Accès au contenu
Session de la Chambre régionale d'agriculture

Avis de tempête…

La Chambre régionale d’agriculture s’est réunie en session à Pouilly en Auxois. L’occasion pour son président, Christian Decerle, de marquer les limites de l’acceptable pour une profession qui accumule les mauvais résultats et les contraintes...

Par Anne-Marie Klein
Avis de tempête…
Une session animée qui a abordé au fond un sujet qui ne doit laisser personne indifférent : la réforme territoriale et le rapprochement annoncé entre la Bourgogne et la Franche-Comté.

Beau dehors, mais avis de tempête à l’intérieur... c’est ainsi que pourrait se résumer la session de la Chambre régionale d’agriculture qui s’est déroulée le 8 septembre dernier à Pouilly-en-Auxois. Beau dehors, c’est plutôt rassurant pour l’élevage, qui a pu compléter les maigres récoltes de fourrages du printemps, en engrangeant une pousse de fin d’été tout à fait inhabituelle, rapidement enrubannée ou pressée. Ce rattrapage estival ne fait cependant pas oublier les nuages noirs qui s’accumulent sur l’agriculture et les productions régionales.

Et c’est bien un avis de tempête que Christian Decerle, président de la Chambre régionale d’agriculture, a lancé aux représentants de l’administration présents. Tempête dans les crânes avec une nouvelle accumulation de contraintes résultant de l’extension des zones vulnérables. «les arbitrages défavorables n’ont pas été bien vécus et encore moins compris par les exploitants concernés», alors que les actes d’aujourd’hui contredisent les discours rassurants d’hier. Et ce n’est pas le contexte morose des productions régionales qui va encourager à la sérénité. «Alors qu’on observe une grande hétérogénéité des revenus, même les exploitations les plus en pointe risquent de connaître des jours difficiles» dans un contexte de cours baissiers en élevage comme en grandes cultures. Pour les terres à faible potentiel ce sera encore plus difficile, «seul le secteur viticole, pour les zones non impactées par des incidents climatiques, va mieux s’en tirer». Alors la mise en garde est claire «quand l’ambiance est si morose et le moral atteint d’autant, la période se prête mal aux demandes de plus et d’encore plus ! Le sentiment d’exaspération est grand, dans les zones vulnérables en particulier où aux contraintes de la directive nitrates s’ajoutent les incertitudes des MAEt. Réussir sur le moyen terme en ayant une visibilité quasi nulle à court terme est difficile !» insiste Christian Decerle.

Avis de tempête dans les comptes aussi puisque, alors que la Chambre régionale comme toutes les Chambres consulaires, s’attelle à répondre au souhait de l’administration de voir son fonds de roulement passer à 90 jours, l’État semble bien décidé à ponctionner sa dîme sur cette manne à portée de mains pour renflouer ses caisses. Dans un contexte de remise en cause de la ressource fiscale des Chambres, l’épée de Damoclès semble prête à s’abattre sur le cou des Chambres consulaires qui vont devoir trouver rapidement de nouvelles ressources pour mener à bien leurs missions. «Cela revient, note Christian Decerle, à remettre en cause la solidarité et le collectif dans les instances agricoles, alors que la marge de discussion et de négociation s’avère très étroite».

Jacques Rebillard, vice-président du Conseil régional, en charge de l’agriculture, s’est fait l’écho de cette inquiétude grandissante en dénonçant «une situation peu saine où l’on ne maîtrise pas l’ensemble des données». Constat désenchanté qui n’empêche pas l’élu régional d’insister sur «la nécessité d’avancer et de monter des projets».