis à la mairie et diffusé auprès des agriculteurs, laisse certains d’entre eux dubitatifs.
C’est le cas de Benoît Mathé qui conteste, sur cette base-là, le classement d’un de ses fossés en cours d’eau. D’autres de ses collègues sont dans le même cas, et «parfois certains l’ignorent encore» regrette l’intéressé. D’où l’action médiatique de mercredi. «Moi, j’ai un fossé dont on voit bien qu’il a été fait par la main de l’homme, en ligne droite, et qu’il ne coule pas d’une source» revendique le céréalier. Il s’en est longuement expliqué, sur son champs, avec les deux agents de la DDT.
Conséquences «pas vitales»
Si le projet devait être entériné, les conséquences ne seraient pas anodines. «Sur mes parcelles de cultures, je serais obligé de laisser une bande enherbée et mon voisin éleveur subirait des contraintes énormes pour pouvoir laisser ses vaches venir boire. Par honnêteté, je dois dire que ce ne seraient pas des conséquences vitales pour mon exploitation mais c’est sur le principe que çà coince» justifie Benoît Math: «c’est une broutille mais c’est une broutille de plus. J’aimerais savoir si les 27 autres Etats membres européens sont soumis aux mêmes contraintes. Nous réclamons une harmonisation, pas que le gouvernement français en rajoute tous les jours une couche supplémentaire, alors que le monde agricole est en crise, que nous manifestions récemment à Paris, que toutes ces contraintes, ce sont des pertes de temps et de compétitivité!» Pour Alexandre Lorré, «le monde agricole n’est pas contre les normes mais à condition qu’elles soient cohérentes ! Si les produits agricoles français sont les plus irréprochables au monde, c’est bien que les agriculteurs travaillent sainement... Je rappelle que le statut du fermage nous oblige à entretenir nos fossés «en bon père de famille» et que nous sommes sanctionnés chaque fois que nous le faisons». Et c’est donc une autre forme de symbole que les agriculteurs remettent en caus : «alors que l’économie va mal, avec ces interprétations nationales des orientations européennes, forcément, notre prix de vente est plus élevé que celui de nos confrères européens et nous avons donc plus de mal à payer nos factures». «Mais il n’y a plus aujourd’hui de concertation des élus avec la profession» insiste Benoît Mathé.
Alors, fossés ou cours d’eau, ces contraintes administratives sont interprétées, par les agriculteurs, comme des gouttes d’eau qui, ensemble, font déborder le lit de leurs performances... et de leur patience.