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Secrets de Paysans a cinq ans

Avec une croissance à deux chiffres

Le magasin de producteurs fermiers nivernais, Secrets de paysans, à Coulanges-lès-Nevers, a fêté les 18 et 19 mars, son cinquième anniversaire.  Dans une certaine et sereine confiance en l’avenir...
Par Emmanuel Coulombeix
Avec une croissance à deux chiffres
Quelques uns des agriculteurs nivernais associés dans l’aventure Secrets de Paysans, à Coulanges-lès-Nevers.
Avant d’ouvrir le point de vente, en 2011, la dizaine d’agriculteurs nivernais avaient mené toutes les études durant deux ans, notamment avec l’appui de la Chambre d’agriculture. On ne parlait pas encore de circuits courts comme d’une des solutions aux maux de l’agriculture française mais tous les premiers associés pratiquaient déjà la vente directe en ferme ou sur les marchés. Ils sont aujourd’hui onze associés et une vingtaine de producteurs partenaires (qui mettent leurs produits en dépôt-vente) qui approvisionnent le magasin situé à l’entrée de Coulanges-lès-Nevers, en direction de Guérigny et Prémery. Aujourd’hui encore, malgré le succès confirmé de cette formule, «nous ne prétendons pas incarner la solution universelle pour nourrir le monde mais on se doit d’exister pour nos clients» résume Frédéric Coudray-Ozbolt, l’un des associés éleveur de volailles à Donzy. Pour autant, il se dit choqué de certaines réactions du monde politique, telles que celle de Nicolas Sarkozy récemment qui disait, à propos des circuits courts  : «c’est une véritable obsession des Bobos de penser l’agriculture comme la possibilité de s’approvisionner localement. On pourrait toucher le béret... Les agriculteurs ne sont pas une espèce en voie de disparition mais ce sont de véritables entrepreneurs !»  Pour les associés de Secrets de Paysans, conjuguer l’approvisionnement local rime pourtant, depuis cinq ans, avec la réussite économique et le goût de l’authenticité et de la qualité... Et les clients, venus nombreux, n’avaient pas attendu la campagne de publicité sur les bus de Nevers, pour s’approprier le concept avec gourmandise.

500 clients par semaine
Le week-end dernier et encore celui-ci, le magasin réservait des animations à ses clients, devenus des fidèles au fil des années. Les Toques nivernaises, Jean-François Boschetti et Jean-Luc Millet, proposaient à l’entrée des toasts et des verrines à base des produits du magasin. «Il n’y a pas besoin d’aller loin pour manger sain  : ce qui est exceptionnel, c’est qu’il y a tout les produits de base et tant qu’il y aura des producteurs comme ceux-là, on mangera bien» témoignaient-ils vendredi soir. Et c’est vrai qu’on trouve une gamme de produits nivernais très diverse  : viandes bovine, ovine, porcine et volailles, fromages de vache et de chèvre, lait, beurre et crème, œufs, miel, jus de fruits, vins, bière, huiles, farine, cornichons, pâtes et tout ce qu’une ménagère de moins de 50 ans se doit de disposer dans sa cuisine au quotidien... Et d’ailleurs, la recette marche bien  : «Cela permet de manger équilibré et sain, et de faire vivre des agriculteurs locaux» indiquait Véronique, une habituée, la cinquantaine, qui vient chaque semaine de Nevers pour faire toutes ses courses alimentaires. «Le seul problème, c’est que les familles avec enfants ne viennent pas» constatait-elle. Une affaire de prix  ? «Ici, les gens ne viennent pas pour les prix, ils cherchent la qualité avec le service en face, la possibilité d’échanger et de se rassurer, mais bien sûr que nos prix sont raisonnables aussi» souligne Valérie Laporte, dont Olivier, son mari, est éleveur bovin à Maux. D’ailleurs, on vient acheter nombreux -environ 500 clients par semaine- de l’agglomération neversoise, plus irrégulièrement de tout le département, et aussi de partout ailleurs, y compris des Parisiens qui en profitent pour repartir le coffre plein  ! Et, pour faire mentir l’ancien Président de la République, le succès économique est bien au rendez-vous. «Notre croissance atteint autour de 10% par an et notre chiffre d’affaires est de plus ou moins 600 000 euros par an» selon Fréderic Coudray-Ozbolt pour qui «on copie sur la croissance à deux chiffres des Chinois !»  Et le magasin, qui emploie une salariée à temps plein, joue un rôle financier non négligeable pour ses associés  : «les revenus complémentaires tirés de Secrets de Paysans représentent entre 3% à 60% de l’activité totale de chacun des associés». Du coup, les paysans-commerçants verraient d’un bon œil l’arrivée de nouveaux collègues dans la société : «avec l’objectif de doubler notre clientèle d’ici quelques années !»