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Coopération

Axéréal reverse vingt-trois millions d’euros à ses adhérents

Plus de sept cents personnes étaient réunies au Zénith, à Orléans, pour la rencontre annuelle du groupe: son résultat d’exploitation a progressé de 34 %.
Par Ma signature
Axéréal reverse vingt-trois millions d’euros à ses adhérents
Jean-François Loiseau, président d’Axéréal, au centre, entouré de collaborateurs du groupe.
«Il n’y a pas de crise !» a déclaré l’économiste Christian Saint-Étienne lors de la rencontre annuelle d’Axéréal. La grand-messe du groupe coopératif avait lieu le mardi 15 décembre au Zénith d’Orléans. «Avant 2008, la croissance mondiale était de 5 % par an. Entre 2003 et 2008, dans les pays développés, la croissance a été de 2,8% par an. Sur la même période, les pays émergents ont connu une croissance plus rapide. En 2009, la croissance mondiale a été de 0% et les pays développés ont enregistré un recul de 3,4%. Dès 2010, on a assisté à une reprise économique mondiale. Entre 2012 et 2015, la croissance a été de 3,5% par an: un rythme relativement élevé». Question : pourquoi l’Europe et la France en particulier ne profitent-elles pas du phénomène ? «Nous connaissons notre plus grave crise économique en temps de paix en raison d’une incapacité de nos élites politiques à faire des choix !»
L’intervenant a poursuivi son analyse : «Depuis une trentaine d’années, nous sommes entrés dans la troisième révolution industrielle et celle-ci devrait encore se déployer pendant quelques décennies».

En toile de fond, les technologies de l’information. Christian Saint-Étienne a parlé «d’Iconomie», soit «une mutation totale de nos systèmes économiques». Historiquement, la machine à vapeur définissait l’industrie. Aujourd’hui, celle-ci a pris une autre forme : «Tous les process normés et informatisés. (…) La révolution technologique que nous vivons est hyper-industrielle: un nouvel ordre dans lequel la France a toutes les capacités pour réussir».

Un lien direct
Il y a près de vingt ans, le dogme des 35 heures a été imposé aux entreprises : «Une erreur stratégique !» a commenté l’expert. «Si on néglige l’industrie, si on taxe le profit et qu’on empêche l’entreprenariat de prospérer, on passe à côté de la croissance». Or notre pays dispose d’atouts: infrastructures, démographie, recherche mathématique, etc. «On fait tout pour casser notre potentiel ! Quand on vous dit que nous sommes en crise, c’est de la désinformation : on vous condamne à l’impuissance. (…) Je suis favorable au développement durable mais pas en ignorant la croissance. Il y a un lien direct entre cette dernière et la lutte contre le chômage. Il faut donner les moyens à l’agriculture de s’organiser et ne pas bloquer l’innovation durable !»
Depuis quinze ans, la France a perdu 45% de ses marchés à l’exportation. Pour sortir du marasme, Christian Saint-Étienne a proposé un certain nombre de solutions : un impôt sur les sociétés à 28% ; l’arrêt de la sur-réglementation ; des investissements massifs dans la transformation des produits agricoles et une montée en gamme. En somme, «miser sur l’innovation». «Vous êtes comme des chevaux bridés» a conclu l’économiste.

Les chiffres-clés 2014-2015

10 millions de tonnes de grains commercialisées.
68,7 millions d’euros d’investissements (métiers du grain, transformation, stockage et logistique).
Excédent brut d’exploitation : 130,7 millions d’euros, en hausse de 17 %.
Résultat d’exploitation : 58,6 millions d’euros, en hausse de 34 %.
Retour direct vers les adhérents : 23,6 millions d’euros.